Comme les sept autres cas, la malformation de l’enfant est “caractéristique d’une agénésie transverse du membre supérieur”.
Entre 2009 et 2014, ce ne sont pas sept mais huit enfants qui sont nés “sans bras”, c’est-à-dire avec un cas d’agénésie transverse du membre supérieur (ATMS) dans l’Ain. En effet, selon les informations du Monde, un garçon né en 2012 sans doigts à la main droite a été signalé à l’agence régionale de santé et à l’agence Santé publique France (SpF) lundi 29 octobre. Il réside dans la zone de 17 kilomètres de rayon dans laquelle les sept autres cas d’ATMS ont été recensés.
Un nouveau cas recensé
Des cas groupés d’enfants nés sans mains, bras ou avant-bras ont été observés dans l’Ain (8 naissances entre 2009 et 2014), en Loire Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. “Il est très probable que ces malformations soient liées aux pesticides”, avait affirmé Yannick Jadot, alors que Santé Publique France n’a pas reconnu “d’excès de cas” d’ATMS dans l’Ain.
Le recensement tardif du huitième cas est dû à des changements administratifs faisant suite à l’informatisation des données dans l’hôpital où cet enfant est né. Il n’a donc pas été inscrit au Registre des malformations congénitales en Rhône-Alpes (Remera). “C’est la mère de famille qui m’a spontanément contactée, en fin de semaine dernière, pour s’assurer que son fils avait bien été comptabilisé dans les sept cas recensés dans la zone” explique au Monde Emmanuelle Amar, directrice du Remera. “Après vérification, son nom était inconnu du registre.”
Des enquêtes en cours
D’après Emmanuelle Amar, lanceuse d’alerte autoproclamée en passe d’être licenciée, cette absence de doigts est due au fait que “la croissance de la main droite est comme interrompue au niveau du deuxième métacarpe (…) ce qui est caractéristique d’une agénésie transverse du membre supérieur.”
Le gouvernement a récemment décidé de lancer une nouvelle enquête sur les différents cas de bébés nés sans bras dans plusieurs départements. Interrogée sur ce dossier lors du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré qu’il était “insupportable” que ces cas groupés restent sans explication. “On ne peut pas se satisfaire de dire qu’on n’a pas trouvé de causes”, a indiqué la ministre, notamment pour expliquer les différents cas enregistrés dans l’Ain.