Veerabadren Coomaren, Président de la PLHDWU :-«Le rapport de la Competition Commission ne s’est pas appesanti sur les vrais enjeux et défis et a uniquement proposé de confier 100% des opérations au secteur privé. C’est une aberration »
« Il y a un manque de vision et de stratégie, le port c’est la logistique et il fonctionne 24/7. Il faut donc un management proactif et non réactif et inactif » estime Veerabadren Coomaren, le Président de la Port-Louis Harbour and Docks Workers Union(PLHDWU).
Il dénonce le fait que ces derniers quatre ans après les départs de l’Interim Manager, du Deputy Managing Director, de l’Administrative Secretary, de l’auditeur et du Directeur des Opérations, ces postes n’ont pas été remplacés. Actuellement, alors que la Cargo Handling Corporation Ltd doit fonctionner avec deux Senior Terminal Manager (STM) et deux Junior, il n’y qu’un seul STM.
«Sa banes départs au niveau management fine débalance toute l’opération. Le board manque de vision, il faut un travail en amont avec les consultations avec le syndicat. Le principal atout ce sont les travailleurs et les ressources humaines. Si envi le port bizin développe 100% bizin ene stratégie ek vision » a suggéré le Président de la PLHDWU.
Il souligne cependant que malgré tous les problèmes, le rapport 2023/2024 démontre qu’il y a eu la manutention de 8.6 millions tonnes de marchandise soit une hausse de plus 13%. Les autres indicateurs sont également en hausse.
« La productivité a également augmenté. Le volume de transbordement des trois gros transporteurs a augmenté considérablement. Donc malgré toutes les critiques les travailleurs ont fait de leur mieux sans management. Imaginez maintenant s’il y avait un dialogue constant avec les travailleurs, une vision, une stratégie. La compétence est là et il suffit d’une bonne gestion » déclare Veerabadren Coomaren.
Donc selon lui le rapport de la Competition Commisssion ne s’est pas appesanti sur les vrais enjeux et défis et a uniquement proposé de confier 100% des opérations au secteur privé et de monopoliser ce secteur pour les 20 ans à venir. « C’est une aberration. Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé ailleurs à Djibouti avec la privatisation. Les problèmes géopolitiques qui ont suivi. Quels sont les moyens qui sont mis à la disposition des travailleurs, il n’y pas de maintenance des équipements qui sont utilisés 24 sur 24. Il y a un manque d’espace. Nous sommes au service de la population, des importateurs, des exportateurs tous avec des intérêts divergents » a-t-il fait remarquer.