Le blé est la seconde céréale la plus consommée au monde après le maïs. L’Inde est le second plus important producteur de cette graminée.
En Inde, la filière blé fera son retour sur le marché d’exportation au cours de cette saison. Selon les données relayées par la firme d’analyse Platts, les autorités ont approuvé le vendredi 13 février la vente sur le marché international de 2,5 millions de tonnes de la céréale, ainsi que 500 000 tonnes de produits dérivés. Une décision qui met fin à des restrictions en cours depuis le 13 mai 2022, appliquées pour limiter la hausse des prix locaux de la graminée sur fond de perspectives limitées au niveau de l’offre.
« Compte tenu de la disponibilité accrue des stocks, de l’assouplissement des prix, des perspectives de production plus élevées et de la nécessité d’éviter les ventes de détresse pendant la période de pic des arrivages, la décision du gouvernement d’autoriser l’exportation de 2,5 millions de tonnes de blé et de 500 000 tonnes de produits à base de blé contribuera à stabiliser les prix intérieurs, à améliorer la liquidité du marché, à assurer une rotation efficace des stocks et à renforcer davantage les revenus des agriculteurs, tout en préservant la sécurité alimentaire nationale », lit-on dans le communiqué publié par le Press Information Bureau, l’agence centrale d’information du gouvernement indien.
Dans le pays le plus peuplé du monde, la récolte de blé est attendue à un niveau record de 117,9 millions de tonnes pour la saison 2025/2026, selon les dernières données du Département américain de l’agriculture (USDA) datant de février 2026, soit un nouveau record après le volume déjà important enregistré un an plus tôt (113,2 millions de tonnes).
Quelques tonnes de blé en plus ?
Si dans le rang des acteurs locaux, cette décision est accueillie avec engouement, certains observateurs ont quelques réserves. Car si à l’époque, les restrictions avaient causé de l’émoi sur les marchés parce qu’elles survenaient seulement 2 mois après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie qui a fait flamber les prix de la céréale et suscité des craintes sur la sécurité alimentaire mondiale, les choses ont changé depuis lors.
Désormais, le monde croule sous le poids des récoltes abondantes de blé, et la tension sur les prix est retombée. La production mondiale est attendue à un nouveau sommet en 2025/2026, soit 841 millions de tonnes selon l’USDA. Dans un tel contexte, les cargaisons indiennes pourraient n’être que quelques tonnages de plus qui alimenteront la tendance déjà à la baisse des prix sur la Bourse de Chicago (Chicago Board of Trade – CBoT), et risquent de passer inaperçues sur un marché fortement concurrentiel.
Le pays, qui est le second producteur et consommateur mondial de blé après la Chine, reste en effet un acteur mineur à l’export derrière des poids lourds comme la Russie, le Canada, l’Australie, l’Argentine et l’Ukraine. Selon des informations de négociants locaux relayés par Platts, le blé indien est proposé actuellement autour de 280 à 290 $ la tonne. Un niveau jugé peu compétitif par plusieurs analystes qui pronostiquent des ventes « limitées aux destinations proches ».
Les dernières évaluations réalisées par l’USDA viennent confirmer ces hypothèses. Le jeudi 5 février, l’organisme américain soulignait que le blé argentin était le moins cher proposé sur le marché international avec 208 $ la tonne devant les offres de l’Australie (252 $), de l’Union européenne (238 $), des USA (258 $) et même de la Russie (229 $), premier exportateur mondial de la graminée.