Îles Chagos : Souveraineté territoriale et décolonisation…

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L’ONU favorise le contrôle mauricien sur les îles Chagos en rejetant les timbres-poste britanniques

  • Le refus de reconnaître les timbres-poste du British Indian Ocean Territory (BIOT) est la dernière initiative pour revendiquer la souveraineté mauricienne
  • Pr Philippe Sands (QC) : « It is a significant decision that gives effect of the ICJ ruling, one further step in the removal of BIOT from international maps and consciousness”

Un article paru dans The Guardian du 16 mai 2 021, explique que les timbres-poste émis par le BIOT Territoire britannique de l’océan Indien pourraient bientôt être rendus invalides après que le United Nations’ Universal Postal Union (UPU) a recommandé qu’ils ne soient plus reconnus, dans la dernière étape rejetant la revendication du Royaume-Uni sur les îles Chagos.

Le ‘move’ de l’UPU, la deuxième organisation internationale la plus ancienne, est en reconnaissance de la souveraineté mauricienne sur les îles stratégiquement importantes de l’océan Indien et est la première des nombreuses agences spécialisées des Nations Unies, telles que la « CIVIL Aviation Organisation and International » et le  Fonds Monétaire International (FMI).

Paiement de 4 millions de livres

En janvier, conformément à un avis consultatif de la Cour internationale de justice, la « UN’s Special International Maritime Court » a statué que Maurice avait raison de revendiquer les îles Chagos. Le Royaume-Uni a conservé la possession de ce qu’il appelle le BIOT  après l’indépendance de Maurice en 1968, payant en fait à Maurice plus de 4 millions de livres sterling pour les îles.

Faisant référence aux décisions de justice, le conseil d’administration de l’UPU a recommandé à ses 192 Etats membres « de cesser l’enregistrement, la distribution et l’acheminement de tous les timbres-poste émis par le territoire anciennement connu sous le nom BIOT.  Cette instance des Mations Unies prévoit de prendre un vote sur la question prochainement.

Le professeur Philippe Sands QC, avocat de Maurice, a déclaré ceci :  « It is a significant decision that gives effect of the ICJ ruling, one further step in the removal of BIOT from international maps and consciousness. Mauritius, the African Union and many other countries are taking active steps to give effect to Mauritian sovereignty, ensuring that no international organisation recognises Britain’s illegal occupation: from fishing to transport, stamps and coins, even the .io domain name, change is in the air.”

En février, le BIOT a émis une nouvelle série de timbres-poste, intitulée : «Sea Slugs of the British Indian Ocean Territory». Une série de pièces de 50 pence, représentant l’une des six créatures marines différentes d’un côté et la tête de la reine de l’autre, a également été récemment émise au mépris des décisions des tribunaux.

Expulsion entre 15 00 et 2 000 Chagossiens

En 2014, le chef d’une société britannique, appelée Internet Computer Bureau, à laquelle les droits de vente .io ont été attribués, a affirmé avoir partagé les bénéfices de la vente des noms de domaine populaires avec le gouvernement britannique, mais cela a été refusé par le gouvernement.

Au début des années 70, entre 1 500 et 2 000 ‘islanders’ des Chagos ont été expulsés de force afin que la plus grande île, Diego Garcia, puisse être louée aux États-Unis pour servir de base aérienne. Ils n’ont jamais été autorisés à revenir.

Il faut dire que le dossier des Chagos est accueilli favorablement à Maurice, d’autant plus que cette décision de l’UPU ouvre la voie à mise en application effective des conclusions de l’Advisory Opinion de la Cour international de justice, avec la reconnaissance formelle de la souveraineté de Maurice sur ce territoire.

Efforts de Maurice

A ce jour, la partie mauricienne avait axé ses efforts par rapport à l’expulsion du Royaume-Uni en tant que Coastal State Member au sein de la Commission des thons de l’Océan indien, avec pour paravent l’archipel des Chagos.

Le dossier des Chagos, en particulier la délimitation de la frontière maritime au nord de l’archipel entre Maurice et les Maldives, est une des priorités du gouvernement mauricien. Or, Maurice doit soumettre au plus tard le mardi 25 mai à la Special Chamber de l’International Tribunal for the Law of the Sea (ITLOS) ses prétentions argumentées au sujet de la l’exercice de sa souveraineté maritime. Cette démarche qui fait l’objet de contestation et de revendication de la part des Maldives.

A ce niveau, Maurice a déjà remporté la première manche décisive avec le « Ruling » de cette Special Chamber, présidée par le président du Tribunal International du droit de la mer, Jin-Hyun Paik, de Corée du Sud, avec les attendus de l’arrêt du 28 janvier dernier.

En dépit de tous ces revers, Londres continue de défier l’Advisory Opinion de la Cour Internationale de justice du 25 février 2 019 et la Résolution 73/295 de l’Assemblée générale des Nations Unies du 22 mai 2 019, notamment d’évacuer sans condition les Chagos, avec un Statement relatif en ce sens à la House of Lords  lors de la séance du 29 avril dernier.

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