Invité sur le plateau de Nawaz Noorbux dans ‘Au Cœur de l’Info’ sur Radio Plus, jeudi après-midi, le Ministre des Finances, Renganaden Padayachy a expliqué ses mesures budgétaires. Qualifié dans la presse de ‘magicien’ par les observateurs économiques et politiques, le Grand Argentier a démontré en 1h 42 minutes que l’économie n’est pas un tour de passe passe mais qu’il faut d’abord travailler dur et croire dans ses décisions. Les points saillants…
Le ‘body language’
Le meilleur Ministre des Finances Africain 2022, Renganaden Padayachy a adopté une humilité hors-pair lors de son passage sur le plateau de la radio. Loin d’être démagogique, marchand de rêves et bluffeur, Renganaden Padayachy a assuré dans ses explications. Il a su, dans un langage simple, revenir sur les défis qui nous attendent et comment le gouvernement compte améliorer la situation financière. D’une sincérité louable, le Ministre des Finances défend les décisions du gouvernement concernant les taxes sur les carburants et autres.
Renganaden Padayachy situe le contexte
Il revient sur la crise qui a commencé en mars 2020, dont le premier lockdown qu’a connu le pays en raison de la Covd-19. Souvent critiqué sur la gestion des Rs 60 milliards que le gouvernement a reçu de la Banque de Maurice, le Ministre des Finances remet les pendules à l’heure. Il explique qu’à l’époque, le gouvernement devait préserver la structure économique du pays pour éviter d’autres crises. Il est revenu sur la contraction de l’industrie touristique qui allait tôt ou tard entraîner des répercussions sur le secteur bancaire si le gouvernement et la Banque de Maurice n’avaient pas agi.
Il affirme ainsi que les Rs 60 milliards n’ont pas été dilapidées et que l’argent se trouve dans le Resilience Fund et le Project Development Fund. Ce fond, explique-t-il regroupe les projets comme la construction des 12 000 maisons annoncées dans le Budget 2021-2022 et aussi des drains.
Projets de développement v/s pouvoir d’achat
Il répond d’emblée à l’ancien Ministre des Finances Travailliste, Rama Sithanen, qui souhaitait que le gouvernement arrête temporairement certains projets de développement pour ‘soulager’ les difficultés des citoyens.
« Samem dimoune ti pou dire ou ine pren cass lakaze ti pou vine fer polemik lorla», dit Renganaden Padayachy pour répondre à Rama Sithanen. Le Ministre des Finances s’appuie ainsi sur les Rs 1 000 allouées aux travailleurs ne touchant pas plus de Rs 50 000… Les chiffres tombent et Renganaden Padayachy affirme que 90% de la classe travailleurs bénéficiera de cette mesure.
Autre point fort du Ministre des Finances concerne le maintien des subsides sur les produits de premières nécessités. Basé sur ses explications, c’est un fait qu’une baisse du prix des carburants en ce moment aurait eu un impact direct sur les produits de base, dont une hausse des prix puisque le gouvernement aurait ainsi dû enlever certains subsides.
Pourquoi pas une baisse de la taxe sur les carburants ?
Rs 4…c’est ce que le consommateur contribue à la caisse des subsides sur chaque litre de carburant acheté. Un chiffre qui représente Rs 2 milliards pour les subsides sur les produits de consommation de base. Non suffisante, selon le ministre des Finances. Ainsi, une baisse de Rs 2 sur le Fuel Tax aurait été néfaste pour le déficit budgétaire et aurait davantage compliqué la vie des consommateurs puisque certains subsides auraient été enlevées.
Juste et équitable
Revenons sur les Rs 1 000 à chaque employé. L’Opposition, dans son exercice démagogique, est d’avis que le gouvernement aurait dû avoir plus de considération pour ceux qui touchent encore moins que Rs 50 000. Le ministre des Finances évite subtilement la polémique. C’est vrai ! Auparavant personne n’avait trouvé juste l’instauration du système de salaire minimum.
Et le ton du Ministre des Finances qui lance un avertissement au secteur privé concernant le paiement de la compensation salariale qui sera fixée à la fin de l’année. Confiant et optimiste !
Rassurant pour l’avenir
Renganaden Padayachy se montre rassurant en ce qui concerne la dépréciation de la roupie mauricienne. Ses explications démontrent une volonté du gouvernement à trouver le juste équilibre. Il est clair après ses explications que la roupie n’a pas connu de dépréciation téléguidée comme cela a pu être le cas sous l’ancien régime. Le Grand Argentier est serein pour l’avenir en annonçant que la roupie retrouvera sa stabilité dans les mois qui suivent avec la réouverture complète du marché touristique.
On comprend aujourd’hui que le choix du gouvernement pendant la crise est payant. Le gouvernement a soutenu l’emploi, les salariés, les self-employed, les commerces, les entreprises, et a imposé des moratoires sur le remboursement des prêts bancaires. Ce choix d’investissement du gouvernement au lieu d’investir dans une roupie forte, a fait qu’aujourd’hui, nous n’avons pas 100 000 chômeurs sur les bras.
Cet avenir, nous la connaissons tous. Nous sommes une ile dépendante à 25% du PIB du secteur touristique, on ne peut que souhaiter qu’il y ait une reprise définitive de ce secteur afin de toucher la barre prévue par Renganaden Padayachy de 7,5% de croissance.