Lors d’un meeting électoral dans l’ancienne capitale Nara, l’ancien premier ministre Shinzo Abe, 67 ans a été touché vendredi 8 juillet par des coups de feu et serait entre la vie et la mort. À l’annonce de cette attaque, les Japonais de la rue et la classe politique sont sous le choc.
Les images d’ambulances et de policiers défilent sur les écrans de télévision depuis le milieu de la journée au Japon. Lors d’un meeting électoral dans la préfecture de Nara en soutien à un candidat de son parti, le Part libéral démocrate (PLD), l’ancien premier ministre Shinzo Abe (de 2013 à 2019) aurait été touché par une balle de fusil tiré de très près par un homme qui aurait été arrêté peu de temps après par la police.
Le gouvernement confirme que l’ex premier ministre a bien été victime d’une attaque, sans préciser toutefois s’il était décédé ou pas.
Shinzo Abe serait entre la vie et la mort
Les médias locaux ont souligné que Shinzo Abe ne présentait aucun signe de vie mais aucun communiqué officiel n’a encore été publié. L’ancien chef de l’exécutif prononçait un discours de campagne lors d’un événement politique en vue des élections sénatoriales de dimanche, lorsque des coups de feu ont été entendus, ont indiqué la chaîne nationale NHK et l’agence de presse Kyodo.
Shinzo Abe, 67 ans, s’est effondré et saignait du cou, a déclaré une source du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir à l’agence de presse Jiji. NHK et Kyodo ont toutes deux rapporté que Shinzo Abe avait été emmené à l’hôpital et semblait être en arrêt cardio-respiratoire – un terme utilisé au Japon indiquant l’absence de signe de vie, et précédant généralement un certificat de décès officiel.
Les Japonais sont sous le choc
À l’annonce de ce drame, les Japonais sont sous le choc. « C’est extrêmement rare ce genre de violence avec des armes contre un homme politique », explique Yoshio Hotta, journaliste indépendant japonais qui a travaillé plus de 20 ans aux États-Unis. « Lorsqu’on voit les tueries de masse en Amérique c’est banal, ajoute-t-il, mais de mémoire, ici au Japon, aucun ancien premier ministre ni même premier ministre en fonction n’a été ciblé par balle ».
Un homme politique socialiste a été tué par un coup de couteau dans les années 1960 et les assassinats politiques étaient nombreux dans les années 1920 et 1930, mais c’était un tout autre Japon. « À l’époque Meiji au 19è siècle également il y avait de règlements de compte permanents, sourit un photographe japonais qui couvre les faits divers pour différents journaux, mais au Japon ce n’est pas l’Amérique ni l’Ukraine ».
« Ce qui me frappe dans ce drame, explique Tetsuji Ida, observateur de la scène politique japonaise pour l’agence de presse Kyodo, c’est que le responsable avait un fusil. Ici c’est très difficile de se procurer une arme sauf pour les chasseurs qui sont très nombreux au Japon ». De fait, le Japon dispose de l’une des législations les plus strictes au monde en matière de contrôle des armes à feu, et le nombre annuel de décès par de telles armes dans ce pays de 125 millions d’habitants est extrêmement faible.
L’obtention d’un permis de port d’arme est un processus long et compliqué, même pour les citoyens japonais, qui doivent d’abord obtenir une recommandation d’une association de tir, puis se soumettre à de stricts contrôles de police.