Les résultats, s’ils doivent être interprètes avec précaution, renforcent les suspicions entourant les produits utilises pour teindre ou lisser les cheveux. Certains des ingrédients entrant dans la composition des produits utilises pour teindre ou lisser les cheveux pourraient jouer un rôle dans l’apparition du cancer du sein, avance une étude publiée le 4 décembre par des chercheurs du National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS) et de l’Université de Caroline du Nord dans l’International Journal of Cancer. Même s’ils viennent renforcer les suspicions qui se développent à l’égard de ces produits depuis quelques années, ces résultats préliminaires doivent être analyses avec précaution, préviennent les auteurs de l’étude. ‘’Nous sommes exposées a de nombreux facteurs susceptibles de contribuer au cancer du sein et il est peu probable qu’un seul permette d’expliquer l’origine des risques ‘’, insiste Dale Sandler, épidémiologiste au NIEHS, qui a participé à la réalisation de l’étude, dans un communique.
46 709 femmes interrogées
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont d’abord étudie les données provenant de la cohorte Sister Study. Ils se sont penchés sur les dossiers de 46 709 femmes âgées de 35 é74 ans et n’ayant jamais eu de cancer du sein, mais considérées comme ‘à risque’ puisque possédant toutes une sœur touchée par cette pathologie- la génétique est un facteur déterminant dans ce type de cancer. En épluchant les données, ils ont constaté une augmentation significative de l’incidence de cette pathologie chez les femmes qui… se teignent ou se lissent fréquemment les cheveux. Un tel lien avait déjà été détecté dans précédentes recherches, les données étaient parfois incohérentes, comme cela se produit souvent quand des chercheurs tentent de démontre un risque potentiel pour la santé. L’une des explications est que corrélation n’est pas causalité. Autrement dit, deux événements peuvent être corrélés- se produisent en des rapports de cause à effet- l’un ne provoque pas forcément l’autre.
Les femmes noires plus exposées ?
Néanmoins, les produits capillaires étant suspectés d’être l’une des sources potentielles de perturbateurs endocriniens et de carcinogènes, les chercheurs ont décidé de creuser cette piste. Ils ont donc demandé aux participantes- vivant aux Etats-Unis et à Porto Rico- de répondre à un questionnaire les interrogeant sur leur fréquence d’utilisation des produits capillaires suspects lors des douze derniers mois. Ils ont ensuite réparti l’échantillon en trois groupes déterminés par les origines ethniques des participantes : ‘blanches hispaniques et afro-américaines’. Selon les résultats de ces questionnaires, les femmes blanches qui ont utilisé une teinture permanente au moins une fois toutes les cinq à huit semaines ont vu leur risque de développer un cancer de sein augmenter de 7% par rapport à celles qui n’ont pas utilisé ce produit. Pour les afro-américaines, le pourcentage moyen est bien plus important, puisqu’il monte à 45%. Cette différence pourrait s’expliquer par le fait que ‘ les produits utilisés par les femmes noies contiennent parfois plus de substances hormonales’, écrient les chercheurs dans leur étude. L’enquête révèle également que l’utilisation de produits permettant de lisser les cheveux une fois tous les deux mois augmente de 30% la probabilité qu’une participante développe un cancer de sein, qu’elle soit blanche, afro-américaine ou hispanique. Au cours de suivi des participantes (sur une durée moyenne de 8,3 ans), 2794 cancers du sein ont été identifiés’, précise l’étude.
Aucune des 46 709 femmes n’a été diagnostiquée
Prudents, les chercheurs préviennent que ces pourcentages reflètent uniquement un risque relatif, qui indique la probabilité qu’un groupe développe une maladie par rapport à un autre, et non pas un risque absolu, qui signale la probabilité d’être victime d’une maladie. Ils rappellent aussi que leur étude ne permet pas d’établir clairement un rapport de cause à effet. Faut-il, alors, jeter tous les produits capillaires à la poubelle ? ‘Bien qu’il soit trop tôt pour faire une recommandation ferme, les femmes peuvent éviter ces produits si elles veulent réduire les risques’, glisse tout de même le professeur Dale Sandler. Une chose est sure, ces travaux appellent à creuser cette piste. Idéalement, les futures études devront mesurer précisément le poids de divers facteurs : manière d’utiliser ces produits, masse corporelle des utilisatrices, antécédents familiaux, age, ou encore accessibilité aux soins de santé aux Etats-Unis. Cela permettrait de déterminer si les substances des teintures capillaires sont bien responsables de cette augmentation du risque de développer un cancer, et à quel point.