Faut-il légiférer pour empêcher que les politiciens qui ont berné la population pendant leurs longues années à la tête du pays et au pouvoir ne refassent surface pour une fois de plus tenter de mener l’électorat en bateau? Car avec les prochaines élections générales en ligne de mire, voici venu le temps de la démagogie gratuite et des promesses en l’air qui n’engagent que ceux qui y croient.
Mais il est grand temps de protéger la population contre les menteurs et les assoiffés de pouvoir qui tenteront coûte que coûte de tirer profit de la naïveté et de l’incrédulité de la population mauricienne lors des prochaines législatives.
A entendre le leader du Parti Travailliste, qui ne se prive même pour pousser le blasphème aussi loin pour se comparer à Jésus Christ quand il accuse Rakesh Gooljaury de Judas, on croirait vraiment qu’il est le messie que tous attendaient pour être sauvés.
Quand il dénonce les errements du gouvernement, il est dans son rôle d’opposant et là on ne peut rien lui reprocher car nous sommes en démocratie et il faut impérativement que le système marche pour sauvegarder les intérêts de la nation. Même si dans ce registre on peut reprocher à Navin Ramgoolam d’avoir fait pire que ce qu’il reproche à l’actuel Premier ministre et aux membres du gouvernement. Mais accordons-lui le bénéfice du doute et acceptons le fait qu’il fait son travail en temps que membre de l’Opposition même s’il n’a pas été élu en tant que tel lors des dernières élections.
Mais comme il ne s’est pas imposé de limites et qu’au risque de se rendre ridicule, il veut à tout prix se présenter en tant que challenger de l’actuel Premier ministre et reconquérir à nouveau le pouvoir, Navin Ramgoolam doit être mis devant certains faits pour qu’il comprenne une fois pour toutes que cette fois-ci c’en est trop.
C’est pourquoi il est grand temps que l’Assemblée nationale se penche sur une loi afin de barrer la route aux politiciens qui ont déçu l’électorat dans le passé et sont impliqués dans des procès très sérieux en matière d’atteinte à la bonne gouvernance, osant revenir au-devant de la scène politique à travers des promesses farfelues.
C’est peine perdue de mentionner une à une les promesses mentionnées par Navin Ramgoolam lors de son discours mercredi dernier à Port-Louis lors du rassemblement marquant la Fête du Travail organisé par le Parti Travailliste.
L’unique question qui se pose c’est quel crédit accorder à Navin Ramgoolam en 2019 quand il parle de rupture. Nous disons mille fois oui, Navin Ramgoolam à le droit de demeurer à la tête de son parti si les membres du Parti Travailliste en décident ainsi, oui, il a le droit de critiquer l’action du gouvernement, oui, il a le droit de faire des propositions et des analyses sur les dossiers brûlants de l’actualité et en tant qu’ancien Premier ministre, le devoir de participer activement aux débats sur l’avenir du pays en apportant son expérience.
Toutefois après quatorze longues années à la tête de trois gouvernements différents, venir aujourd’hui haranguer la foule à la veille des élections générales pour se positionner en tant que sauveur et promettre de réaliser ce qu’il n’a pas eu le courage, l’audace, la vision ni la volonté de faire alors qu’il était à la tête du gouvernement, est vraiment indécent de sa part.
Le ton vindicatif de Navin Ramgoolam donne une idée de ses motivations réelles car il trahit le sentiment de vouloir à tout prix s’installer dans le fauteuil de Premier ministre pour prendre sa revanche et rétablir les privilèges de ses amis.
Après avoir dirigé trois gouvernements, venir aujourd’hui parler de syndicat de la police, d’hôpital gériatrique, d’institut de santé pour ceux atteints de cancer, clinique pour les animaux, aides aux planteurs et aux éleveurs entre autres, on croirait que Navin Ramgoolam n’entend pas ce qu’il dit. Il se prend tellement au sérieux que les plus jeunes pensent qu’il s’est déjà réincarné et qu’il est devenu un homme nouveau qui réalisera des miracles pour la population mauricienne.
Cependant, comme nous sommes à Maurice et que le risque de voir un jour Navin Ramgoolam reprendre le pouvoir à la faveur de ses promesses à l’égard d’une population de plus en plus exigeante ou encore des gabegies de certains membres du gouvernement, il s’agit maintenant de prendre garde.
Car Navin Ramgoolam se prend vraiment au sérieux quand il dit qu’il va s’assurer que les personnes âgées obtiennent une pension adéquate alors que pendant la campagne pour les élections de 2014 Rama Sithanen et lui-même ont carrément refusé une augmentation des allocations sociales.
C’est également maintenant que Navin Ramgoolam découvre que les policiers sont mal équipés et qu’ils n’ont pas de transport pour rentrer chez eux la nuit. Il a été ministre de l’Intérieur, responsable de la police pendant quatorze ans et a toujours imposé son veto contre la création d’un syndicat en faveur des membres de la force policière.
Navin Ramgoolam découvre aussi subitement que la Mauritius Revenue Authority harcèle les petits entrepreneurs alors que sous son règne plusieurs entreprises ont dû mettre la clé sous le paillasson sous la pression injuste de certains régulateurs qui jouent le jeu du gros capital.
Après avoir consolidé le pouvoir des barons sucriers entre 2005 et 2014, c’est maintenant que Navin Ramgoolam estime que les planteurs doivent obtenir un meilleur revenu pour leur canne et la bagasse et qu’ils doivent devenir des actionnaires des centrales électriques. Non ce n’est pas sérieux !
Navin Ramgoolam est un charmeur, il a le verbe facile et a à sa disposition des personnes qui réfléchissent à sa place pour écrire de beaux discours mais nous savons tous que dans la pratique du pouvoir il y a un monde de différence entre l’action et la parole chez cet homme.
C’est un fait que Navin Ramgoolam de par ses agissements à la tête du pays s’est totalement disqualifié pour se positionner en tant que candidat au poste de Premier ministre. Malheureusement notre Constitution et nos lois sont muettes sur cet aspect de notre système politique et c’est pourquoi il faut militer pour que les choses changent à l’avenir.
Terra Del Fuego