Pendant que les membres de l’Opposition tentaient d’alimenter une psychose populaire dans le sillage des amendements apportés à l’Independent Broadcasting Authority (IBA) Act, leur lourd passé les a vite rattrapés. A l’Assemblée nationale mardi dernier, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a rappelé que le régime travailliste voulait en 2007 amender l’IBA Act pour y introduire des clauses, somme toute, draconiennes.
Dans son summing-up des débats sur les amendements à l’IBA Act, le Premier ministre a indiqué que le texte de loi préconisé par le Premier ministre d’alors, Navin Ramgoolam, avait pour but d’accorder plus de pouvoirs à l’IBA pour appliquer des pénalités administratives sur les radios.
Le projet de loi des travaillistes prévoyait la mise en place d’un ‘Broadcasting Compliance Committee’, qui allait remplacer le ‘Compliance Committee’ qui existait dans la structure originale.
Ce ‘Broadcasting Compliance Committee’ devrait être doté de pouvoirs additionnels pour frapper les stations de radio de pénalités administratives relatives aux possibles fautes commises dans le cadre de leurs opérations, telles des enfreintes au code de conduite, le non-respect de l’intimité des gens, la diffamation et le traitement injuste de l’information.
Toutefois, l’encadrement proposé ne faisait aucune provision pour un mécanisme d’appel. Le président et les membres du ‘Broadcasting Compliance Committee’ allaient être nommés par le Premier ministre.
Ce même parti travailliste et ses acolytes trouvent aujourd’hui de critiquer l’introduction d’un ‘Independent Broadcasting Review Panel’ dont la mission première est justement de revoir toute décision jugée arbitraire de l’IBA au préjudice des radios. Celles-ci peuvent contester les décisions du Review Panel devant la Cour Suprême si elles ne sont toujours pas satisfaites.
Toute l’hystérie de l’Opposition est mise à mal lorsqu’on découvre la manœuvre des travaillistes lorsqu’ils étaient au pouvoir.
Le Premier ministre s’est d’ailleurs indigné du double langage de l’opposition. « Aujourd’hui, ce sont ces mêmes personnes qui, paradoxalement et ironiquement, sont en train de donner des leçons sur la démocratie et la protection de la liberté de l’expression » s’est-il insurgé.
Derrière le show de mauvais goût et la rhétorique de l’opposition, se cachent de faux défenseurs de la démocratie et de la presse libre. L’Opposition veut seulement marquer des points politiques. Elle ne s’est jamais attardée sur les vraies questions de la liberté d’expression et les dérives potentielles par des personnes et/ou des groupes malintentionnés qui abusent de cette liberté pour causer du tort à l’ordre public et aux citoyens vulnérables.
Bonanga Lilongwe