Expédition sur l’Archipel des Chagos «Nos quatre objectifs ont été grandement atteints» assure Pravind Jugnauth..

in Actualité/Société

Lors de la conférence de presse du Premier ministre, hier
vendredi 25 février, le Premier ministre a longuement parlé de
l’expédition aux Chagos. Il s’est dit fier, car pour la première
fois depuis notre indépendance une visite sur les Chagos a été
effectuée sans escorte. De plus, ajoute-il, cette expédition a été
un succès retentissant avec des retombées qui nous ont
permis d’atteindre nos quatre objectifs.
Le Premier ministre s’est longuement attardé sur le voyage
entamé à bord du Bleu de Nîmes, sur l’Archipel des Chagos et
lors duquel tous les objectifs visés ont été atteints. Primo, a-t-il
souligné, nous avons pu réaliser cette étude et recueillir des
données importantes pour renforcir notre dossier, contre les
Maldives.
Secundo, cette expédition a permis à nos compatriotes
d’origine chagossienne de réaliser leurs souhaits, de retrouver
leur terre natale, et ceci sans la permission d’aucun pays, sans
escorte étranger et sans restriction. « Ils sont partis comme des
citoyens libres, » souligne le Chef du gouvernement.
Autre objectif de ce voyage, c’était de permettre à Maurice
d’affirmer sa souveraineté sur l’archipel des Chagos, surtout
après un jugement consultatif que la cour internationale de
justice rendu, le 25 février 2019 où, il a fait clairement ressortir
que l’Archipel des Chagos a toujours fait partie intégrante de la
République de Maurice. Et, cette récente expédition nous a
permis d’atteindre cet objectif également.
Couverture très médiatisée
De plus, cette visite a été grandement répercutée dans la
presse internationale. Elle a fait la Une de BBC, du Guardian…
Ces médias, ajoute Pravind Jugnauth, ont diffusés des
comptes rendus très intéressants et importants, permettant au

monde de mieux prendre conscience de ce qui se passe par
rapport à l’Archipel des Chagos. « Selon mes sources plus de
10 millions de personnes ont suivi les infos de la BBC à ce
sujet et plus d’un demi-million, ont commenté ce sujet. » Par
ailleurs, cette expédition a aussi attiré l’attention des autres
médias et prochainement, d’autres émissions et articles sont
prévus, dans la presse internationale.
« Souhaitons qu’enfin que ces crimes contre l’humanité et ces
violations des droits internationaux que l’Angleterre a commis
et continue de commettre, cessent. Que l’Angleterre mette fin à
leur administration sur l’Archipel des Chagos, » a fait ressortir
le Premier ministre, lors de cette conférence de presse.
Le chef du gouvernement, est aussi revenu sur les détails de
cette expédition. Il a rappelé que c’est après 3 jours de voyage,
que la délégation Mauricienne est arrivée dans la zone
économique exclusive du Chagos, le 11 février. Le capitaine a
tenu à célébrer cette occasion.
Puis le bateau a fait une halte à Peros Banos et les
chagossiens qui étaient du voyage, ont débarqué sur cette ile,
avec beaucoup d’émotions. Ils en ont profité pour faire un
nettoyage des lieux et ils se sont recueillis sur leur terre natale,
tout en se souvenant de leur déracinement. Le chef du
gouvernement a expliqué que par la suite, les différents
surveys ont démarré. «C’est une étude d’importance capitale,
pour la défense de Maurice devant le tribunal où nous
demandons la délimitation de notre territoire maritime. Les
résultats nous permettront de nous préparer pour soumettre
notre réponse aux Maldives et à la chambre du Tribunal
International du droit de la mer, qui se prononcera sur la
délimitation de notre zone territoriale. »
Maurice aura à soumettre son ‘reply’ au plus tard le 14 avril
2022.
Lors de cette rencontre avec la presse, le Premier Ministre en a
profité pour répondre aux mauvaises langues qui pointent du
doigt cette étude. « C’est très triste. Cela fait pitié de voir les

politiciens émettre ce genre de commentaires. Ils doivent
d’abord se renseigner et savoir comment on prépare
légalement un cas qui sera présenté devant le Tribunal
international du Droit de la Mer. Ce sont des commentaires
dépassés. Les images satellitaires ne sont pas seulement
insuffisantes, mais pas concluantes pour les besoins de cette
affaire. C’est pour cela que je réaffirme que ce survey est très
important. Et, nous pouvons maintenant prouver au Tribunal
que nous sommes un état responsable. »
Par ailleurs, lors de ce voyage, la délégation s’est rendue sur
les iles Salomon et le pavillon de Maurice a été placé sur Peros
Banos, les iles Salomon et Blenhein Reef. En outre, une plaque
commémorative a été installée sur Peros Banos.
Pravind Jugnauth a est aussi revenu sur son message, adressé
à cette occasion, à travers la presse internationale, à la
communauté internationale. « Je leur ai fait comprendre que
Maurice en tant qu’un pays responsable va gérer ces territoires
et son environnement maritime, avec sagesse et on va
collaborer avec les partenaires pour maintenir la paix et la
stabilité nationale. Nous allons aussi promouvoir le respect des
droits de l’homme et le respect du droit international. »
La délégation mauricienne a quitté l’Archipel, le 16 février.
Présence suspecte de deux bateaux britanniques
Or, pendant que la délégation mauricienne se trouvait sur
l’Archipel, deux bateaux britanniques rodaient dans les
parages de ceux de Maurice. « Je laisse à tout un chacun, le
soin de tirer ses propres conclusions. Mais je tiens à faire
ressortir que Maurice avait écrit à l’Angleterre par courtoisie
pour l’informer de ce survey et il nous avait répondu qu’il ne
fera aucun obstacle. Toutefois, mis à part ces deux navires,
nous avons aussi constaté que notre connexion internet a été
coupée, lorsque notre bateau est entré dans le ZEE des
Chagos. C’est très étrange, » a constaté le Premier ministre.
Pravind Jugnautha aussi condamné les propos de certains
députés britanniques, qui a commenté cette expédition et

ajouté que c’est l’Angleterre qui a la souveraineté des Chagos.
« Je condamne ces réactions. Cela démontre à quel point, ils
sont en train de violer les différents jugements. A nouveau je
lance un appel à l’Angleterre, pourqu’ils respectent les droits
internationaux et tous ces jugements.

Par la suite, le Premier ministre a annoncé que d’autres visites
sont prévues à l’avenir sur l’Archipel des Chagos et il a fait
ressortir qu’il se fera un plaisir d’y participer.

Hors texte
Olivier Bancoult « Je suis entièrement satisfait »
Olivier Bancoult a aussi été du voyage et lors de cette
conférence de presse, il a exprimé sa satisfaction et a qualifié
cette visite d’historique. Puis, il a tenu à remercier le premier
ministre et le gouvernement, car « c’est la première fois que
c’était sans escorte de la police britannique, » a-t-il souligné.

De plus, a-t-il ajouté « Chaque fois qu’on est parti sur l’Archipel
du Chagos, on n’a jamais eu une bonne couverture médiatique.
Or cette-fois ci cela a été le cas. Cela est venue prouver les
faits qui ont été dits, devant la cour du 3 au 6 septembre 2018.
Il ne faut pas oublier comment les Chagossiens avaient été
traités.
D’ailleurs, quand je suis arrivé sur les lieux où je suis né j’ai
montré mon acte de naissance, et celui de ma maman et des
proches. C’est la preuve que nous sommes nés sur Peros
Banos. On peut changer son nom, mais pas son lieu de
naissance. C’est cela l’embarras de l’Angleterre. Surtout quand
la BBC est venue montrer que nous vivons comme un peuple,
nous y avons une vie sur l’Archipel des Chagos. Nous y avions
notre hôpital, notre lieu de culte, notre cimetière… Et, nous
avions notre culture et nos traditions. »

Profitant de cette conférence de presse, Olivier Bancoult a
déploré le fait que certains veulent entrer dans les jeux des
Anglais qui vise à diviser pour mieux régner.
Cet inlassable combattant de la lutte chagossienne est aussi
revenu sur cette expédition. « C’est avec beaucoup d’émotions,
que j’ai retrouvé ma terre natale. De plus, je me suis souvenue
de mon premier voyage en 2006, avec ma mère qui a
maintenant disparu. »
Olivier Bancoult a aussi déploré l’état de la chapelle Peros
Banos et Salomon. « Les Anglais qui prônent pour un
environnement propre et la promotion de la culture, délaissent
nos églises, notre cimetière … tout est dans un état d’abandon.
Je ne peux soutenir un gouvernement qui est en train de
bafouer mes droits et ma dignité humaine. Si le gouvernement
britannique avait traité les chagossiens comme il traite le
peuple, des autres territoires, j’aurai pu accepter.’
Ensuite, il a poursuivi en disant, « Nous n’exigeons pas que
tous les Chagos retournent sur l’Archipel du Chagos. Chacun
peut choisir où il souhaite vivre. Cependant, nous voulons que
nos enfants sachent d’où nous venons et que nos droits soient
respectés. »

Que tous les politiciens et chefs religieux se serrent les
coudes
Par la même occasion, Oliver Bancoult a lancé un appel à tous
les partis politiques de Maurice et chefs de religions, afin qu’ils
réunissent leur force et se serrent les coudes, sur ce dossier.
« Il ne faudrait pas être hypocrite. Mais il faut reconnaitre, le
pas de géant que Maurice a fait devant la cour internationale,
pour ce combat et cette expédition sur les Chagos. Les
dirigeants politiques, doivent être sincères et mettre de côté la
politique pour marcher ensemble. »

Questions/Réponses
Chacun doit assumer ses responsabilités
Répondant ensuite aux questions de la presse, le Premier
ministre a fait comprendre que les communications entre le
gouvernement britannique et mauriciens, ne peuvent être
rendus publics.
Il a aussi lancé un appel à la presse locale, pour qu’elle réalise
la portée de ces initiatives et actions qui visent à regagner
notre territoire. « L’Angleterre a volé notre territoire avant de
nous donner l’Indépendance. Pendant plus de 50 ans, ils ont
fait une administration illégale. Nous nous avons suivi les
procédures, il n’y a jamais eu de la violence, » a fait ressortir le
chef du gouvernement.
Cependant certains journaux locaux n’arrivent pas à
comprendre notre combat. Citant L’express qui a fait sa une
avec ce titre « Yacht de luxe pour une croisière qui n’amuse
pas », Pravind Jugnauth a dit ne pas comprendre comment
certaines personnes peuvent dénigrer un tel combat.
Le Premier ministre a aussi parlé des autres titres tels que,
« Pourquoi le Premier ministre ne s’y est pas rendu ? ou
encore ‘
Mission Scientifique il fallait penser à Kim Kardashain… »
Pour lui, c’est incompréhensible. Mais chacun, doit assumer
ses responsabilités.

Situation catastrophique
Invité à parler de la situation Russie/Ukraine, le Premier
ministre a fait ressortir que comme le reste du monde, nous
serons affectés.
« Non seulement nous devons faire face à la COVID, mais
voilà la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Ce sera une
situation catastrophique, surtout pour les produits importés,
plus précisément le pétrole, » a soutenu Pravind Jugnauth.

Leave a Reply

Your email address will not be published.

*