Le dur combat de Sylvette, une femme au grand cœur…

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Les traits marqués, un foulard sur la tête et depuis février des boules masseuse sur l’estomac, tous les éléments se sont réunis pour montrer que Sylvette Jummun est gravement malade. Atteint d’un cancer intestinal, l’habitante de Curepipe, âgé de 46 ans, ne peut plus cacher ce mal qui le ronge et qui l’affaiblit de jour en jour. Dos au mur, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le combat de sa vie, elle le mène quotidiennement afin de trouver la force pour poursuivre ses traitements et qui sait un jour retrouver la forme pour voir grandir sa dernière fille.

Cela fait maintenant sept ans, que cette mère de famille vit avec cette maladie. La quadragénaire d’origine rodriguaise que tous connaissaient comme une femme très forte n’a désormais droit qu’a des mouvements limités et des douleurs atroces qui remplissent même les yeux du personnel médical de larmes de compassion. Pourtant dit-elle avant sa maladie, elle était une personne avec une joie de vivre, qui gagnait sa vie comme aide-maçon. D’ailleurs elle souligne qu’elle a contribué dans la construction de plusieurs bâtiments à Ebène et Port-Louis entre autres

C’est en février que ses boules masseuse ont commencé à grossir. L’ancienne maçonne explique que depuis, elle est clouée au lit souffrant de douleurs atroces sur tout le corps. Sa vie complètement chamboulée s’est résumée qu’à des consultations médicales, des prises de sang, des scanners, des biopsies et des journées entières au lit. Ajoutant à cela le fait qu’elle est munie en permanence d’un port à cath, le dispositif à chambre implantable permettant une voie veineuse centrale pour les traitements injectables ambulatoires.

Croyante, Sylvette si elle est dans cette situation, c’est uniquement un autre défi que dieu a mis sur sa route. Des médecins l’avaient déjà prévenu dans un passé plus lointain qu’il y avait des risques qu’elle soit touchée par ce cancer en cas d’accouchement mais à l’époque, elle ne voulait pas y croire. Aujourd’hui, c’est cette même enfant qui s’occupe d’elle, lui donne à manger, à boire et l’aide dans tous ses besoins et déplacements et pour qui elle veut retrouver sa santé.

Au total, c’est six enfants que Sylvette a mis sur terre. Les cinq autres, dont le premier est âgé de 30 ans, ont eu leur propre ménage mais passent de temps en temps pour prendre de ses nouvelles et lui donner du soutien. Ainsi, elle est entourée quotidiennement de son compagnon, de sa dernière fille qui est en forme 4 et d’un de ses petits-enfants âgés de 17ans. Le comble est que la petite famille vit partiellement avec la pension d’invalidité que Sylvette perçoit. Son conjoint lui effectue des petits travaux et rapporte de l’argent uniquement quand ses services sont demandés. 

Bien que le cancer lui soit insoutenable, la mère de famille affirme que leurs situations financières servent davantage de fardeau dans cette vie déjà compliquée. Depuis les sept dernières années, elle dépend de l’hôpital de Candos pour ses traitements et ses médicaments mais depuis peu avec l’aggravement de son état de santé, elle est contrainte de faire des biopsies avec des médecins privés car ne pouvant soutenir la douleur et d’attendre ses chimio à l’hôpital qui se fait sur la base fréquente de trois semaines.

Le peu d’argent qu’elle possède sombre dans les transports pour l’emmener à l’hôpital, des médicaments supplémentaires, sa nourriture et le loyer de sa maison. Sa fille se démène quant à elle tant bien que mal pour aller à l’école avec les moyens disponible. Si la quadragénaire possède d’ailleurs un seul rêve, c’est bien celle d’avoir pour une fois dans sa vie avant qu’elle ferme les yeux sa propre maison. « Mon compagnon n’est pas le père de ma fille. Dans l’optique que cette maladie m’emporte, je veux au moins laisser un toit pour ma fille. Même si je sais que mon conjoins prendra soin d’elle, je veux qu’elle ne dépende de personne et je voudrais aussi me sentir chez moi » dit-elle la voix tremblante.

Pour sylvette, le cancer, est comme un compagnon de route très encombrant. La première fois, on le met à la porte en disant « bon allez, je ne veux plus te voir »,  et puis soudain, il revient par la fenêtre … «  En réalité, on ne l’oublie jamais car il y a toujours cette épée de Damoclès, cette peur qu’elle ne nous quitte jamais et qu’elle remporte la partie » confie la quadragénaire. Pourtant la quadragénaire ne veut pas perdre espoir. Selon elle, tout dépendra de la volonté de dieu. « depuis un temps déjà, j’ai remis mon sort entre les mains de mon créateur, s’il veut que je me rétablisse personne ne pourra contrer sa volonté. Et ce ne sera pas les humains qui pourront me guérir » ajoute t-elle.

Aussi, elle porte un intérêt particulier pour les autres patients qui souffre comme elle mais qui n’ont personne pour les soutenir. « je suis dans un état de vulnérabilité sinon j’aurais fait tout mon possible pour apporter un peu de soulagement pour les autres femmes atteint de cancer. Je sais comment c’est difficile mais je ne peut rien faire ». Dans cette lancée, elle lance un appel pour que ceux ayant la capacité viennent soutenir ces patients.

Autres sujets qui l’inquiète, le fait que les patients soient menacés par la pandémie de coronavirus. Car leur système immunitaire ne les protège pas suffisamment. « Les malades qui sont atteints d’un cancer reçoivent des chimiothérapies, des radiothérapies et différents traitements qui, en plus du cancer lui-même, peuvent faire baisser l’immunité, ce qui, selon les spécialistes, multiplie par quatre le risque d’hospitalisation en cas d’infection.

Elle ajoute que c’est aussi difficile de poursuivre ses traitements durant cette période de confinement. « Plusieurs soins, qu’ils soient thérapeutiques ou chirurgicaux, ont été modifiés, voire reportés, pour éviter tout risque de contamination des patients par le virus. Opérations chirurgicales reportées, chimiothérapies et radiothérapies décalées. D’ailleurs, le personnel médical affecté à ces départements a également vu son plan de travail bousculé, car appelé aussi à être, à un moment ou un autre, on the frontline face au Covid-19.

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