Dette : le Kenya économise 167 millions de dollars après un swap en yuan avec la Chine

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Le swap de devises sur des emprunts souverains est le premier en son genre en Afrique. Il concerne trois prêts contractés auprès de China Eximbank pour financer la construction de la ligne ferroviaire à écartement standard Mombasa-Naivasha.

Le Kenya a réalisé des économies d’environ 167 millions de dollars sur le service de sa dette envers la Chine en convertissant des prêts chinois destinés à un projet ferroviaire du dollar au yuan, selon des données publiées le lundi 2 février par le Bureau de la contrôleuse du budget, Margaret Nyakang’o.

Nairobi a remboursé 37,5 milliards de shillings (290,7 millions de dollars) à la Banque chinoise d’import-export (China Eximbank) pour une échéance semestrielle due en janvier. Ce montant est à comparer aux 59 milliards de shillings (457,4 millions de dollars) versés au cours de la même période l’année dernière.

Le ministre kényan des Finances, John Mbadi, avait annoncé, le 7 octobre 2025, la finalisation de la conversion du solde de trois prêts de 5 milliards de dollars contractés auprès de la China Eximbank en yuan. Ces prêts libellés en billet vert ont servi à financer la construction d’un chemin de fer à écartement standard (SGR) reliant le port de Mombasa à Naivasha. Cette ligne ferroviaire, qui s’inscrit dans l’initiative chinoise des « Nouvelles routes de la soie », est qualifiée par les analystes locaux de projet d’infrastructures le plus coûteux depuis l’indépendance du pays en 1963. Selon les derniers chiffres du ministère des Finances, le montant restant dû sur les prêts contractés, qui a fait l’objet d’un swap de devises s’élevait à 3,5 milliards de dollars en juin 2024.

Prolongation des échéances de deux prêts

Outre le swap yuan-dollar, premier en son genre en Afrique, le Kenya et la Chine sont également convenus de prolonger les échéances de deux prêts à 15 ans avec un délai de grâce de quatre ans, dans le cadre d’une stratégie visant à alléger le fardeau de la dette de la première économie d’Afrique de l’Est.

Le gouvernement du président William Ruto a adopté une « stratégie de gestion proactive de la dette globale », qui avoisine actuellement les 70% du PIB. Cette stratégie prévoit notamment l’allongement de l’échéancier des remboursements et le recours à davantage d’emprunts concessionnels, pour réduire la pression sur les finances publiques. Dans ce cadre, l’exécutif a déjà refinancé trois eurobonds pour étaler leurs échéances, et engagé des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) sur un nouveau programme d’aide après l’expiration du précédent en avril 2025.

Sur les 41,7 milliards de dollars de dette extérieure du Kenya à la fin du mois de septembre, 15,2 milliards étaient dus à la Banque mondiale, 7,9 milliards aux investisseurs en euro-obligations et près de 4,8 milliards à la Chine, selon les données du Trésor kényan.

Pour rappel, le gouverneur de la Banque centrale éthiopienne avait annoncé, en octobre dernier, qu’Addis-Abeba menait des négociations avec Pékin pour convertir une partie de sa dette de 5,38 milliards de dollars envers la Chine en yuan dans le but d’obtenir des taux d’intérêt plus bas.