Paul Bérenger fait pitié ! Il a totalement perdu de sa superbe et affiche grise mine à chacune de ses sorties publiques, même si le leader du MMM ne sort de chez lui que pour les conférences de presse et les activités politiques. Il semble dépassé, fragilisé et affiche sur son visage une méfiance à l’égard de son voisin et allié Navin Ramgoolam. Paul Bérenger est aujourd’hui l’ombre de lui-même et emporte avec lui les militants qui ont cru en lui depuis maintenant plus de 50 ans dans sa quête de pouvoir. La dernière mais qui risque d’être la plus honteuse de tous !
C’est une humiliation terrible que doit avoir subie Paul Bérenger, leader du MMM aux côtés de Navin Ramgoolam en conférence de presse le samedi 28 octobre dernier. Une claque magistrale signée le leader du PTr envers son allié, le MMM. Pour comprendre ce qui s’est passé, il nous faut remonter à 24 ans de cela. En 1999, le pays est plongé dans une série de drames qui traumatise toute la nation aujourd’hui encore. Deux ans auparavant, soit en 1997, Paul Bérenger alors vice-Premier ministre d’un gouvernement PTr-MMM est révoqué par Navin Ramgoolam. De facto, Paul Bérenger est devenu en 1997, leader de l’opposition en remplacement de Nicolas Von Mally parce que le MMM était le parti qui détenait le plus sièges au sein de l’opposition.
Février 1999, soit le 21e jour de ce mois, le pays est choqué d’apprendre que le père du Seggae (mélange du sega et reggae), Joseph Reginald Topize dit Kaya est décédé dans des circonstances troubles en détention policière à Alcatraz. Suivant le premier rapport d’autopsie et les informations qui circulent dans la presse ce jour-là, une violente émeute éclate dans certaines régions du pays notamment à Roche-Bois, Cite La Cure, Beau-Bassin, Rose-Hill et autres. Navin Ramgoolam alors Premier ministre avait disparu de la circulation pendant au moins 72 heures alors que le pays brûlait et des personnes mourraient.
À cette époque, Paul Bérenger est l’une des personnes qui a été active. Il avait participé avec feu Sir Anerood Jugnuth à des appels au calme à la MBC qui réunissait politiciens, Président de la république d’alors, Cassam Uteem, prêtres, pandits, imam et autres. Tout ce monde pour raisonner la population mais aucune nouvelle de Navin Ramgoolam. Le 28 octobre 2023, soit plus de 24 ans après les faits, Navin Ramgoolam utilise un argument avancé par Salim Abbas-Mamode sur Radio Plus le vendredi 27 octobre pour tacler Paul Bérenger. « Zot dire ki kuma l’ancien Premier ministre ki ti disparait pendant riot akoze la mort Kaya ki complètement fausse », dit Navin Ramgoolam qui s’est expliqué sur ce qu’il faisait à La Clarisse House pendant que la population en colère détruisait tout sur leur passage.
Paul Bérenger disait alors dans une interview à la presse étrangère ceci : « d’un côté il y a nous et de l’autre nous avons un irresponsable, un incompétent qui a foutu notre police et notre force paramilitaire par terre complètement ces trois dernières années c’est le Premier ministre et qui a fait montre d’une absence de leadership complet. Absolument absent qui n’a rien à dire de sérieux au pays. Absolument révoltant »…
Qu’on le veuille ou non, Navin Ramgoolam, qui a accusé samedi le MSM d’avoir fabriqué cette histoire autour de son absence pendant les émeutes de février 1999, s’est finalement vengé de Paul Bérenger. Ce dernier après avoir ravalé tous ses vomis concernant Navin Ramgoolam de 2005 à 2014 et 2015 à 2022, est nouvelle fois le dindon de la farce. L’épisode de samedi n’est finalement qu’une première grosse couleuvre que le leader du MMM avale dans l’espoir de revenir au pouvoir une deuxième fois depuis 2005.
Comme disait Siven Chinien aux militants, « komie cyclone pou vini, pa laisse nou latet ale baisse », mais les agissements de Paul Bérenger trahissent une fois de plus les militants du MMM et confirme son statut d’assoiffé de pouvoir.
Bonanga Lilongwe