Le patron de « Waaza FM » et d’« Inside News, Sunil Gohin, est très optimiste quant à l’avenir de la presse écrite, parlée ainsi que celle en ligne. Dans un entretien accordé à Le Xournal, notre invité de la semaine fait ressortir que les nouvelles technologies sont très importantes pour révolutionner la presse. D’autre part, il laisse entendre que « Waaza FM » et « Inside News » ne s’épargnent aucun effort pour se frayer un chemin parmi les grands afin de continuer à satisfaire leurs lecteurs et auditeurs, dont le nombre ne cesse de croître.
« À mon humble avis, je trouve qu’il y a toujours de la place pour une nouvelle presse écrite. Car, il y a plusieurs créneaux inexploités à Maurice. Le « mainstream»… c’est du vieux jeu, car il reste statique. À titre d’exemple, la presse traditionnelle ne comprend toujours pas les attentes et les aspirations de la nouvelle génération. De ce fait, elle doit se recycler, voire se réinventer et se mettre au diapason. »
Sunil Gohin, vous êtes le patron de « Wazaa FM » et d’« Inside News ». Comment avez-vous intégré le milieu très fermé des médias à Maurice ?
Après des études et après avoir travaillé à l’étranger, j’ai décidé de retourner au pays natal. Il y a eu comme un déclic en moi : la façon dont la presse dans son ensemble fonctionne. Il n’y avait que des articles de presse qui broyaient du noir et de la négativité. Or, il n’y a pas que ce genre de tableau affligeant dans notre île Maurice. C’est ainsi que l’idée m’est venue de créer « Inside News », un journal en ligne.
En ligne, parce que je maîtrise la nouvelle technologie. J’ai contacté certains de mes amis y compris, Krsna Coopoosamy, pour tenter une expérience voire une aventure dans le monde digital. Notre principal objectif dans un premier temps était d’offrir à nos lecteurs une bouffée d’air frais à travers d’autres types de nouvelles tout en créant un équilibre dans le traitement des informations. Et par extension, nous voulons susciter le « Feel Good factor» et promouvoir des Mauriciens qui travaillent dur. En somme, d’autres facettes et spécificités de l’île Maurice.
Et depuis, « Inside News » a fait son petit bonhomme de chemin et a connu un grand succès dès la première année. À ce jour, « Inside News » est l’un des site web les plus lus et consultés à Maurice et se positionne parmi les cinq premiers dans le classement d’Alexa.
Nous n’avons nullement dérogé à nos principes en ce qui concerne le lancement d’une radio privée, Waaza FM. C’est une valeur ajoutée offerte aux auditeurs. Une fois de plus, notre objectif s’inscrit dans la perspective de promouvoir le « Feel Good Factor ». Et là, je dois dire que j’ai discuté avec mes proches collaborateurs tant à Maurice qu’à l’étranger pour mettre au point la grille d’antenne.
Nous avons osé rélever le challenge pour insuffler du sang neuf. De ce fait, nous avons monté notre propre centre de formation de journalistes, qui est reconnu par la MQA. Le but : avoir des gens adhérant à notre ligne éditoriale. Nous avons aussi pris en ligne de compte le bon équilibre entre l’attitude et les aptitudes de nos futurs journalistes. À ce jour, nous sommes fiers de cette équipe jeune et dynamique.
Y a-t-il de la place à Maurice pour une presse écrite qui ne provienne pas du «mainstream» médiatique ?
À mon humble avis, je trouve qu’il y a toujours de la place pour une nouvelle presse écrite. Car, il y a plusieurs créneaux inexploités à Maurice. Le « mainstream »… c’est du vieux jeu, car il reste statique. À titre d’exemple, la presse traditionnelle ne comprend toujours pas les attentes et les aspirations de la nouvelle génération. De ce fait, elle doit se recycler, voire se réinventer et se mettre au diapason.
Quels sont les principes et les valeurs de « Wazaa FM » et d’« Inside News » ?
Au départ, il y a le code déontologique des journalistes à respecter. Contrairement aux autres, on ne cherche pas à faire du sensationnalisme. Le plus important est de ne pas bâtir une réputation sur des cadavres. On préfère véhiculer des informations qui apportent de la valeur ajoutée et un nouvel éclairage à notre audimat et notre lectorat. Outre le fait d’informer, on veut aussi éduquer, interagir, entre autres avec nos concitoyens. « Wazaa FM » et « Inside News » sont des plateformes pour être la voix des sans voix. Nous avons à coeur de trouver des solutions et pourquoi pas résoudre des problèmes auxquels nos lecteurs ou auditeurs sont confrontés.
« Wazaa FM » est très présente dans l’évènementiel… Femmes-jockeys, artistes de renom, tous défilent dans vos studios. Une véritable référence n’est-ce pas ?
Je dois faire ressortir que déjà en 2018, j’ai produit et financé à 100 % un vidéoclip indien «Nain Na Jodeen», en étroite collaboration avec des techniciens de T-Series. Notre objectif était de mettre en valeur la beauté de notre île aux yeux du monde entier, car le clip a été tourné essentiellement à Maurice. C’est un chef-d’oeuvre de par la qualité des images, mises en valeur et aussi par la performance d’Akhil Sachdeva, un chanteur renommé de la Grande Péninsule. Ce clip produit au studio de Yash Raj, a été visionné plus de 7 millions de fois.
J’ai également lancé Talent Hunt, où nous avons donné la chance aux artistes en herbe de s’exprimer. C’était une aventure enrichissante pour ces jeunes. On ne compte pas s’arrêter là, car on prévoit une deuxième saison en 2020 et lancer également une surprise « The Red Carpet Events » avec la collaboration de partenaires étrangers.
Revenons à votre question. Oui, nous donnons la chance aux artistes de s’exprimer sur nos différentes plateformes. Non seulement des artistes, mais aussi des politiciens, travailleurs sociaux ou experts. À titre d’exemple, tout récemment sur Wazaa FM nous avons accueilli Vassen Kauppaymuthoo, Johana Bérenger, entre autres pour discuter d’une campagne axée sur l’environnement.
Wazaa FM a choisi le tag-line « Ena Simé » et « Ansam Ansam »… S’agit-il d’un simple hasard ?
« Ansam », n’est pas seulement un concept ou encore moins une notion, c’est un mot que j’apprécie énormément. Car ce mot résume la force, l’union et la solidarité… Si chacun d’entre nous arrivait à conjuguer nos forces et partager nos connaissances, on pourrait réaliser des merveilles. En ce qui concerne les émissions « Ena Simé » et « Ansam Ansam », nous démontrons ainsi qu’il y a toujours une solution à n’importe quel problème.
Tout comme Le Xournal, vous êtes la cible des critiques parce que vous refusez la logique de la pensée unique. Que répondez-vous à vos détracteurs ?
Honnêtement, je ne m’attarde pas sur les critiques acerbes. Je préfère passer chaque minute avec mes employés afin qu’on arrive à répondre aux besoins et aux aspirations de nos lecteurs et auditeurs. Je crois fermement en mon équipe qui accomplit un gros travail quotidiennement. Là, je dois faire ressortir que sans une équipe solide et bien huilée, ce serait très difficile pour moi d’atteindre l’objectif que je me suis fixé. On dit toujours qu’une critique grave et sérieuse est parfois un compliment.
Comment s’annonce l’avenir de la presse écrite, parlée et celle en ligne ?
Comme je vous ai déjà dit plus haut, je suis d’avis que l’avenir de la presse dans son ensemble n’est pas menacé. Là, je me remémore le parcours d’Eshan Khodabux. Quand il avait lancé le Défi Plus au tout début, les oiseaux de mauvais augure étaient nombreux à penser que ce serait un fiasco. Mais il a prouvé le contraire. D’ailleurs il a su innover et aujourd’hui, il a à son palmarès plusieurs plateformes et une radio qui cartonne.
Le Xournal célèbre la 150e édition de sa jeune existence ce samedi. Un mot à cet effet ?
Je souhaite beaucoup de succès et bonne chance à Le Xournal. Cet hebdomadaire, qui est très jeune, a un brillant avenir, compte tenu de son traitement de l’information. Le Xournal a su se frayer un chemin pour être reconnu, là où la compétition est très féroce. J’espère que cet hebdomadaire continuera sur la bonne voie.
Quelle est votre vision pour la société et le pays en général ?
Pour ce qui est la vision du pays, je laisse le soin à nos décideurs politiques. Cependant, mes voeux les plus chers sont la sécurité des citoyens, une meilleure éducation, que notre pays continue à se transformer pour devenir un modèle pour la région et le reste du monde, entre autres… « Always feel good ! »