Médias…le démantèlement de Voice of America par l’administration Trump est jugé illégal

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Un juge fédéral a statué samedi que l’agence américaine qui supervise des médias publics d’information n’avait pas l’autorité légale de démanteler la radio Voice of America (VOA).

L’effet de cette décision sur les activités de VOA n’était pas immédiatement clair.  

Kari Lake, choisie par le président Donald Trump pour diriger l’agence américaine chargée de VOA a qualifié la décision du juge Royce C. Lamberth, de la cour fédérale de district, de « bidon » et a affirmé qu’elle ferait l’objet d’un appel.

Voice of America diffuse de l’information dans le monde entier depuis sa création durant la Seconde Guerre mondiale.  

Le réseau fonctionne actuellement avec un effectif réduit et ne diffuse plus que dans quelques langues, après que Mme Lake ait résilié les contrats et licencié la plupart de ses employés.

Mme Lake avait été choisie par M. Trump pour diriger efficacement l’U. S. Agency for Global Media (USAGM) qui supervise aussi d’autres services, tels que Radio Free Europe/Radio Liberty.  

Elle n’a toutefois pas reçu la confirmation du Sénat pour son poste, ce qu’a souligné le juge Lamberth dans sa décision. Selon lui, elle n’avait pas le pouvoir d’agir à ce titre en raison des lois qui protègent contre les nominations gouvernementales non qualifiées.

« Seule la clause de nomination ou la structure exclusive de la loi sur les postes vacants peut autoriser l’exercice de fonctions de haut responsable, et Mme Lake ne satisfait ni aux exigences de la loi ni à celles de la Constitution », a écrit M. Lamberth.

Le procès a été intenté par Patsy Widakuswara, chef du bureau de Voice of America à la Maison-Blanche, et ses collègues Kate Neeper et Jessica Jerreat. Ils faisaient partie des employés licenciés par Mme Lake et ont contesté ces mesures.

« Nous nous sentons justifiées et profondément reconnaissantes », ont déclaré les journalistes dans un communiqué. Elles ont déclaré que la décision contre Mme Lake « constituait une étape importante vers la réparation des dommages qu’elle a infligés à cette institution américaine que nous aimons ». Elles ont ajouté qu’elles essayaient toujours de déterminer ce que cette décision signifiait concrètement pour leurs collègues dont la carrière était dans l’incertitude.

Les partisans de Voice of America considèrent cette radio comme un exemple du « soft power » (pouvoir de convaincre) du pays, qui offre une couverture médiatique impartiale dans les régions où les gouvernements contrôlent le flux d’informations. Mme Lake a affirmé que les médias gérés par le gouvernement étaient inutiles et que leurs productions devaient promouvoir les opinions de l’administration.

Reporters sans frontières a salué la décision de M. Lamberth, qui confirme son opinion selon laquelle l’administration avait agi de manière illégale en démantelant VOA.  

Mais il reste encore beaucoup à faire pour que les journalistes de VOA puissent reprendre leur travail, a fait remarquer Clayton Weimers, directeur exécutif de la branche nord-américaine de l’organisation.

« Cette affaire prouve qu’il est important de se battre pour la liberté de la presse », a-t-il déclaré.

Dans une déclaration publiée sur X, Mme Lake a fait savoir qu’elle était en total désaccord avec cette décision.

« Le peuple américain a donné au président Trump le mandat de réduire la bureaucratie pléthorique, d’éliminer le gaspillage et de rétablir la responsabilité du gouvernement, a-t-elle écrit. Un juge activiste tente de faire obstacle à ces efforts au sein de l’USAGM. Le juge Lamberth a l’habitude de rendre des décisions activistes, et cette affaire ne fait pas exception. »