Tnirte, village berbère au cœur du Haut Atlas, a été dévasté par le séisme. Situé près de l’épicentre, à 80 kilomètres de Marrakech, le douar a dû organiser sa survie en attendant les secours. Les maisons ont été complétement détruites et les corps des victimes ensevelis sous les décombres se comptent par dizaines. Reportage de Jean-Marie Lemaire.
Dans les zones montagneuses de l’Atlas fortement touchées par le séisme, le village de Tnirte a été dévasté. Ce douar difficile d’accès a perdu des dizaines de ses habitants, la plupart tués alors qu’ils dormaient. “Même si les murs se sont effondrés sur nous, on a réussi à sortir vivants”, témoigne une villageoise. “C’est le destin.”
Le manque d’aide exaspère les habitants, qui ont tenté de porter secours aux victimes à mains nues. “Ici, dans tout le douar, nous n’avons plus où habiter”, se désole un vieil homme qui a perdu cinq membres de sa famille. “Tout est parti, les vêtements, le bétail… Si les gens n’avaient pas fait un effort pour sauver les personnes qui étaient sous les décombres, le bilan aurait été plus catastrophique.”
La première aide est arrivée 48 heures après le séisme, grâce à la solidarité de bénévoles. Les élus locaux, eux, sont restés absents. La population s’est alors organisée pour survivre en installant des campements de fortune.
Ce n’est qu’au troisième jour que les équipes de la protection civile sont arrivées, accompagnées de secouristes espagnols. Quelques personnes ont pu être sauvées, mais le bilan est lourd : plus de 60 morts, dont une petite fille qui a été retrouvée bloquée sous les décombres.