Depuis le 4 septembre dernier, une nouvelle maladie touche les tomates à Maurice. En effet, la « Tuta Absoluta », la peste de la tomate (“tomato leaf miner”), attaque la tomate et autres légumes, dont le piment, l’aubergine et le poivron. Pour empêcher cette maladie de gagner Rodrigues, la Commission de l’Agriculture demeure vigilante. Lors d’une conférence de presse, le jeudi 12 septembre dernier à Citronnelle, le Commissaire de l’Agriculture, Richard Payendee, a annoncé les mesures de biosécurité prises afin d’empêcher l’entrée de cette peste dans l’île. Il lance également un appel à la responsabilité citoyenne sur l’importation de produits et autres végétaux de Maurice. Le Commissaire de l’Agriculture a aussi annoncé l’introduction prochaine des règlements pour interdire l’utilisation de certains pesticides chimiques dans l’île.
La tomate, le piment, l’aubergine (bringelle) et le poivron sont, jusqu’à nouvel ordre, des produits qui ne sont pas autorisés à l’importation. Après l’attaque du « Fall Army Worm », la chenille légionnaire, sur l’agriculture à Rodrigues, la Commission de l’Agriculture préfère être avant-gardiste face à cette nouvelle maladie. « Nous avons constaté que pour chaque vol qui vient à Rodrigues, des insecticides sont pulvérisés dans l’avion, mais en revanche, tel n’est pas le cas au port. Tous les conteneurs en provenance de Maurice devront être pulvérisés d’insecticides. Nous enverrons une correspondance aux autorités concernées à Maurice pour avoir leur soutien dans ce sens et de s’assurer que tous les conteneurs soient pulvérisés d’insecticides avant d’être embarqués pour Rodrigues », déclare le Commissaire de l’Agriculture, Richard Payendee. De plus, la Commission de l’Agriculture attend la remise en opération d’un « scanner », au coût de Rs. 600 000, à l’aéroport pour scanner les bagages.
« J’en profite pour demander aux voyageurs de faire preuve de responsabilités pour dire « non » aux produits qui pourraient causer des dégâts irréversibles à notre pays. Nous comptons mener des campagnes de sensibilisation à travers l’île pour informer la population du danger qui peut menacer notre agriculture », soutient le Commissaire Payendee. La « Tuta Absoluta » est une peste ravageuse et très dangereuse qui se propage très vite, surtout à température chaude, explique Jérome Félicité, Scientific Officer auprès de la Commission de l’Agriculture. « Cette peste attaque, non seulement les fruits de l’arbre, mais également les tiges, les troncs et les feuilles. Elle attaque en plein champs et aussi sous les serres. C’est un autre gros danger pour l’agriculture, que nous devons à tout prix éviter de toucher notre île », avance Jérome Félicité. Pour éliminer cette peste, plusieurs moyens existent, par exemple, en posant des trappes, comme celui utilisées pour contrer la chenille légionnaire, à travers le contrôle biologique pour diminuer la population, ou avec les pesticides appropriés. Si cette peste attaque l’île, les consommateurs pourront s’attendre à une flambée des prix de ces légumes, qui seront rares sur le marché.
Bannissement de certains insecticides et pesticides chimiques à Rodrigues
Par ailleurs, la Commission de l’Agriculture, se penche activement sur l’introduction de nouveaux règlements pour interdire l’utilisation de certains pesticides à Rodrigues. « Nous avons effectué une étude sur le marché et nous avons réalisé que certains pesticides, qui sont bannis dans les autres pays, mais par contre, ces produits sont toujours largement en vente et utilisés à Rodrigues. A la Commission de l’Agriculture, nous avons pris la décision d’introduire une loi pour bannir les insecticides et pesticides chimiques à Rodrigues avant décembre de cette année », annonce le Commissaire de l’Agriculture. Ces règlements seront préparés de concert avec le Ministère de l’Agro-Industrie et de la Sécurité Alimentaire. Pour Richard Payendee, la santé de la population et des facteurs environnementales, justifieraient cette nouvelle mesure.
Quatre variétés de ces produits sont concernées, notamment, un fongicide, une herbicide et deux types d’insecticides. Une équipe de la Commission de l’Agriculture effectue des recherches approfondies sur ce sujet. La Police de l’Environnement aura pour tâche de dresser une liste de tous ces produits qui concernés par ces nouveaux règlements.
« Je lance un appel aux importateurs afin qu’ils prennent en compte la santé de la population. Il ne faut pas que l’importateur se concentre uniquement sur l’aspect de faire des profits. Nous prônons les pesticides bio. Même si c’est un peu cher, nous sommes disposés à mettre une subvention pour faire baisser le prix », ajoute le Commissaire Payendee. En attendant l’introduction de ces règlements, une campagne de sensibilisation sera menée auprès des planteurs. Le Commissaire de l’Agriculture a tenu à attirer l’attention des planteurs sur le danger de certains pesticides.