Le jeudi 5 décembre dernier a été donné le coup d’envoi de la 14e édition du Festival international Kreol. La première activité a démarré dans les ruines de Balaclava de l’hôtel Maritim avec une Sware Poezi, animée par plusieurs poètes locaux et musiciens. Les couleurs de cet évènement, largement à la hauteur des attentes du public, perdureront jusqu’à ce dimanche. Avec les mots et la forme, les artistes, mais aussi les intervenants ont démontré qu’ils n’ont pas lésiné sur les moyens pour cette fête d’envergure nationale, qui a malheureusement été écourtée en raison de la tenue des élections.
C’est aux alentours de 18h00 que les invités du Festival International Kreol ont été accueillis ce jeudi, au rythme du séga Tipik Group Refizie Chagos. Lors de cette soirée, la langue créole a été à l’honneur à travers les vers de différents talents mauriciens. La Sware Poezi a été lancée en chanson avec Éric Triton qui a interprété « Vinn Gete ». Ensuite une quinzaine de poètes se sont succédé à tour de rôle sur scène. Les poèmes en créole étaient basés sur l’unité, l’harmonie, la diversité, la liberté, le métissage, rejoignant le thème de cette édition 2019 du FIK : « Kreolite Nou Larmoni ». Les intermèdes musicaux étaient assurés par Gina Jean Charles et Belingo Faro.
Prenant la parole, au début du spectacle, Joe Lesjongard, ministre du Tourisme, a fait ressortir que « célébrer la créolité, ce n’est pas juste faire des concerts et valoriser la musique, c’est aussi l’occasion de valoriser la langue créole. Ce festival est un moment de partage de traditions et de façons de vivre.» Et d’ajouter que le niveau du festival a été rehaussé pour cette 14e édition et que le thème a été choisi expressément pour mettre l’accent sur cette harmonie qui fait la force de notre pays.
Le vendredi 6 décembre dernier, c’est le village du Morne qui a été en effervescence à l’occasion de la grande soirée consacrée au séga tipik. Sur la plage du Morne, l’ambiance était festive. Aux effluves de l’océan s’est mêlé l’écho des ravanes et des maravanes, lesquelles ont emporté le public dans une ritournelle africaine autour d’un petit feu de camp, installé face à la mer. Plusieurs artistes ont profité de la plateforme érigée pour partager leurs émotions et leurs histoires en chansons.
Cette année toutefois, les organisateurs ont aussi misé sur l’aspect historique de cet évènement. Ainsi une conférence sur la langue créole se tiendra samedi matin à l’hôtel Intercontinental avec comme invité le directeur du mémorial de l’esclavage de la Guadeloupe, Georges Brédent. Voilà qui apportera de l’eau au moulin du projet de Musée intercontinental de l’esclavage, le but étant de débattre sur les défis pour la culture et la langue créole
Samedi soir, une pléiade d’artistes mauriciens, réunionnais et rodriguais de même qu’agaléens assureront la continuité des spectacles à travers trois grands concerts prévus à Flacq, Bambous et Cassis. Dimanche, c’est au Waterfront de Mahébourg qu’il faudra se rendre avec la régate, le salon culinaire et l’exposition de produits artisanaux.