La question de changement à la tête des partis politiques a été abordée depuis quelque temps. Et ce changement s’applique surtout aux deux principaux partis de l’opposition notamment le MMM et le Parti Travailliste. On s’attend à ce que la question soit discutée au sein de ces partis dans les semaines ou mois à venir.
Il est intéressant de constater que Paul Bérenger, leader du MMM, a lui-même abordé la question au sein du comité central. Cependant, rien ne dit que la proposition faite par le leader du MMM sera mise en pratique vu la façon dont le parti a toujours fonctionné. Il est possible que la proposition ait été faite pour calmer ceux qui ont formulé des critiques contre la direction du MMM après sa débâcle aux dernières élections.
On se rappellera qu’un député du MMM avait exprimé son désaccord de la décision du parti d’affronter les élections seul, mais il a dû se plier à la décision du leader qui répétait à chaque occasion que le parti irait seul et qu’il formerait le gouvernement après le sept décembre. Heureusement, après les élections il a fallu se rendre à l’évidence et accepter que le parti doive non seulement aller aux prochaines élections en contractant une alliance mais aussi en choisissant un nouveau leader.
Connaissant la manière dont le MMM fonctionne, il est difficile de penser qu’on viendra suggérer un autre leader tant que Bérenger sera encore au MMM. En fait, il est difficile d’imaginer que quelqu’un puisse venir de l’avant avec une proposition qui aille à l’encontre du leader dans les instances du parti car en ce faisant, il risque d’être marginalisé voire même sévèrement sanctionné ou expulsé. Le parti a toujours fonctionné de cette façon depuis son existence et il est difficile de penser qu’il fonctionnera autrement avec son leader actuel.
Considérant les changements notés récemment au sein du MMM, la seule différence qu’on peut espérer c’est le choix de Joana Bérenger pour succéder à son père. Il faut noter que peu de personnes s’attendaient à ce que la fille du leader vienne contester les élections cette année. Donc, il ne serait pas impossible qu’elle soit prochainement appelée à remplacer son père à la tête du parti.
Apparemment on doit attendre la reprise des travaux de l’Assemblée nationale l’année prochaine pour savoir quel rôle le MMM et plus précisément son leader y jouera d’autant plus qu’il n’y sera pas encore une fois le leader de l’opposition. La question qui doit également interpeller tous les observateurs politiques et également les militants dans le pays, c’est que le MMM n’a pas tenu sa conférence de presse hebdomadaire depuis maintenant plus d’un mois. C’est la première fois peut-être depuis des décennies qu’on note une telle chose au MMM. Est-ce parce que le parti a subi un choc ou par manque de vision et d’initiative ?
La vérité aussi c’est que de nombreux militants du MMM dans le pays ont choisi d’adhérer ou de se joindre carrément à l’Alliance Morisien et c’est cela aussi qui a permis à cette alliance de remporter les dernières élections. Et vu le sérieux dont fait preuve le nouveau gouvernement, Il y a toutes les chances que les militants qui ont choisi de soutenir l’Alliance Morisien continueront à le suivre pendant encore longtemps.
Vu que le MMM a fait savoir qu’il entamera les prochaines élections générales en alliance, reste à savoir quel parti il choisira en 2024. Pourra-t-il refaire son image ou finira-t-il comme le PMSD en ne faisant élire encore une fois qu’une poignée de députés ?
Jay Lallbahadoor