L’après-législatives 2019: La fin de Navin Ramgoolam

in Politique

7 novembre 2019. Cette date sera à jamais gravée dans l’histoire de Maurice. L’équipe de l’Alliance Morisien, composée de MSM-ML-Mouvement Alan Ganoo et plateforme Obeegadoo, est sortie victorieuse et le peuple a plébiscité le leader du MSM, Pravind Jugnauth comme Premier ministre. D’autre part, l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam (leader du Parti Travailliste) et son équipe ont, une nouvelle fois, subi une cinglante défaite après celle de 2 014.

Plusieurs facteurs démontrent que Navin Ramgoolam mérite amplement cette défaite humiliante. Avant la tenue des élections, plusieurs observateurs, leaders politiques voire même le leader du MMM, Paul Bérenger, des spécialistes des sondages et certains Mauriciens qui sont établis à l’extérieur depuis des années, avaient prédit que l’Alliance Morisien sortirait victorieuse et que Navin Ramgoolam, qui avait délaissé sa circonscription No 5 (Pamplemousses / Triolet) pour poser ses valises au No 10 (Grande Rivière Sud Est/ Montagne Blanche) ne serait pas élu et que son équipe de l’Alliance Nationale PTr/ mordrait la poussière lors des élections de 2019. Cette défaite qui est très délicate pour l’ancien Premier ministre annonce la fin de règne de Navin Ramgoolam pour plusieurs raisons.

Primo, il faut dire qu’outre les lèche-bottes de Navin Ramgoolam, la majorité des Mauriciens ne sont pas prêts à oublier et pardonner les frasques de ce dernier lorsque NR dirigeait le pays. On se rappelle encore que de nombreux scandales, le népotisme, le favoritisme, l’abus de pouvoir, la fraude et la corruption qui battaient son plein, avaient atteint le summum. Le moins que l’on puisse dire c’est que le peuple a, encore une fois, raison de ne pas plébisciter Navin Ramgoolam comme Premier ministre car les Mauriciens en avaient une peur bleue. Peur que le pays allait reculer par un éventuel retour de Navin Ramgoolam comme Premier ministre. Le peuple, qui est intelligent sait très bien que voter et plébisciter Navin Ramgoolam comme Premier ministre permettrait à ce dernier de jouir et prôner une politique de « maja karo » pendant les cinq prochaines années.

Secundo, les Mauriciens se rappellent encore le passé de Navin Ramgoolam, qui, contrairement à Pravind Jugnauth, n’a jamais respecté les femmes. Le peuple, en particulier les membres de la communauté asiatique, n’ont jamais oublié son l’histoire de cœur avec Nandanee Soornack, qui après l’éclatante victoire du MSM-ML-PMSD avait, illico presto, pris la fuite pour se rendre en Italie. On l’aurait même qualifiée de « Maha Langta » et « casseur lacaze ». Et la communauté asiatique n’a guère apprécié l’attitude et le comportement ‘vagabond’ de NR, qui se trouvait à la tête du pays.

Tertio, on doit aussi souligner que les déclarations de Navin Ramgoolam, (lors d’un congrès dans une région urbaine de pays), lui a causé beaucoup de préjudice. De nombreux Mauriciens de foi hindoue qui n’ont jamais digéré ses déclarations, se demandent encoure quelle mouche a piqué Navin Ramgoolam pour que ce dernier, en faisant référence à la communauté hindoue, déclare : « Une personne mourante ne meurt pas aussi longtemps qu’on n’infuse pas de pièces de monnaie pour lui donner à boire cette infusion. C’est à ce moment que l’âme quitte le corps de cette personne. »

De par ses déclarations, Navin Ramgoolam a touché les susceptibilités hindoues. Ses propos insensés se sont répandus comme une traînée de poudre au sein de familles hindoues dans des villages et des nombreuses organisations socioculturelles et religieuses du pays ont hautement condamné les déclarations de l’ancien Premier ministre. Bon nombre de hindous sont d’avis qu’il a fait de la politique au détriment de de la communauté hindoue. « Pourquoi à la veille des élections générales a-t-il jugé utile de faire une déclaration pour dénigrer et humilier les hindous ? » se demande-t-on. D’où leur sanction.

Navin Ramgoolam doit aussi accepter qu’on ne peut leurrer le peuple mauricien qui a déjà atteint le stade de maturité. Les Mauriciens, qui sont intelligents, ont su, avec raison, faire la différence. D’un côté, ils ont pleinement fait confiance en un leader visionnaire, qui a fait avancer, progresser, se moderniser, transformer le pays et améliorer la qualité de vie des Mauriciens, plus particulièrement de ceux qui se trouvent au bas de l’échelle et ce à travers la concrétisation et la mise en œuvre des mesures qui ont été favorablement accueillies par la majorité des citoyens, toutes communautés confondues. Les Mauriciens y compris des membres de l’opposition et ceux de l’opposition extraparlementaire reconnaissent qu’au cours de son mandat de deux ans et demi, Pravind Jugnauth a surclassé tous les ex-Premiers ministres du pays à tel point que même le ‘Mentor Minister’, sir Anerood Jugnauth, qui a aussi occupé le poste du PM pendant plus de 13 ans, a, à maintes reprises, avoué en soutenant que : « Pravind Jugnauth pé faire plis bien qui moi.»

D’autre part, le peuple n’a jamais voulu croire en Navin Ramgoolam. Les Mauriciens de rappellent encore comment NR avait leurré le peuple en disant que « Dans cent jours mo pou change ou la vie ». Par ailleurs, à aucun moment, les citoyens de notre pays ont cru aux promesses de Navin Ramgoolam avant les élections du 7 novembre. Aussi, l’ancien Premier ministre, qui a dirigé le pays pendant une quinzaine d’années, n’a jamais voulu améliorer le sort des Mauriciens et œuvrer dans l’intérêt du pays. Il voulait tout simplement jouir dans le pays en occupant le poste du Premier ministre. C’est aussi pourquoi les Mauriciens ont préféré sanctionner Navin Ramgoolam mais plébisciter Pravind Jugnauth comme Premier ministre car le peuple a, bel et bien, cru aux promesses et dans les mesures positives annoncées par Pravind Jugnauth, qui « means business », a une vision pour le pays et un faible pour les démunis de la société à l’inverse du leader du Parti Travailliste.

La défaite de Navin Ramgoolam est aussi dû à son mauvais comportement, très peu civique, lorsqu’il aurait osé maltraiter et injurier ses agents, partisans et sympathisants, qui avaient délaissé leurs tables et chaises, le jour du scrutin dans la circonscription No 10. Ces derniers n’ont guère apprécié l’attitude brutale du leader du Parti Travailliste. Son comportement lui a coûté cher, très cher même car les rouges de la circonscription de Grande Rivière Sud Est / Montagne Blanche lui ont donné une sévère correction et l’ont envoyé aux carreaux cannes d’Anerood Gujadhur.

Navin Ramgoolam doit accepter les critiques et croire qu’il est dépassé tout comme le leader du MMM, Paul Bérenger, qui lors de sa dernière conférence de presse a beaucoup réfléchi et a, au moins, soutenu que « nous sommes désormais prêts à mettre notre leadership en question ». Le leader du Parti Travailliste doit impérativement suivre l’exemple et emboîter le pas de Paul Bérenger. Son entourage doit lui faire comprendre que le peuple ne veut plus de Navin Ramgoolam. L’heure a sonné pour lui pour qu’il se retire de la politique active. Il doit réfléchir qu’il n’est pas indispensable au sein de son parti. La meilleure option pour lui c’est qu’il quitte les rênes du leadership du PTr dans les mains d’un autre, qui serait capable de redorer le blason du PTr. Au cas contraire, Navin Ramgoolam et sa bande goûteront une 3e défaite consécutive lors les prochaines élections générales qui auront lieu dans cinq ans. Gare au dicton : « Jamais deux sans trois. »

Quoi qu’il en soit, n’en déplaisent à certaines personnes et comme certains le disent y compris plusieurs rouges « Navin Ramgoolam finne rentre garage pour tout le temps ». Triste fin pour un leader qui se croyait intouchable, indispensable et plus puissant que Dieu.

Leave a Reply

Your email address will not be published.

*