« Recevoir et envoyer : l’appel de Pentecôte de Mgr Durhône »

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À l’occasion de la solennité de la Pentecôte, Monseigneur Jean‑Michel Durhône a livré une homélie profonde et rassembleuse au Collège St Mary’s, Rose Hill, lors de la célébration marquée par la confirmation de plus de 80 catéchumènes. Son appel principal : rendre grâce pour l’action vivifiante de l’Esprit Saint, confesser nos fermetures et nous laisser façonner par l’Esprit pour bâtir “l’Église à venir”, synodale et missionnaire.

Remercier pour l’œuvre de l’Esprit: Mgr Durhône a d’abord rendu grâce pour la puissance douce de l’Esprit, capable de transformer le cœur et de susciter l’audace évangélisatrice. Il a rappelé que la Pentecôte manifeste l’universalité de l’Église : des langues et cultures diverses deviennent une seule proclamation. À Maurice, cette réalité se traduit concrètement par des liturgies en créole, français, anglais, tamoul, mandarin et par les célébrations des communautés malgache, malayalam, tagalog ou swahili.

La confirmation, a‑t‑il souligné, confirme le baptême et actualise les sept dons de l’Esprit (sagesse, intelligence, conseil, force, connaissance, piété, crainte de Dieu). L’engagement des confirmands est une invitation pour tous à redécouvrir la grâce baptismale et à raviver la vocation missionnaire commune à tous les baptisés — clercs, consacrés et laïcs — dans leur égalité fondamentale.

Reconnaître et confesser nos fermetures: L’évêque a ensuite appelé à l’humilité : reconnaître les résistances qui ferment nos portes à l’Esprit. Comme les disciples enfermés par la peur, nous risquons de nous satisfaire d’habitudes, d’accepter l’injustice sociale ou de banaliser la violence et la dépendance qui blessent familles et jeunes. S’inspirant de l’enseignement des papes, il a mis en garde contre l’indifférence et le confort qui anesthésient la compassion et le sens de la mission.

La Pentecôte, a‑t‑il rappelé, lie l’Esprit au pardon et à la réconciliation. La conversion pastorale demandée exige de dépasser le “on a toujours fait ainsi” : elle implique de réparer les relations blessées, de prendre soin des prêtres et des ministères, et de construire des collaborations fraternelles entre tous les acteurs de la vie ecclésiale.

Vers une Église synodale et engagée: Enfin, Mgr Durhône a invité la communauté à accueillir une Église en sortie, attentive aux blessures du monde. La synodalité, fondée sur l’écoute, le dialogue et le discernement, est la voie pour reconnaître les signes d’espérance et définir des réponses pastorales adaptées. Concrètement, l’Église à Maurice devra intensifier ses actions face aux fléaux sociaux — prévention et accompagnement contre la drogue, soutien aux familles affectées, sensibilisation des jeunes — et s’engager pour la protection de la création et la lutte contre les discriminations, notamment dans le monde du travail.

Pour soutenir ce mouvement, le diocèse proposera après août un itinéraire paroissial d’initiation à la spiritualité synodale. En juillet, la venue de Sœur Nathalie Becquart, du Secrétariat du Synode à Rome, permettra d’approfondir ces dynamismes lors de la retraite du clergé et de rencontres diocésaines. À l’issue de la célébration, l’évêque a officiellement envoyé en mission une équipe synodale chargée d’écouter, discerner et proposer de nouveaux chemins pastoraux, dont la mise en place d’ensembles pastoraux.

Appel à la mission et à la conversion: L’homélie s’est conclue sur un appel vibrant : que l’Esprit de Pentecôte souffle sur l’Église pour la renouveler, ouvrir les portes et les cœurs, et conférer l’audace d’aller vers les autres. Aux confirmands, Mgr Durhône a adressé un message d’envoi : recevoir l’Esprit et témoigner avec joie. À toute la communauté, il a demandé de cultiver le dialogue, la conversion pastorale et l’engagement concret en faveur de la justice sociale et de la réconciliation.