Marc Ravalomanana a concédé sa défaite à l’élection présidentielle face à Andry Rajoelina, mercredi 9 janvier, dans un message enregistré. Trois minutes en forme d’apaisement. Un ton visiblement repris par l’ensemble de son clan.
Au lendemain des résultats officiels, Marc Ravalomanana s’est exprimé pour la première fois. Dans un message enregistré de trois minutes, il concède sa défaite, félicite le gagnant et en appelle à la réconciliation des Malgaches.
« Andry Rajoelina est élu Président de la République et je le félicite », a lancé Marc Ravalomanana, au lendemain de la proclamation de la victoire d’Andry Rajoelina par la Haute Cour constitutionnelle.
C’est une courte vidéo publiée en fin de journée, mercredi, qui a finalement arrêté la position de Marc Ravalomanana. L’ancien président malgache, candidat déçu à la présidentielle, accepte le verdict des urnes confirmé la veille par la Haute Cour constitutionnelle (HCC), la victoire d’Andry Rajoelina, et sa propre défaite dans l’élection présidentielle malgache. La crise post-électorale entre lui et Andry Rajoelina – tant redoutée à Madagascar – n’aura donc pas lieu.
« Andry Rajoelina est élu Président de la République et je le félicite. Je lui souhaite du succès dans l’accomplissement de sa tâche. Les Malgaches ont besoin d’aide. J’aimerais qu’on arrête les poursuites, les diffamations, les arrestations, et les condamnations des innocents. Il est temps pour la réconciliation, l’amour, la solidarité », a-t-il notamment déclaré, la voix lente et un brin mélancolique.
Mardi, la HCC – dont les décisions n’émettent aucun recours légal – avait rejeté toutes les requêtes des candidats et confirmé au centième près les chiffres provisoires de la Commission électorale nationale indépendante. Les résultats définitifs donnent 55,66 % à Rajoelina, 44,34 % à Ravalomanana, pour un taux de participation de 48,09 %.
Fanirisoa Ernaivo et Serge Imbeh, candidats qui se sont ralliés à Marc Ravalomanana au second tour, ont eux-aussi déclaré accepter ce verdict, non sans amertume. « Il y a eu tellement de fraude et de triche. La HCC n’a fait que légitimer tout cela. Le constat est désolant. Je suis sidérée », regrette Fanirisoa Ernaivo, contactée par Jeune Afrique. Leur camp avait dénoncé des « fraudes massives » et organisé des manifestations non autorisées sur la symbolique place du 13 mai, dont certaines dispersées par la police à coup de gaz lacrymogène.