Soudan : les deux belligérants vont se rencontrer, ce samedi

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Les discussions ont été confirmées par Riyad et Washington et ouvrent, enfin, l’espoir d’un cessez-le-feu après des conflits ayant fait plus de 700 morts.Après trois semaines de violents combats au Soudan, des discussions entre des représentants des deux belligérants auront lieu, ce samedi 6 mai, en Arabie saoudite. Cette rencontre, longtemps souhaitée par la communauté internationale, a été confirmée par Riyad et Washington, entrouvrant la possibilité d’une trêve jusqu’alors jamais respectée.Les États-Unis et l’Arabie saoudite se félicitent du « début des discussions prénégociations » à Djeddah entre les représentants de l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane et ceux des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo. « Le royaume d’Arabie saoudite et les États-Unis exhortent les deux parties à prendre en considération les intérêts de la nation soudanaise et de son peuple, et à s’impliquer activement dans les discussions vers un cessez-le-feu et une fin au conflit », déclarent Riyad et Washington.Vendredi, le général Abdel Fattah al-Burhane a fait un pas vers l’apaisement, en annonçant l’envoi, dans la soirée, de négociateurs en Arabie saoudite. Ces émissaires vont se retrouver à Djeddah pour « discuter des détails de la trêve », plusieurs fois renouvelée, mais jamais respectée, a expliqué l’armée, sans que l’autre camp, celui des FSR, ne commente dans l’immédiat.Au vingt-et-unième jour du conflit, ayant déjà fait 700 morts, 5 000 blessés, 335 000 déplacés et 115 000 réfugiés, les frappes aériennes et les explosions ont continué, vendredi, de secouer les différents quartiers de Khartoum, la capitale, ainsi que le Darfour, à l’ouest.Le fléau de la faimDepuis plusieurs jours, Volker Perthes, l’émissaire de l’ONU au Soudan, explique que les deux belligérants s’étaient dit « prêts à entamer des discussions techniques » portant uniquement sur les modalités d’un cessez-le-feu, citant l’Arabie saoudite comme un lieu de rencontre possible. Un retour à des négociations politiques sur l’avenir d’un pays sorti en 2019 de trente années de dictature militaro-islamiste pour replonger sous la coupe des militaires avec le putsch des deux généraux en 2021 ne sera envisageable qu’après une véritable trêve, avait-il martelé.Au-delà des victimes directes, cette nouvelle guerre fait progresser la faim, un fléau qui touchait déjà un Soudanais sur trois. Selon l’ONU, entre 2 et 2,5 millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir de malnutrition aiguë d’ici six mois si le conflit se poursuit.Face à la « catastrophe » dénoncée par les humanitaires, la communauté internationale peine à agir en rangs organisés. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU tiendra une session spéciale le 11 mai, soit près d’un mois après le début des hostilités.Dimanche, ce sont les ministres des pays de la Ligue arabe qui doivent examiner « le dossier soudanais » sur lequel ils sont profondément divisés, après plusieurs discussions entre dirigeants de l’Union africaine (UA) et de l’Igad, l’organisation régionale de l’Afrique de l’Est. La médiation américano-saoudienne semble ne pas toujours converger avec les autres efforts régionaux en vue de faire taire les armes.Un conflit « prolongé »Pour le renseignement américain, il faut s’attendre à un conflit « prolongé » dans le pays de 45 millions d’habitants parce que « les deux camps pensent pouvoir l’emporter militairement et ont peu de raisons de venir à la table des négociations » pour discuter de leur avenir politique.L’ONU prévient que 860 000 personnes, des Soudanais mais également de nombreux Sud-Soudanais retournant dans leur pays, pourraient traverser les frontières ces prochains mois et réclame 402 millions d’euros pour aider le pays, l’un des plus pauvres au monde. « Plus de 56 000 personnes » sont arrivées en Égypte, selon l’ONU, « 30 000 au Tchad », « plus de 12 000 » en Éthiopie et 10 000 en Centrafrique.Des civils ont été armésAu Darfour, dans l’ouest frontalier du Tchad, des civils ont été armés pour participer aux affrontements mêlant militaires, paramilitaires et combattants tribaux ou rebelles, selon l’ONU.L’ONG Norwegian Refugee Council (NRC), dont les locaux ont été pillés, dénombre « au moins 191 morts, des dizaines d’habitations incendiées et des milliers de déplacés » dans cette région ravagée dans les années 2000 par un conflit ayant fait environ 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU. Des témoins ont aussi rapporté jeudi des combats à El-Obeid, à 300 km au sud de la capitale.Dans la ville côtière de Port-Soudan, épargnée par les violences, l’ONU et de plus en plus d’ONG tentent de négocier l’acheminement de cargaisons vers Khartoum et le Darfour où hôpitaux et stocks humanitaires ont été pillés et bombardés.

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