Roma-Lazio : tous les chemins mènent au tribunal

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Le jeudi 6 avril dernier, à l’aube, les employés de la Roma, de la Lazio – et aussi de la Salernitana – ont reçu une petite visite surprise. Les inspecteurs de la Guardia di Finanza ont en effet procédé à une importante perquisition dans les bureaux des trois clubs, et ont notamment saisi une dizaine d’ordinateurs et de tablettes, ainsi qu’une quinzaine de téléphones. Les trois écuries de Serie A sont accusées de « plus-values fictives » réalisées entre 2017 et 2021. Au total, seize anciens dirigeants sont dans le viseur de la justice transalpine : neuf de la Roma, sept de la Lazio.

Si la Guardia di Finanzia chapeaute le tout, cette enquête juridique est menée par deux parquets bien distincts. Celui de Rome s’occupe de l’AS Roma, celui de Tivoli de la Lazio et de la Salernitana. Pourquoi les deux derniers clubs font face à la même enquête ? La raison est simple : Claudio Lotito, l’actuel président des Biancocelesti, a aussi été à la tête de la Salernitana de manière simultanée (de 2011 à 2021), avant que l’écurie salernitaine ne soit promue en Serie A. À noter qu’à la différence des autres dirigeants impliqués dans cette enquête, Lotito n’a pas vu son téléphone et son ordinateur saisis, en raison de sa fonction de sénateur.

Depuis novembre dernier, la Juve est la cible d’une importante enquête concernant de potentielles « plus-values fictives », qui lui a valu le retrait de quinze points au classement. Si les Bianconeri doivent encore patienter quelques semaines pour connaître la sentence de ce dossier « Prisma », celui-ci a néanmoins permis d’ouvrir la boîte de Pandore. Justement, le parquet de Turin a sonné l’alerte au parquet de Rome, notamment concernant les transferts de Leonardo Spinazzola (de la Juve à la Roma pour 29,5 millions d’euros) et de Lorenzo Pellegrini (de la Roma à la Juve pour 22 millions d’euros) survenus à l’été 2019.

Au total, onze transferts suspicieux sont épinglés par le parquet de la ville éternelle, dont ceux de Bryan Cristante (recruté par la Roma en provenance de l’Atalanta pour 22 millions d’euros à l’été 2019, mais déjà prêté la saison précédente chez les Romains), Grégoire Defrel (recruté à l’été 2018 en provenance de Sassuolo pour 15 millions d’euros après avoir lui aussi été prêté une saison à Rome), Davide Frattesi (de la Roma à Sassuolo pour 5 millions d’euros en 2017), ou encore Marco Tumminello (vendu pour 5 millions d’euros à l’Atalanta en 2018). Ce sont justement ces quatre transferts réalisés par les dirigeants giallorossi qui auraient mis la puce à l’oreille aux enquêteurs. En effet, ces transactions avec Sassuolo et l’Atalanta auraient permis à la Roma de mettre en place un important montage financier et ainsi réaliser une plus-value estimée à environ quatre millions d’euros.

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