En Afrique comme ailleurs, les appels téléphoniques indésirables émanent de plus en plus de systèmes automatisés, et deviennent de plus en plus difficiles à distinguer des vrais.
Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont les pays africains les plus touchés par les appels téléphoniques indésirables et frauduleux (spams), selon un rapport publié le lundi 4 mai 2026 par Truecaller, une application mobile suédoise spécialisée dans l’identification de l’appelant et le blocage des spams.
Intitulé « The Machine Era of Spam Calls : How automated Fraud scaled globally in 2025 », le rapport précise que le Nigeria occupe la première position à l’échelle africaine et le 8e rang au plan mondial. 51 % de tous les appels provenant de numéros inconnus reçus dans le pays ouest-africain ont été identifiés comme des spams ou des tentatives de fraude, soit plus d’un appel inconnu sur deux.
Au Nigeria, le panorama des spams diffère de celui de nombreux autres pays, non seulement en raison de son volume, mais aussi par la nature des appels. Dans plusieurs pays, les appels indésirables sont principalement liés à des escroqueries par usurpation d’identité, à des fins financières ou à des pratiques agressives de recouvrement de créances.
Dans le pays africain le plus peuplé, les spams sont cependant essentiellement liés aux opérateurs de télécommunications, qui sont à l’origine de 35 % de tous les appels indésirables, soit la concentration la plus élevée de tous les marchés étudiés sur le continent. Viennent ensuite les appels de télémarketing et de vente, avec 10 %, tandis que les tentatives d’escroquerie pures et simples y représentent 6 % de l’ensemble des appels indésirables reçus.
L’Afrique du Sud est le deuxième pays africain où les spams sont les plus répandus, avec 30 % du total des appels inconnus. Dans la nation arc-en-ciel, qui occupe ainsi le 9e rang mondial , les appels indésirables émanent notamment des compagnies d’assurance (14 %) et d’autres entreprises spécialisées dans les services financiers (10%). Les 6 % restants sont liés à des pratiques de recouvrement de créances.
L’Egypte, où 22 % des appels provenant de numéros inconnus sont des spams, arrive à la 3e position à l’échelle africaine, devant le Kenya (15 %), le Maroc (14 %), le Ghana (11 %) et l’Éthiopie (9 %).
Des opportunités manquées
Le rapport souligne d’autre part que la hausse des appels téléphoniques indésirables pousse de plus en plus les utilisateurs à cesser de répondre et provoque une érosion de la confiance envers le téléphone. Une situation qui peut entrainer mécaniquement la “perte” d’appels importants. Pour les particuliers, cela se traduit par des rendez-vous manqués et des informations retardées. Pour les entreprises, cela signifie des appels sans réponse, une baisse du chiffre d’affaires, et des relations-client qui se perdent discrètement.
Alors que les appels émanant des opérateurs télécoms deviennent les principales catégories de spam dans certains pays comme le Nigeria et le Brésil, il devient de plus en plus difficile pour les utilisateurs de faire la distinction entre les notifications de service légitimes, les appels commerciaux, et les activités frauduleuses.
À l’échelle mondiale, l’Indonésie est le pays le plus touché. Dans ce pays asiatique, 79 % de l’ensemble des appels provenant de numéros inconnus étaient des spams ou des tentatives de fraude en 2025, soit près de 4 appels sur 5. Le Chili arrive en deuxième position avec 70 %, devant le Vietnam (68 %), le Brésil (68 %) et l’Inde (66 %).
Truecaller, qui a franchi fin mars dernier la barre des 500 millions d’utilisateurs répartis dans tous les pays du monde, a recensé un total 68 milliards d’appels indésirables et frauduleux à l’échelle planétaire en 2025. L’analyse de ces appels montre que l’activité du spam est passée des appelants humains à des systèmes automatisés fonctionnant à une échelle qu’aucun individu ne pourrait égaler.
Sur les marchés les plus ciblés, la majorité des appels inconnus sont désormais générés par des machines, une tendance qui devrait se renforcer durant les années à venir, surtout que les appels vocaux générés par l’intelligence artificielle sont de plus en plus difficiles à distinguer des vrais.