Dans la foulée de son investiture le 7 mai, le chef de l’Etat devrait nommer un nouveau Premier ministre. Deux femmes de gauche, Véronique Bédague et Valérie Rabault, ont refusé Matignon.
Le calendrier s’accélère pour Emmanuel Macron. Selon une information de RTL confirmée de source officielle, la cérémonie d’investiture du président réélu le 24 avril aura lieu ce samedi 7 mai à l’Elysée. Son premier mandat arrive à échéance en principe le 13 mai à minuit. La cérémonie débutera à 11 heures à l’Elysée et s’achèvera par un passage en revue des troupes dans les jardins. La présidence de la République promet une cérémonie « sobre », « dans le respect des principes républicains ».
Cette investiture marquera le début officiel de son second mandat et déclenchera dans la foulée la nomination de son nouveau Premier ministre et la formation de son gouvernement. En 2017, Edouard Philippe avait été nommé le lendemain de l’investiture d’Emmanuel Macron.
A la recherche de la perle rare
Depuis sa réélection, Emmanuel Macron cherche la perle rare pour remplacer Jean Castex , Premier ministre depuis juillet 2020. Ce Premier ministre devra à la fois mener des réformes impopulaires, comme le report de l’âge légal de la retraite, et apaiser un pays sous tension. Dimanche dernier, les traditionnels défilés du 1er Mai , première manifestation depuis le second tour de la présidentielle, ont donné lieu à de nouvelles violences.
Emmanuel Macron souhaiterait nommer une femme, ce qui n’est arrivé qu’une seule fois au cours de la Ve République avec Edith Cresson entre mai 1991 et avril 1992 (sous le second mandat de François Mitterrand). En déplacement la semaine dernière à Cergy, il avait dressé un bref portrait-robot du nouveau locataire de Matignon. « Je nommerai quelqu’un qui est attaché à la question sociale, à la question environnementale et à la question productive », avait-il déclaré. Le nouveau Premier ministre sera directement chargé de la planification écologique , comme Emmanuel Macron l’a annoncé lors de son meeting de l’entre-deux-tours à Marseille .
Emmanuel Macron entend prendre son temps , alors que la situation – un président de la République sortant réélu hors période de cohabitation – est inédite depuis 1965. « Vous avez un Premier ministre exceptionnel, c’est encore la fin de ce quinquennat, […] il faut faire les choses en bon ordre. Ecouter, respirer, il y a un apaisement à avoir avec toutes et tous, on sort de cette campagne présidentielle où il y a eu parfois un peu de tensions, il est important qu’on agisse et qu’il y ait un retour au calme et à la concorde », a-t-il expliqué vendredi dernier, lors d’un déplacement dans les Hautes-Pyrénées.
Jeudi dernier, les membres du gouvernement ont cru assister à leur dernier Conseil des ministres du quinquennat – ils étaient par la suite invités à déjeuner à l’Elysée -, mais le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a déclaré lors du compte rendu que ce ne serait pas le dernier. Depuis, les ministres attendent. Certains préparent leur candidature aux élections législatives tout en restant, comme les autres membres du gouvernement, incertains sur leur sort.
Véronique Bédague et Valérie Rabault ont décliné ?
Mais ce temps long s’explique aussi par la quête plus compliquée que prévu du nouveau locataire ou de la nouvelle locataire de Matignon. Selon « Le Parisien », Emmanuel Macron a proposé le poste à Véronique Bédague, numéro deux du groupe immobilier Nexity et ancienne directrice de cabinet de Manuel Valls. Elle a été la première femme à occuper ce poste à Matignon. Mais l’intéressée a refusé, selon nos informations.
Idem pour Valérie Rabault, présidente du groupe PS à l’Assemblée nationale qui aurait, selon BFMTV, également décliné la proposition de diriger le gouvernement. Elle ne souhaiterait pas reporter à 64 ou 65 ans l’âge légal de départ à la retraite, proposition phare de la campagne de réélection d’Emmanuel Macron. « La retraite à 65 ans n’est pas nécessaire et c’était un marqueur pour avoir un curseur à droite. Je suis fidèle à mes convictions même si j’ai compris que la ligne que nous portons, celle de la sociale-démocratie, n’est plus majoritaire dans le pays », a-t-elle expliqué selon des propos rapportés à BFMTV. « Le président n’a proposé le poste de Premier ministre à personne », a déclaré l’entourage du président.
Le nom d’Elisabeth Borne, ministre du Travail dans le gouvernement sortant, revient aussi avec régularité pour devenir Premier ministre.
Préparer les législatives
Outre la formation de son gouvernement et malgré un agenda international dense – il s’est entretenu ce mardi avec le président russe Vladimir Poutine pour la première fois depuis le 29 mars -, Emmanuel Macron doit aussi préparer les élections législatives. Son mouvement La République En marche (LREM) doit présenter, vraisemblablement ce mercredi, la première liste de candidats investis . Ils proviendront de LREM, mais aussi du Modem et des autres partis alliés au sein de la majorité comme Agir ou Horizons.