Jay Mootoosamy, marchand de tisanes… Une tradition qui se perpétue de génération en génération

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En quatre générations, la famille Mootoosamy a créé et consolidé une niche bien protégée, celle des herbes aromatiques et médicinales. Actuellement, c’est Jay Mootoosamy, âgé de 54 ans, qui gère le ‘patrimoine familial’. En effet, il possède un étal au marché central de Port-Louis où il commercialise une variété de tisanes communément appelées ‘recettes de grand-mère’. Rencontre…

Hope Jean-Louis

La vente d’herbes aromatiques et médicinales (tisanes) est comme une histoire de famille chez les Mootoosamy. « Depuis plusieurs générations, ma famille vend de la tisane au marché de Port-Louis. Mon arrière-grand-père, mon grand-père, mon père ont été tous marchands de tisanes. Je suis fier d’être la quatrième génération à perpétuer cette tradition familiale », confie Jay Mootoosamy, marchand de tisanes avec un sourire au visage. Ce dernier indique s’être inspiré de son père et de son grand-père.

Notre ami nous révèle aussi que son arrière-grand-père, qui est arrivé de l’Inde, a bâti le succès de cette petite entreprise. « Mon arrière-grand-père était très méthodique et avait en sa possession un livre imprimé en 1898. S’y trouvaient des recettes de 500 plantes et herbes pour la préparation de tisanes pour guérir différents maux. C’est ainsi qu’il a eu l’idée de mettre sur pied ce petit commerce », avoue-t-il. Et d’ajouter que ce commerce compte plus d’une centaine d’années d’existence. Ce dernier nous fait aussi part que le livre de son défunt arrière-grand-père qui est d’une grande valeur, a été envoyé en France pour être relié.

Le travail

Sa journée de travail débute quotidiennement à 6h30 et il termine vers les 17h00 du lundi au samedi. Cette année, cela fait 25 ans qu’il s’adonne à ce métier. Comment prépare-t-il ses tisanes ? A cette question, le quinquagénaire nous explique que : « Je me procure les herbes médicinales avec d’autres personnes qui vont les cueillir dans des forêts ou sur les montagnes. J’achète ces herbes médicinales avec eux pour ensuite les revendre aux membres du public. »

Sur l’étal de Jay Mootoosamy, on peut compter une cinquantaine d’herbes médicinales exposées. Sur de petits cartons, figurent les noms des maladies que ces tisanes peuvent traiter. Par exemple, pour le rhumatisme, ce sont les racines du collier Cipaye ou le bois de ronde qu’il faut utiliser. Il existe aussi des tisanes pour lutter contre la cellulite, le cholestérol, le rhumatisme, l’eczéma, le stress, le diabète, la ménopause, l’asthme, l’insomnie et autres maladies.

 « J’ai aussi des plantes médicinales pour faire maigrir. L’usage de ces plantes peut aider à rééquilibrer le corps humain et à maintenir l’individu en bonne santé. En sus de cela, la personne doit toujours avoir une alimentation saine et  faire des exercices », fait-il ressortir. Il ajoute que dans le passé, il avait entrepris des études en pharmacie et qu’il possède des connaissances dans l’allopathie (mode habituel de traitement médical qui combat la maladie en utilisant des médicaments qui ont un effet opposé aux phénomènes pathologiques). « Je sais que des fois lorsque qu’on est malade, on a tendance à prendre des médicaments afin d’obtenir des résultats rapides. Je conseillerais aux malades de se tourner vers les herbes médicinales qui sont naturelles et qui n’ont aucun effet secondaire », suggère-t-il.

Outre les herbes médicinales, Jay commercialise aussi des fioles d’huiles  importées de la Grande Péninsule. Ces huiles, explique-t-il, sont à base d’herbes médicinales qui peuvent servir comme remèdes contre les douleurs musculaires et articulaires. « Je vends aussi des produits pour les cheveux,  les problèmes de peau et du corps entre autres », ajoute-t-il.

Le quinquagénaire se dit très satisfait de son travail et de son parcours. Il puise sa force de la satisfaction de ses clients. « Parmi mes clients, il y a des médecins de l’étranger et même des médecins et infirmiers mauriciens qui viennent m’acheter des herbes médicinales. Je n’ai jamais eu de reproches », dit-il tout fièrement. Et d’ajouter qu’il est davantage satisfait par les étrangers compte tenu que ces derniers ont une alimentation saine.

Le traitement par tisanes, qui est cyclique, dure de 28 jours. « Le prix de ces sachets de plantes revient à Rs 15 par jour. Je trouve que le prix proposé n’est pas cher en comparaison avec d’autres produits pharmaceutiques qui sont en vente un peu partout à travers l’île », reconnaît-il.

Jay est un homme comblé. En effet, il a aussi eu la chance, dans le passé, de représenter Maurice lors d’une compétition organisée par l’Unesco sur les herbes médicinales en Inde. Entre-temps, il continue à commercialiser ses herbes magiques au marché central de Port-Louis. Une visite vaut vraiment le détour !

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