L’actrice française Brigitte Bardot s’est éteinte à l’âge de 91 ans

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La vedette planétaire et icône féminine du cinéma avait tiré un trait sur la célébrité.

Vedette planétaire, icône féminine du cinéma puis militante pour la cause animale, coutumière des sorties polémiques : Brigitte Bardot est décédée dimanche à l’âge de 91 ans, longtemps après avoir tiré un trait sur la célébrité et le monde du 7e art.

L’actrice de Et Dieu… créa la femme et du Mépris est décédée dans la matinée, dans sa célèbre résidence La Madrague à Saint-Tropez, aux côtés de son mari Bernard d’Ormale, selon Bruno Jacquelin, directeur des relations publiques de la fondation qu’elle avait créée.

Il était 5 h 55. « Elle lui a dit tout doucement son petit mot d’amour, qui est “piou piou”. Et c’était fini », a-t-il relaté sur BFMTV.

Sur place, le chemin en terre au milieu des bambous menant à la villa était barré par un véhicule de gendarmerie, a constaté un journaliste de l’AFP.

« On la voyait souvent, je la regardais passer, et quand elle était de bonne humeur, elle nous envoyait des bisous », a déclaré Nathalie Dorobisze, une Tropézienne de 50 ans, en sanglots. « Ça fait bizarre qu’elle ne soit plus là, parce qu’elle a tout le temps été là ».

C’est dans la matinée que la Fondation Brigitte Bardot, consacrée à la cause animale, a annoncé le décès de celle qui a aussi été chanteuse, avec des succès comme La Madrague.

« Même quand ça dérange »

« Nous pleurons une légende du siècle », a commenté le président Emmanuel Macron sur X.

La ministre de la Culture, Rachida Dati, a salué sur le même réseau social une « icône parmi les icônes », « follement libre et tellement française finalement ».

Marine Le Pen, leader du Rassemblement national avec lequel Brigitte Bardot ne cachait pas sa proximité, a quant à elle rendu hommage à une femme « incroyablement française : libre, indomptable, entière ».

Brigitte Bardot « a marqué de son empreinte l’histoire de France », a salué Mireille Mathieu, 79 ans, figure de la chanson française aux succès internationaux.

Ces dernières années, Brigitte Bardot, qui avait incarné la libération des mœurs dans la France des années 1950, se distinguait surtout par ses déclarations sur la politique, l’immigration, le féminisme, les chasseurs… dont certaines lui ont valu des condamnations pour injure raciale.

« La liberté, c’est d’être soi, même quand ça dérange », proclamait-elle, bravache, en exergue d’un livre intitulé Mon BBcédaire, sorti début octobre chez Fayard.

Avant de faire parler d’elle pour ses prises de position, celle qu’on surnommait par ses initiales B.B. ne fut rien de moins qu’un mythe.

Celui d’une femme affranchie, des codes moraux, vestimentaires, amoureux et sexuels et… de ce qu’on attendait d’elle. Une femme qui n’avait « besoin de personne », comme lui faisait chanter Serge Gainsbourg en 1967, connue à Cannes comme sur les plages brésiliennes.

Deux scènes de légende

Brigitte Bardot, première personnalité à avoir prêté ses traits au buste de Marianne, fut une sorte de Marilyn Monroe à la française, comme elle blonde, à la beauté explosive et à la vie privée tumultueuse, poursuivie par les paparazzi.

B.B., Marilyn, « je suis sûr que leur deux étoiles forment le plus beau duo du ciel », a témoigné, pour l’AFP, Francis Huster, qui avait tourné avec Bardot en 1973.

Marilyn était « une femme qui a été exploitée, que personne n’a comprise, qui en est morte, du reste », se souvenait Bardot, qui l’avait rencontrée en 1956.

Une erreur qu’elle ne reproduira pas, en prenant la tangente à 39 ans, laissant derrière elle une cinquantaine de films et deux scènes entrées au panthéon du 7e art : un mambo enfiévré dans un restaurant de Saint-Tropez (Et Dieu… créa la femme, 1956) et un monologue où elle énumérait, nue, les différentes parties de son corps, en ouverture du Mépris (1963).

Plus qu’une actrice, « c’était la France », a salué le cinéaste Claude Lelouch sur BFMTV : « Je me rappelle très bien le général de Gaulle, que j’avais rencontré un jour, il m’avait dit : “La France, c’est moi et Brigitte Bardot” ».

L’actrice française Brigitte Bardot est photographiée sur le tournage du film «Don Juan 73» réalisé par Roger Vadim à Stockholm le 4 août 1972.

Rien ne prédestinait la jeune Brigitte à ce destin : née dans une famille bourgeoise parisienne en 1934, elle se passionne pour la danse et s’essaie au mannequinat.

Elle épouse à tout juste 18 ans son premier amour, Roger Vadim, qui lui confie le rôle de Juliette dans Et Dieu… créa la femme, qui va bousculer l’ordre établi et lui coller l’étiquette de sex-symbol.

Face au succès du film, elle enchaîne les tournages, déchaîne les passions et se brûle aux feux de la rampe.

En 1960, au faîte de sa gloire, elle accouche d’un garçon, Nicolas, son seul enfant, sous l’œil inquisiteur de la presse. Se disant dénuée d’instinct maternel, l’actrice laisse son mari Jacques Charrier élever leur fils.

Elle épousera ensuite le millionnaire allemand Gunter Sachs, puis l’industriel Bernard d’Ormale, proche du Front national.

L’actrice française et militante des droits des animaux Brigitte Bardot, dans une fourrière de Nice, en France, le 28 décembre 2005

Bébés phoques

Elle devient alors une autre Bardot, figure de la cause animale. Le déclic a lieu face à une chèvre sur le tournage de son dernier film, L’histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise (1973), qu’elle achète et installe dans sa chambre d’hôtel.

Défense des éléphants, opposition aux abattages rituels, à la corrida ou à la consommation de viande de cheval… le combat ne fait que commencer.

Elle se rend sur la banquise en 1977 pour alerter sur le sort des bébés phoques, une séquence ultra-médiatisée qui fera la une de Paris Match et lui laissera des souvenirs amers.

L’essentiel de sa deuxième vie se déroule à l’abri des regards, dans le Sud, entre La Madrague et une deuxième résidence plus discrète, La Garrigue. C’est là qu’elle recueillait des animaux en perdition et gérait la fondation à son nom, créée en 1986.

Dans une interview accordée en mai à BFMTV, elle confiait avoir envie « de la paix, de la nature » et vivre « comme une fermière ». Cet automne, elle avait été hospitalisée pour une intervention chirurgicale dont la nature n’avait pas été révélée.

Évoquant la mort, elle avait prévenu vouloir éviter la présence « d’une foule de connards » à son enterrement, souhaitant une simple « croix en bois » au-dessus de sa sépulture, dans son jardin. Comme pour ses animaux.