« L’enjeu est de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France
de notre enfance. »
« Cette élection présidentielle déterminera les directions que le pays
se donne à lui-même pour les cinq années à venir et bien au-delà. »
Découvrez sa «Lettre aux Français»
Le président de la République française annonce sa candidature à sa réélection
dans un texte que nous dévoilons. Une annonce qui intervient dans un contexte
diplomatique mondial extrêmement tendu.
Emmanuel Macron a donc attendu le dernier moment pour se lancer, à 24
heures de la date limite fixée par le Conseil constitutionnel. Un tempo qui
s’explique notamment par la guerre en Ukraine qui mobilise pleinement le chef
de l’État.
C’est avec une « Lettre aux Français », publiée en exclusivité par les différents
titres de la presse régionale et Le Parisien – Aujourd’hui en France, que le
président de la République annonce officiellement ce jeudi sa candidature à un
second mandat. Depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron avait préparé les
esprits. « Il n’y a pas de faux suspense. J’ai envie », glissait-il déjà le 4 janvier
dernier devant nos lecteurs.
L’envie est désormais concrétisée avec cette « Lettre aux Français » que nous
publions en intégralité et dans laquelle il dessine ses priorités pour les cinq ans à
venir.
La « Lettre aux Français » d’Emmanuel Macron
Mes chers compatriotes,
Depuis cinq ans, nous avons traversé ensemble nombre d’épreuves. Terrorisme,
pandémie, retour de la violence, guerre en Europe : rarement, la France avait été
confrontée à une telle accumulation de crises. Nous avons fait face avec dignité
et fraternité.
Nous avons tenu bon sans jamais renoncer à agir. Grâce aux réformes menées,
notre industrie a pour la première fois recréé des emplois et le chômage a atteint
son plus bas niveau depuis quinze ans. Grâce au travail de tous, nous avons pu
investir dans nos hôpitaux et notre recherche, renforcer nos armées, recruter
policiers, gendarmes, magistrats et enseignants, réduire notre dépendance aux
énergies fossiles, continuer à moderniser notre agriculture. Grâce à nos efforts,
nous avons, avant la pandémie, réduit nos déficits et, tout au long du
quinquennat, baissé les impôts de manière inédite. Tout cela nous a permis
d’être crédibles et de convaincre nos principaux voisins de commencer à bâtir
une Europe-puissance, capable de se défendre et de peser sur le cours de
l’Histoire.
Nous n’avons pas tout réussi. Il est des choix qu’avec l’expérience acquise
auprès de vous je ferais sans doute différemment. Mais les transformations
engagées durant ce mandat ont permis à nombre de nos compatriotes de vivre
mieux, à la France de gagner en indépendance. Et les crises que nous traversons
depuis deux ans montrent que c’est bien ce chemin qui doit être poursuivi.
« L’enjeu est de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France
de notre enfance. »
Nous connaissons des bouleversements d’une rapidité inouïe : menace sur nos
démocraties, montée des inégalités, changement climatique, transition
démographique, transformations technologiques. Ne nous trompons pas : nous
ne répondrons pas à ces défis en choisissant le repli ou en cultivant la nostalgie.
C’est en regardant avec humilité et lucidité le présent, en ne cédant rien de
l’audace, de la volonté et de notre goût de l’avenir que nous réussirons. L’enjeu
est de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France de notre enfance.
Voilà pourquoi je sollicite votre confiance pour un nouveau mandat de
Président de la République. Je suis candidat pour inventer avec vous, face aux
défis du siècle, une réponse française et européenne singulière. Je suis candidat
pour défendre nos valeurs que les dérèglements du monde menacent. Je suis
candidat pour continuer de préparer l’avenir de nos enfants et de nos petits-
enfants. Pour nous permettre aujourd’hui comme demain de décider pour nous-
mêmes.
Il n’y a pas d’indépendance sans force économique. Il nous faudra donc
travailler plus et poursuivre la baisse des impôts pesant sur le travail et la
production. Pour ne pas nous laisser imposer par d’autres les technologies qui
rythmeront demain notre quotidien, il nous faudra aussi continuer d’investir
dans notre innovation et notre recherche afin de placer la France en tête dans les
secteurs qui, comme les énergies renouvelables, le nucléaire, les batteries,
l’agriculture, le numérique, ou le spatial feront le futur et nous permettront de
devenir une grande Nation écologique, celle qui la première sera sortie de la
dépendance au gaz, au pétrole et au charbon.
« La priorité sera donnée à l’école et à nos enseignants, qui seront plus
libres, plus respectés et mieux rémunérés. »
C’est à la condition de cette reconquête productive par le travail que nous
pourrons préserver et même améliorer ce modèle social auquel nous tenons tant
et qui a fait ses preuves.
Nous lutterons contre les inégalités, non pas tant en cherchant à les corriger
toujours trop tard qu’en nous y attaquant à la racine. Nous ferons en sorte que
tous les enfants de France aient les mêmes chances, que la méritocratie
républicaine redevienne une promesse pour chacun. Pour cela, la priorité sera
donnée à l’école et à nos enseignants, qui seront plus libres, plus respectés et
mieux rémunérés.
Nous investirons pour permettre à chacun de vivre le grand âge à domicile tant
qu’il le peut, pour rendre les maisons de retraite plus humaines. Nous
poursuivrons sans relâche notre travail pour l’inclusion de nos compatriotes en
situation de handicap. En matière de santé, nous opérerons la révolution de la
prévention et ferons reculer les déserts médicaux.
La force de notre modèle social est là : dans cet investissement dans l’humain
tout au long de la vie, qui donne confiance aux familles et a fait de la France
l’un des pays d’Europe à la plus forte natalité.
« Cette élection présidentielle déterminera les directions que le pays se
donne à lui-même pour les cinq années à venir et bien au-delà. »
Défendre notre singularité française implique enfin de promouvoir une certaine
manière d’être au monde. Un art de vivre millénaire, enraciné dans chaque
région, chaque canton, chaque ville et chaque village que ce soit en métropole
ou dans nos outre-mer. Une histoire, une langue, une culture que lorsque l’on
est Français, on se doit de connaître, d’aimer, de partager. Une citoyenneté, qui
ne repose pas seulement sur des droits, mais sur des devoirs et un engagement
de chaque jour. Parce que le respect des lois n’est pas négociable, nous
poursuivrons l’investissement dans nos forces de sécurité et notre justice. Nous
encouragerons l’engagement avec une ambition simple : former non pas
seulement des individus et des consommateurs, mais des citoyens. Faire des
républicains.
Tout au long de mon mandat, j’ai vu partout un esprit de résistance à toute
épreuve, une volonté d’engagement remarquable, une inlassable envie de bâtir.
Je l’ai retrouvée dans notre pays mais aussi en allant à la rencontre de nos
compatriotes vivant à l’étranger. En chaque lieu, j’ai perçu le désir de prendre
part à cette belle et grande aventure collective qui s’appelle la France.
C’est pourquoi le moment électoral qui s’ouvre est si important. Cette élection
présidentielle déterminera les directions que le pays se donne à lui-même pour
les cinq années à venir et bien au-delà. Bien sûr, je ne pourrai pas mener
campagne comme je l’aurais souhaité en raison du contexte. Mais avec clarté et
engagement j’expliquerai notre projet, notre volonté de continuer à faire avancer
notre pays avec chacun d’entre vous.
Ensemble, nous pouvons faire de ces temps de crises le point de départ d’une
nouvelle époque française et européenne.
Avec vous. Pour vous. Pour nous tous.
Vive la République !
Vive la France !
Emmanuel Macron