Les estimations de la performance économique du pays en 2019 se veulent encourageantes. En effet, l’Economic Development Board (EDB) a présenté, ce mardi 29 janvier, les grandes lignes de son plan d’action. Ses objectifs sont d’accroître les investissements directs étrangers à Rs 19,9 milliards, de continuer à progresser dans le classement ‘Doing Business’ de la Banque mondiale et d’augmenter le montant des exportations de biens et services. Cela sur la base de la performance enregistrée au cours des dernières années. En 2018, le total des exportations de biens et services ont affiché une progression de quelque Rs 1,4 milliard comparé à 2017.
« Ces chiffres démontrent que les bases de l’économie mauricienne sont saines et nous sommes confiants aujourd’hui de pouvoir passer à un autre palier de développement. Accélérer, diversifier et innover sont les trois axes sur lesquels nous allons nous appuyer en 2019 pour atteindre nos objectifs. Avec une diversification de notre base industrielle et une plus grande visibilité de Maurice sur les marchés stratégiques, nous mettons tout en oeuvre pour permettre la réussite de la mission de l’EDB. Cela dépendra cependant d’autres facteurs intrinsèques comme la connectivité, une éducation mieux adaptée aux besoins de l’économie et l’ouverture à l’expertise internationale », déclare François Guibert, CEO de l’Economic Development Board.
En 2018, les investissements directs étrangers, excluant les réinvestissements par les entreprises étrangères, sont estimés à Rs 14,9 milliards. En 2019, l’EDB compte atteindre Rs 19,9 milliards grâce aux projets déjà mis en chantier dans des domaines tels que la santé, l’éducation, le secteur manufacturier, le stockage de produits pétroliers, l’économie océanique et l’hôtellerie, entre autres.
« Aujourd’hui, les investissements directs étrangers sont répartis dans des secteurs variés. Même si l’immobilier représente 47 % du total des flux d’investissement durant ces huit dernières années, il faut faire ressortir que c’est un passage obligé pour héberger d’autres industries et activités », explique Sachin Mohabeer, Head of Department – Real Estate & Hospitality à l’EDB. « L’immobilier ne se résume pas uniquement aux résidences de luxe, mais concerne aussi les espaces de bureaux, commerciaux et industriels. C’est un pilier autour duquel peuvent se développer de nouvelles activités et capable d’attirer des investisseurs dans des secteurs porteurs, notamment des sociétés engagées dans l’intelligence artificielle, les industries créatives et d’autres activités liées aux technologies de pointe », ajoute l’expert.
De 2015 à 2018, le flux d’investissements directs étrangers a enregistré une moyenne de Rs 18,2 milliards alors que de 2011 à 2014, la moyenne annuelle a été de Rs 16,4 milliards, ces chiffres incluant les réinvestissements et les ‘exceptional items’. Les investissements directs étrangers sont composés de cinq éléments qui sont l’investissement direct, les réinvestissements, les fusions et acquisitions, l’achat d’équipements et les ‘exceptional items’. Les chiffres publiés par la Banque de Maurice sont réactualisés à la lumière du ‘Foreign Assets and Liabilities Survey’ annuel. « L’EDB a une stratégie bien définie pour atteindre les Rs 19,9 milliards. Ce chiffre exclut les réinvestissements et les ‘exceptional items’ », fait ressortir François Guibert.
L’un des secteurs ayant connu la progression la plus importante, mais aussi la plus constante au cours des cinq dernières années a été celui des services financiers. En 2019, l’EDB concentrera ses efforts sur trois axes afin de consolider davantage le statut de Maurice comme centre financier de choix pour les marchés émergents, incluant l’Afrique : assurer une meilleure visibilité internationale, attirer les grosses pointures mondiales, surtout dans des domaines tels que le ‘treasury management’, le ‘wealth management’, les cabinets juridiques internationaux et les banques d’investissement afin de protéger et de renforcer la réputation de Maurice en tant que centre financier.
« La valeur ajoutée de Maurice en tant que centre financier va au-delà des avantages fiscaux. D’ailleurs, plus d’un tiers des flux d’investissements vers l’Afrique vont dans des pays avec lesquels Maurice n’a pas encore signé de traité fiscal comme le Kenya, la Tanzanie, le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire. De 2012 à 2017, les investissements à travers Maurice vers ces cinq pays ont atteint USD 32 milliards », souligne Faraz Rojid, Head of Financial Services à l’EDB.
« Dans un contexte économique marqué par de fortes incertitudes telles que le Brexit, la guerre commerciale entre les USA et la Chine, l’instabilité dans la zone UE et en Amérique latine, l’Afrique restera l’une des valeurs montantes à moyen et long terme. Maurice, à travers nos accords de coopération avec le continent et la stratégie de diversification de nos sources d’investissement, est aujourd’hui bien placé pour profiter de cette embellie africaine », souligne François Guibert.