Pravind Jugnauth : « Je tiens à présenter mes sympathies et exprimer la solidarité du peuple mauricien au Zimbabwe, au Mozambique et au Malawi »
Le Mozambique a été frappé par Idai, le plus puissant cyclone survenu depuis vingt ans en Afrique australe, dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 mars. De violentes rafales de vent, accompagnées de pluies torrentielles, ont détruit de nombreux logements, faisant disparaître des villages entiers. Les Etats voisins du Malawi et du Zimbabwe ont également été touchés. Pour l’heure, les dégâts restent difficiles à évaluer. Mais le président du Mozambique, Filipe Nyusi, qui a survolé les régions touchées, a indiqué que la catastrophe était d’une ampleur « gigantesque ». Selon lui, le bilan humain pourrait dépasser 1 000 morts.
Le cyclone qui a balayé en fin de semaine dernière le Mozambique et le Zimbabwe, emportant routes, ponts, hôpitaux et écoles, a fait au moins 182 morts dans les 2 pays, mais le bilan final au Mozambique pourrait dépasser le millier de morts, a prévenu le président Filipe Nyusi. « Pour le moment, nous avons officiellement 84 morts (au Mozambique, NDLR). Mais, quand on a survolé la zone tôt ce matin (…) pour comprendre ce qui se passe, tout laisse à penser que le bilan pourrait dépasser les 1 000 morts », a déclaré Filipe Nyusi dans une intervention télévisée lundi 18 mars à Maputo.
« Plus de 100 000 personnes ont besoin d’aide alimentaire », a-t-il ajouté. « Les eaux des rivières Pungue et Buzi ont débordé et fait disparaître des villages entiers, isolant des communautés. Il y a des corps qui flottent. C’est un véritable désastre humanitaire », a dit le président mozambicain. Des rescapés ont trouvé refuge dans des arbres en attendant les secours, a expliqué le président. Des images aériennes transmises par l’organisation Mission Aviation Fellowship montrent aussi des dizaines de personnes bloquées sur les toits de bâtiments en dur entourés d’eau.
L’étendue des dégâts « énorme et terrifiante » à Beira
Le cyclone Idai et ses vents d’une extrême violence associés à des pluies torrentielles se sont abattus sur le centre du Mozambique jeudi soir, avant de poursuivre leur course au Zimbabwe voisin. Au Zimbabwe, le dernier bilan s’élevait à 98 morts et à au moins 217 disparus, selon le ministère de l’Information. « On a l’impression d’avoir affaire aux conséquences d’une guerre à grande échelle », a déclaré le ministre de la Défense par intérim, Perrance Shiri.
Au Mozambique, l’étendue des dégâts à Beira, la deuxième ville du pays avec un demi-million d’habitants, est « énorme et terrifiante », a prévenu la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). « 90 % de Beira et de ses alentours ont été endommagés ou détruits », a indiqué la FICR dans un communiqué. « Les moyens de communication ont été totalement coupés et les routes sont détruites », compliquant grandement les secours, a précisé Jamie LeSueur, de la FICR, depuis Beira.
Lundi, les rues de la ville étaient jonchées d’arbres déracinés, d’éclats de verre et de tôles emportées, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse. « Les tôles, en s’envolant, ont décapité des gens, d’autres ont été blessés. (…) Il n’y a pas de secours ici. On est mal », a déclaré à l’Agence France-Presse une rescapée, Rajina, qui a trouvé refuge dans une échoppe abandonnée.
Des barrages ont lâché
Dans la région de Beira, 873 maisons ont été emportées, 24 hôpitaux détruits et 267 classes partiellement ou complètement englouties, selon un bilan provisoire de l’Institut mozambicain de gestion des désastres. Le président Nyusi a appelé ses concitoyens qui habitent « près de rivières à quitter la zone pour sauver leur vie, surtout si on doit lâcher de l’eau des barrages » pour éviter qu’ils ne cèdent.
Plusieurs ont déjà « lâché ou atteint leur niveau maximum », a d’ailleurs prévenu Emma Beaty de l’organisation non gouvernementale Oxfam. Dimanche soir, le ministre de l’Environnement Celso Correia avait estimé que le cyclone Idai pourrait avoir provoqué le « pire désastre naturel » de l’histoire du Mozambique, fréquemment frappé par de violentes intempéries. En 2000, des crues avaient déjà causé la mort de 800 personnes dans ce pays pauvre d’Afrique australe.
Au Zimbabwe, le pays n’a jamais connu de « destructions d’infrastructures d’une telle ampleur », a estimé lundi le ministre des Transports Joel Biggie Matiza. Devant l’ampleur des dégâts, le président Emmerson Mnangagwa est rentré précipitamment lundi d’un voyage aux Émirats arabes unis. « À chaque heure qui passe, nos pires craintes se confirment », a-t-il déclaré lors d’une intervention sur la chaîne publique ZBC. « Beaucoup sont morts noyés, tandis que d’autres ont été tués dans leur sommeil par des pierres qui ont démoli leur maison », a-t-il ajouté.
Les secours se sont concentrés lundi dans la région de Chimanimani, dans l’est. Les zones les plus durement touchées n’étaient pas accessibles lundi, et les vols de secours d’hélicoptères militaires étaient entravés par des vents violents et un ciel très nuageux. L’association médicale du Zimbabwe (Zima) a lancé un appel aux volontaires pour venir en aide aux sinistrés et a appelé aux dons de nourriture, d’eau, de gaz, de vêtements, de couvertures ou encore de tentes. Les fortes pluies qui avaient précédé l’arrivée d’Idai avaient déjà fait au moins 122 morts au Mozambique et au Malawi voisin, qui a été épargné par le cyclone.

Pravind Jugnauth solidaire
Sur sa page Facebook, le Premier ministre, Pravind Jugnauth a réagi: « Je tiens à présenter mes sympathies et exprimer la solidarité du peuple mauricien au Zimbabwe, au Mozambique et au Malawi ». Voici l’intégralité de son intervention : « Nou ti a content faire nous sympathies et exprime nous solidarité avec le gouvernement Mozambique et du Zimbabwe et en parti tout Malawi, aussi qui fine toucher par cyclone et par mauvais letemps, et cot finn ena bane inondations et malheureusement finn ena beaucoup perte de vien et comier dimoune finn affecter par sa et nous solidaires avec sa bane pays la. Avec Mozambique mo bisin dire qui ena déjà plusieurs entreprises mauricien qui ine donc investir en Mozambique et finn ena aussi pas mal de Mauricien qui deja pe travail, mo esperer quand même qui zot sain et sauf ».