Time Tunnel: Maintien du Best Loser System : Me Yousuf Mohamed SC, un des combattants les plus acharnés, s’en est allé…

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C’était le combat qui nous unissait. Le maintien du Best Loser est le cheval de bataille de Minority Voice, notre publication d’alors devenue aujourd’hui un site web et Le Xournal. Nous avons été agréablement surpris d’entendre, le Senior Counsel, Yousuf Mohamed qui mène un combat acharné en faveur du maintien du Best Loser System évoqué le combat de notre publication à ce sujet dans un meeting en octobre 2012 à Phoenix. C’est une garantie constitutionnelle sur laquelle nous n’allons jamais transgresser. Un héritage que les « founding fathers » de notre constitution, dont le regretté Sir Abdool Razack Mohamed, nous a légué.  Cette fois, nous revenons encore une fois à la charge à travers Le Xournal pour réaffirmer notre position en faveur du maintien de cette formule qui assure une meilleure représentativité de toutes les communautés minoritaires du pays au sein du parlement et qui par extension, aide à préserver l’unité nationale.

C’est quoi le Best  Loser System?

Le Best Loser System est le mécanisme par excellence de consolidation au sein du législatif, mais aussi parmi l’électorat. Il garantit à chaque communauté la présence d’au moins un représentant dans l’hémicycle, grâce à un calcul correctif lorsque les votes n’ont pas permis à la communauté d’être représentée au Parlement. Comme cette formule a fait ses preuves dans le passé, Le Xournal se positionne, comme un rempart, contre toute tentative de l’abolir.

Il faut reconnaître que lors des élections législatives de 2005, aucun membre de la communauté créole sous la bannière du PTr n’a pu se faire élire. Heureusement, grâce au Best Loser System, des candidats comme James Burty David, Jean-François Chaumière ou encore Etienne Sinatambou ont été repêchés et ont pu faire leur entrée au parlement. Cette formule a permis, en quelque sorte, de maintenir un certain équilibre au parlement. De plus, ces trois candidats qui ont été repêchés ont aussi eu la chance d’être ministres. Imaginez-vous s’il n’y avait pas ce système ? La question ne se pose même pas.

A Le Xournal, nous balayons d’un revers de la main les affirmations que le BLS est communal. En effet, il n’a jamais été communal il a permis à Motee Ramdass et à Ravi Yerrigadoo qui sont tous deux membres de la communauté majoritaire de bénéficier d’un siège au parlement après les élections de 2000.

Cette formule assure aussi une représentativité de la communauté musulmane au parlement. Depuis 1976 jusqu’aux élections de 2010, 335 hindous, 140 candidats issus de la population générale, 74 musulmans et 9 sino-mauriciens ont été élus au First Past The Post. Les 62 premiers élus ont ainsi été en moyenne 37 à 40 hindous alors que les candidats issus de la population générale (créole), musulman et sino-mauricien respectivement se partagent les 20 autres sièges restants. Même avec ses faiblesses, le BLS rassure la communauté musulmane.

Décidé par sir Abdool Razack Mohammed, l’un des Founding Fathers de la Constitution, l’objectif de ce système était de protéger les minorités de ce pays. C’est un système de ‘fairness’ étant donné que le mécanisme est connu d’avance. Jusqu’ici, le BLS a permis à plusieurs filles et fils du sol qui n’auraient certainement aucun avenir politique de faire leur entrée au parlement afin de servir leur pays. Georgie Candahoo, Kamil Ramoly, Karl Offman, Régis Finette, Paul Bérenger et Anwar Oomar, sont autant de noms de politiciens qui ont pu bénéficier de ce système. De plus, lors des élections de 2005, il y avait une marge de 14 voix entre le troisième candidat qui avait été élu dans la circonscription No 1 (Port-Louis Nord/Grande Rivière Nord-Ouest), notamment Jean-Claude Barbier et le candidat rouge, James Burty David. Heureusement que ce système lui a permis d’obtenir un siège au parlement.

Nombreux sont les politiciens de tous bords politiques et mêmes des hommes publics qui se sont dressés comme un rempart contre toute tentative d’abolir le Best Loser System qui à la base est l’un des facteurs contribuant à préserver la paix et l’harmonie sociale au sein du pays.

Nous reproduisons ce que Me Yousuf Mohamed a dit à ce sujet mais aussi les propos de Sir Anerood Jugnauth en raison de l’importance de ce dossier.

Me Yousuf Mohamed SC : « Avocat D’Unienville ine dir dan Minority Voice ki li pou maintien BLS pou la tranquilité dans le pays »

« Nou bane grands dimounes ine la guerre pou change tou sa. Ine mette BLS dan Constitution pou éna représentants ki pou laguerre pou ou, pou nou vive en paix ek dan l’unité nationale. This community stands second to none. Nou oussi bon ki lezot mais ki arrivé kan bizin éna méritocratie’ ? Je cite le cas de Hyderkhan ; tout juste quand il a fallu le nommer Commissaire de police, on a parachuté un vaish pour le priver d’une promotion bien méritée. ‘Eski ène mizilman, ène sinois, ène tamoul, pa kpav vine CP, vine chairman PSC ? Avocat D’Unienville ine dir dan Minority Voice ki li pou maintien BLS pou la tranquilité dans le pays. Eski deux dimounes ki pou décider ou bien tous les leaders, toute l’opinion publique ki bizin pran part dan sa débat-là ? Mo donne SAJ raison lor deux zafer, maintien BLS et ki li oussi éna so mot à dire lor réforme électorale. Reza Issack li imprévisible, mais line dir moi ceki so cominoté dir li,   li pou fer. Si Reza Uteem kpav dir NON so leader, mo charié li lor mo zépol’. (Applaudissements quand le député mauve affirme qu’il dira NON quand il le faut.) ‘Mo pou la guerre pou maintien BLS et mo pou contan zot ensam ek moi’.»

SAJ : « Ki ditort Best Loser ine fer ? Moi mo dir bizin maintenir BLS»

Dans le sillage de l’indépendance, il y a eu des discussions autour du système électoral. Parlez-nous en ?

Je dois dire une chose : Sir Abdul Razack Mohamed a été très ferme lorsqu’il a été question de discuter des droits des minorités et de leur représentation au Parlement. Il insistait pour des garanties pour que chaque composante minoritaire soit représentée à l’Assemblée législative. C’est ainsi que Stonehouse est venu chez nous avec une formule et nous l’avons acceptée. Le système qu’il a proposé comme l’a souhaité Razack Mohamed visait à maintenir la paix et l’harmonie entre toutes les communautés. Avec le Best Loser System, il n’y a pas eu de bagarre raciale, de révolte, d’instabilité sociale, après l’indépendance, le système garantissant la représentativité au Parlement et les droits des minorités. « Li vital pou ène pays progressé. Pa kapav remette BLS en question, line fer péi prospéré, line fer tou dimounes vivre heureux. »

Selon vous, qu’est-ce qui expliquerait la décision du Premier ministre de vouloir enlever de notre mécanisme électoral un système qui a fait ses preuves, qui a donné satisfaction ?

« Sa li pou bien difficile pou moi pou dir ou ki éna dans latet sa Premié minis-là ! Dimoune ki pé rode touche Best Loser pé rode lagratelle.» Le BLS a prouvé qu’il est synonyme de paix et d’harmonie, de progrès et de stabilité, « et faudré pa ou vine mette difé kot pa bizin. Faudré pa écoute bane fous. Rézistans ek Alternativ ki zot vaut sa ? Ramgoolam bizin pa écoute fouka et mette difé dan péi..

Quand un touriste vous demande qui vous êtes, que veut-il en savoir au juste ? Si vous êtes hindou, musulman, sino-mauricien, catholique, etc. car il sait qu’il est à Maurice, n’est-ce pas ?

« Ki ditort Best Loser ine fer ? Moi mo dir bizin maintenir BLS. Si mo revine PM, mo pou maintenir li et mo pou disposé alle divan Nations-Unies pou défanne sa. » Navin Ramgoolam trouve que c’est un mal « mais ki dimal Best Loser ine fer sa péi-là alors ki tou le temps système-là ine fer di bien ? Nou PM-là bien souvent li déraisonner et sa péna doute là-dan.»

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