Soupçon de matricide à Mahébourg :Un bras démembré découvert, laisse penser que Madoomuttee Mungrah a été découpée avant d’être brulée dans sa chambre

in Fait Divers

Vidoor Mungrah, continue de nier qu’il a tué sa mère

Le suspect, un toxicomane faisait vivre un enfer à la sexagénaire

Depuis dimanche dernier, les limiers de la MCIT mettent tout en œuvre pour faire la lumière sur la mort de Madoomuttee Mungrah, retrouvée calcinée dans sa maison à Ville-noire, Mahébourg. Après que l’autopsie a révélé que la mère de famille de 62 ans, a été sauvagement tuée avant d’ètre brulée dans sa chambre, les enquêteurs ont redoublé d’effort pour pouvoir élucider ce crime sordide. Ainsi, au cours de la semaine, a eu lieu, une série de recherche et d’interrogatoire pour confirmer la thèse des policiers, selon laquelle, c’est bien Vidoor Mungrah, le fils de la victime, qui aurait mortellement agressé sa mère avant de mettre le feu à son matelas.

Si de son côté, Vidoor Mungrah, principal suspect du meurtre et toxicomane connu des forces de l’ordre, continue de nier en bloc les allégations de meurtre qui pèse sur lui, les éléments de preuves recueillis jusqu’à présent tendent à dire le contraire. Cela alors que ce mardi 8 aout, un bras démembré de Madoomuttee Mungrah a été retrouvé par les membres de sa famille sur les lieux du crime. Une découverte qui désormais pousse la police à soutenir que le corps de la victime aurait été découpé à l’arme blanche avant l’incendie. Et qui a donné une autre tournure à l’enquête

Existence minée

Ce terrible drame qui s’est produit à Ville-Noire, Mahébourg, aux petites heures du matin, dimanche dernier, a déjà fait délier plusieurs langues. A commencer par les voisins et les proches de la victime. Ces derniers ont soutenu que Madoomuttee Mungrah, qui occupait seule le rez-de-chaussée de sa maison à la rue Fabien, était une bonne personne, pieuse et qui aimait sa tranquillité. Cependant selon les dires, la sexagénaire ne parvenait pas à obtenir la paix bien que son époux et son fils vivaient eux à l’étage. Cela alors qu’elle s’était séparée de son mari pour vivre seule dans une maison, la mère de famille continuait cependant à s’occuper de son mari et même de son fils toxicomane.

Selon le voisinage, la sexagénaire, ne les avait pas abandonnés mais cuisinait chaque jour pour eux. Cependant, si elle était parvenue à garder de bonnes relations avec son mari, son fils lui causait énormément des soucis. Etant addict à l’héroïne, Vidoor Mungrah, âgé de 33 ans, était toujours à court d’argent et ne manquait pas de harceler quotidiennement sa mère pour qu’elle lui donne des sous. Quand la sexagénaire n’avait pas de quoi satisfaire les demandes de son fils, ce dernier devenait violent et parfois n’hésité pas à agresser cette dernière. D’après des informations, il y a environ deux semaines de cela, Vidoor Mungrah aurait menacé celle qui lui a donné la vie, en lui plaçant un couteau sous la nuque. 

Mort atroce

Cela dit, personne ne s’attendait à ce que Madoomuttee Mungrah, connaisse une mort si tragique. D’après les faits, le drame s’est déroulé entre la nuit de samedi soir et dimanche matin. L’incendie se serait déclaré aux alentours de quatre heures du matin mais c’est à peu près une heure plus tard que les autorités concernées recevront l’appel. Lorsque la police de Mahébourg, les pompiers et les officiers de la SOCO sont arrivés sur les lieux, la chambre de la victime été déjà entièrement ravagée par les flammes. Après avoir maîtrisé l’incendie, les pompiers n’ont retrouvé qu’un crâne et des ossements de la mère de famille. Madoomuttee Mungrah avait été complètement consumée par le feu.

Les policiers de Mahébourg ont pu récupérer les restes du corps de la victime soit un bras, son cou et son crâne. Au début, l’hypothèse d’un accident a fait surface car la sexagénaire avait l’habitude de se lever tôt pour allumer de l’encens pour faire sa prière. Cependant, les bouts de corps séparés de la victime ont tout de même été transportés à la morgue de l’hôpital de Candos pour une autopsie. Le médecin légiste, le Dr Prem Chamane, Principal Police Medical Officer, a pratiqué des examens sur les ossements et le rapport médico-légal pratiqué par le Dr Prem Chamane, a fait l’effet d’une bombe.

Elle devait révéler que la mère de famille de 62 ans, a terriblement souffert avant de rendre son dernier souffle. Cela car elle s’est fait fracasser le crâne à trois reprises avec un objet contondant avant d’être brûlée. Cela a été découvert notamment à travers des profondes blessures et des traces de coupures à l’arrière du cou de Madoomuttee Mungrah.

Matricide

Après cette découverte, les enquêteurs ont rapidement mis de côté l’hypothèse d’un accident domestique. L’affaire a été qualifiée de meurtre et le dossier a été transmis à l’équipe d’investigation des limiers de la MCIT. L’époux et le fils de la victime ont été les premiers à être interrogés. Les deux hommes ont été conduits à la Criminal Investigation Division (CID) de Mahébourg pour les besoins de l’enquête. Parallèlement, une première investigation a permis aux enquêteurs de savoir que le samedi soir précédant le drame, Vidoor Mungrah, aurait eu un vif échange avec sa maman.

Dans sa déclaration, l’époux de la victime, a affirmé qu’il dormait au moment des faits et a été réveillé par l’incendie. Cependant, il a confirmé les fréquentes disputes entre sa femme et son fils. De son côté, le trentenaire a catégoriquement nié avoir fait du mal à sa mère lors de son interrogatoire mais ses explications n’ont pas convaincu. L’époux a été autorisé à partir. Mais Vidoor Mungrah, a lui été arrêté par des éléments de la Major Crime Investigation Team (MCIT) du Sud, dirigés par le surintendant Ghoorah. Une accusation provisoire de meurtre a été retenue contre lui. Il a comparu devant le tribunal de Mahébourg, ce lundi 7 août. 

Maquillé

Selon les hommes des inspecteurs Kallypersand, Jugasing et Ramjeetun, placés sous la supervision du surintendant de police Pravin Ghoora de la MCIT, les conclusions sont que la victime a été violemment battue et torturée avant d’être brûlée. Un scénario possible, selon les policiers, c’est qu’à la suite d’une énième dispute entre mère et fils au sujet de l’argent. Ce dernier serait entré dans une colère noire et aurait assommé sa mère à coups de marteau. Afin de dissimuler son crime, il aurait mis le feu à la chambre de la victime et aurait téléphoné aux pompiers deux heures après que celle-ci a été complètement brûlée. 

Un marteau retrouvé, suspecté être l’arme du crime

Durant ce même jour, plusieurs unités de la police, à savoir les éléments du Scene of Crime Office, les policiers de la MCIT, ceux de la Criminal Investigation Department de Mahébourg, ainsi que le chien policier, ont effectué une battue, en compagnie du présumé suspect. Un marteau a été découvert sur place soit au premier étage de la maison de la sexagénaire, lequel est occupé par Vidoor Mungrah. Les enquêteurs soupçonnent que cet objet aurait servi à tuer la retraitée à son domicile, à Mahébourg, le dimanche 6 août 2023. L’outil a été mis sous scellés puis envoyé au Forensic Science Laboratory pour qu’il soit analysé.

Découpé à l’arme blanche

Les enquêteurs privilégient aussi la thèse selon laquelle une arme tranchante aurait également été utilisée lors de cette agression mortelle. Ces soupçons ont pris forme ce mardi alors qu’un bras démembré de la victime a été retrouvé par ses proches sur les lieux du crime et de l’incendie. C’est en faisant le ménage dans la chambre de Madoomuttee Mungrah que cette découverte a été faite. Envoyé au laboratoire de la police, il a été confirmé que ce membre a été découpé par un objet tranchant. Un sabre serait ainsi recherché. 

Casier judiciaire et ‘yen’

Ce qui pousse davantage les autorités policières à suspecter Vidoor Mungrah est le fait que ce dernier n’est pas un homme sans histoire. En effet, le trentenaire a plusieurs antécédents policiers. Il a été plusieurs fois arrêté dans le passé pour possession de drogue et pour vols. Il est d’ailleurs drogué et suit le programme de méthadone. Selon les informations, il ne travaillait pas et quémandait de l’argent « pou li casse so yen ». Il était d’ailleurs déjà en liberté conditionnelle dans le cadre d’une affaire de vol.

Interrogatoires de l’époux de la victime et d’un voisin

L’enquête s’est poursuivie au courant de la semaine. La déposition de Vidoor Mungrah, était attendue pour compléter les éléments de l’enquête. Cependant, l’audition prévue pour mardi n’a finalement pas eu lieu. Les enquêteurs de la Major Crime Investigation Team ont, en revanche, questionné le père du suspect, également mari de la victime. Ils ont analysé son emploi du temps, car il réside à l’étage de la maison où le drame s’est déroulé. Il a maintenu une fois de plus qu’il n’était pas impliqué dans ces événements tragiques. À la lumière de ses explications, l’époux a été autorisé à quitter les locaux.

Un voisin de la victime a également été interrogé. Il a affirmé ne rien savoir des événements de la nuit du meurtre. Après son témoignage, il a été autorisé à partir. Les enquêteurs s’efforcent actuellement d’établir si le suspect a pu bénéficier de complicité. Par ailleurs, Vidoor Mungrah sera soumis à un examen médical effectué par un médecin de la police dans les jours à venir. Les résultats des analyses effectuées sur un marteau, saisi dans la maison, sont également attendus pour faire avancer l’enquête.

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