Members of the Assembly of First Nations sing a traditional song outside St. Peter's Square as their delegation is meeting with Pope Francis at the Vatican, Thursday, March 31, 2022. (AP Photo/Andrew Medichini)

Le Canada nomme une interlocutrice spéciale sur le scandale des pensionnats autochtones…

in Monde

Le gouvernement canadien a désigné mercredi une interlocutrice spéciale pour la gestion du scandale des pensionnats pour Autochtones, un an après les premières découvertes de tombes anonymes d’enfants qui ont permis de mettre en lumière une page sombre de l’histoire coloniale du pays.

Le gouvernement canadien nomme Kimberly Murray de la communauté Mohawk de Kanesatake au Québec comme interlocutrice spéciale dans le dossier des pensionnats pour autochtones, où elle sera notamment chargée de faire le lien entre les gouvernements, les communautés et les organisations autochtones concernant « l’identification, la préservation et la protection des tombes et des sépultures anonymes, y compris du possible rapatriement des dépouilles ».

Près de dix mois après avoir annoncé la création de ce poste, cette nomination est saluée par plusieurs associations de défense des Premières Nations, car c’est elle qui a dirigé, en 2015, une commission consacrée au système des pensionnats, qualifié de génocide culturel.

Rosanne Casimir, cheffe de la Première nation Tk’emlups te Secwépemc à Kamloops, où les premières tombes ont été découvertes en mai 2021, déclenchant des recherches dans tout le pays près des pensionnats affirme que ce geste démontre que « le mandat de l’interlocutrice spéciale confirme ce respect » du gouvernement canadien vis-à-vis du   

Scandale d’État

Plus de 150 000 enfants autochtones ont été forcés de fréquenter ces écoles gérées par l’Église catholique et financées par le gouvernement entre 1870 et 1997. Depuis plus d’un an, le Canada est secoué par les découvertes de plus de 1 300 tombes d’enfants anonymes, retrouvées sur des sites de ces anciens pensionnats. Entre la fin du XIXe siècle et les années 1980, quelque 150 000 enfants autochtones ont été enrôlés de force dans plus de 130 pensionnats à travers le pays, où ils ont été coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture, et où ils ont été victimes d’abus.

Dès la mi-juin, Kimberly Murray travaillera avec les victimes et les communautés autochtones touchées. Elle sera en charge d’établir des liens entre gouvernements provinciaux, communautés et organisations autochtones, afin de recommander un cadre juridique au gouvernement canadien pour le traitement des dossiers des enfants disparus, des tombes et des sépultures anonymes. Ces travaux, qui se dérouleront de manière indépendante, doivent durer deux ans avec un premier rapport provisoire d’ici à un an.

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