Après d’intenses bombardements nocturnes, la ville ukrainienne de Tcherniguiv a subi d’importants dégâts et se retrouve privée d’eau et d’électricité. La Russie avait pourtant promis de diminuer son activité dans la zone. Une opération qui remet en question la crédibilité des récents pourparlers entre les deux pays.
La ville de Tcherniguiv, dans le nord de l’Ukraine, a été victime de bombardements « toute la nuit », a annoncé ce mercredi 30 mars le gouverneur de la région. La veille, Moscou avait pourtant annoncé une réduction de son activité militaire dans cette zone.
« Tcherniguiv a été bombardée toute la nuit » avec de l’artillerie et des avions, a annoncé sur Telegram le gouverneur Viatcheslav Tchaous, précisant que des infrastructures civiles avaient été détruites et que la ville se trouvait toujours sans eau ni électricité.
Échec des pourparlers ?
Cette ville, qui comptait 280 000 habitants avant la guerre, est « sans communications », a-t-il ajouté à la télévision, évoquant également des frappes sur Nijyne, dans la même région. La Russie avait promis mardi de réduire « radicalement » ses opérations militaires en direction de Kiev et Tcherniguiv, après des pourparlers russo-ukrainiens « substantiels » à Istanbul.
« La situation ne change pas, Tcherniguiv fait l’objet de bombardements d’artillerie et aériens », a indiqué Viatcheslav Tchaous. « Pour le moment, on ne peut malheureusement pas constater que les Russes baissent l’intensité des hostilités en direction de Kiev et de Tcherniguiv », a confirmé mercredi Vadym Denysenko, conseiller du ministre ukrainien de l’Intérieur.
Circonspects après l’annonce russe de réduire « radicalement » son activité militaire vers Kiev, les Américains affirment ne pas être dupes des manœuvres de Moscou
« Certaines unités et équipements (russes) sortent en direction du territoire bélarusse. Cela ressemble à des rotations […], plus qu’à une véritable pause dans les hostilités », a estimé le responsable.
Tcherniguiv à bout de souffle
Après Marioupol dans le sud, la ville est la plus durement frappée par les bombardements depuis le début de la guerre lancée par Moscou. Le maire de la ville, Vladyslav Atrochenko, a indiqué mardi que 350 personnes avaient été tuées à Tcherniguiv depuis plus d’un mois et plus de 400 autres blessées, la plupart d’entre eux étant des civils.