« Être une personne de la résurrection ». Tel est le titre de la lettre pastorale de
Mgr Sténio André, évêque de Maurice, qui a été rendue publique le mercredi 2
mars dernier soit le jour du Mercredi des Cendres qui, on le rappelle, marque
le début du Carême Chrétien pour l’année 2022.
« L’impact de la pandémie sur notre Église est énorme. Cette maladie a
contraint tout un chacun à revoir ses plans, ses rêves et ses espérances », dixit
l’évêque de Maurice dans sa lettre pastorale. Ce dernier estime que les
restrictions sanitaires liés à la Covid-19 ont profondément bouleversé les
pratiques religieuses. D’ailleurs, il ne cache pas ses préoccupations s’agissant
des conséquences du nombre restreint de personnes autorisées dans les lieux
de culte, soit dix seulement. « En raison des restrictions sanitaires, une partie
des fidèles se sont refroidis par rapport à la pratique de leur foi en
communauté les week-ends », se désole-t-il.
Par extension, Mgr Sténio André dit craindre que les mesures imposées sur les
lieux de culte pourraient à la longue décourager les fidèles à venir assister aux
cultes dominicaux. « Le risque que les fidèles ne reviennent plus à l’église après
la levée de ces restrictions est réel. Pour nous, chrétiens, nos assemblées sont
importantes. Le christianisme est une religion qui tient sur le socle de la
rencontre », rappelle-t-il.
La pandémie de la Covid-19 n’a pas apporté que des choses négatives dans le
monde. C’est du moins l’avis exprimés par l’Evêque de Maurice dans son
traditionnel message en marge du Carême Pascale. « Cela semble être une
bonne chose, dans la mesure où nous avons été emmenés à faire l’expérience
d’une transformation réelle tout en réorientant nos objectifs personnels et
communautaires », dit-il. D’ajouter : « Nous n’allons plus nous laisser dominer
et paralyser par ce virus. La mission de Dieu doit continuer dans le respect du
protocole sanitaire et en suivant les directives du gouvernement ».
Mgr Sténio André rappelle que le Carême est un temps de remise en question
individuelle et que cela fait partie du cheminement à parcourir vers la Pâques.
Dans la même foulée, il a lancé une invitation aux Anglicans à un retour à la
source de leur vie de baptisé, soit à leur baptême, et les a exhortés à « vivre
pleinement leur identité en Christ ». Toutefois, dans le premier volet de son
mandement, il ne peut faire abstraction des turbulences engendrées par la
pandémie et de ses conséquences sur les activités régulières de l’Église.
L’homme d’église a également demandé à ses fidèles de ne pas rester les bras
croisés en attendant des jours meilleurs. « Il n’est plus le temps de se poser des
questions. Sortez de votre zone de confort. Prenez la décision de vous lever afin
de bâtir le royaume de Dieu ». Pour aider les fidèles anglicans dans cette
démarche de « se lever », Mgr André leur propose quelques pistes de
réflexions axées sur la prière, le jeûne, « l’identité en Christ » et « l’espérance
en Christ ».
Il appelle les fidèles à être des « témoins d’une Église qui encourage l’humilité,
la maturité, et qui apprécie la diversité ». Tout en souhaitant que l’Église
anglicane « soit celle qui fasse provision pour un espace sûr et charitable afin
que la jeune génération puisse s’épanouir avec les complexités de la vie
actuelle ».
L’évêque de Maurice annonce aussi la tenue d’un synode en octobre prochain,
et ce, avec deux objectifs précis, soit de faire un bilan de la vie de l’Église
anglicane durant ces quatre dernières années et d’établir un projet d’Église
pour les prochaines années. Il désire « une Église plus dynamique, plus
militante, plus accueillante et plus aimante ».
« Pour arriver à concrétiser cette Église en bonne santé, nous avons besoin de
la contribution de chaque Anglican. Nous sommes tous sur le même bateau,
subissant les mêmes vagues, qui nous rendent parfois vulnérables. La seule
arme qui peut nous aider à nous relever, c’est la solidarité. Mettons nos
différences et notre orgueil de côté ! Rassemblons-nous autour de Jésus, qui est
l’auteur de toute action, et soumettons-nous à l’Esprit Saint, qui est notre force
et notre guide », conclut-il.