- Maneesh Gobin : « Appel à la FAO pour augmenter la production et la qualité du thé mauricien et créer un marché de niche sur le plan mondial »
Un atelier de travail concernant le ‘Food and Agriculture Organization (FAO) Report’ sur le secteur du thé a eu lieu, cette semaine à l’hôtel Le Labourdonnais, à Port Louis. L’initiative revient au ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire et de la FAO.
L’Attorney General et le ministre de l’Agro-industrie et de la sécurité alimentaire, Maneesh Gobin, et le Représentant de la FAO pour Maurice, les Seychelles, les Comores et Madagascar, Charles Mbuli Boliko étaient présents, à cet atelier de travail. Alors que le directeur du ‘Trade and Market’, de la FAO, Boubaker Ben Belhassen, est intervenu virtuellement depuis Rome.
‘Schemes’ mis à la disposition des planteurs de thé
Dans son allocution, le ministre Gobin a rappelé que le gouvernement a fait appel à la FAO dans le but d’augmenter la production et la qualité du thé mauricien. L’objectif est aussi de créer un marché de niche pour le thé mauricien sur le marché mondial concurrentiel du thé et d’obtenir des prix plus compétitifs. Il a également fait un tour d’horizon de ce secteur, rappelant que la superficie de thé cultivé a augmenté de 20%, et que le rendement par « arpent » a doublé passant de 4 000 kg à 8 000 kg.
Par ailleurs, le ministre Gobin s’est appesanti sur les différents ‘schemes’ mis à la disposition des planteurs de thé. Ils comprennent : l’allocation de ‘winter allowance’ versée depuis 2017 aux producteurs de thé lorsqu’il y a taille et pas de cueillette ; et le ‘one off payment’ pour l’achat d’équipements pour les récolteurs de thé. La production annuelle de thé est d’environ 1 500 tonnes alors que la consommation locale est de 1 800 tonnes, a-t-il observé. À cet effet, il a déclaré que le gouvernement encourage une augmentation de la superficie de terre cultivée et a ajouté que le ministère de l’Agro-industrie et de la sécurité alimentaire distribue de nouvelles plantules de thé aux sociétés coopératives et aux planteurs.
« La Banque mondiale a produit un plan stratégique pour le secteur sucrier qui occupe moins de 50 000 hectares de terres, et le plan est au stade de l’implémentation. En ce qui concerne le secteur non sucrier, un plan stratégique est également en cours », a-t-il ajouté.
Changements transformationnels
Quant au directeur du ‘Trade and Market’, M. Belhassen, il a déclaré qu’il était nécessaire d’apporter des changements transformationnels dans le secteur du thé à Maurice. « Avec le cadre législatif approprié, les nouvelles technologies, l’innovation et les pratiques agricoles résilientes, la transformation du secteur du thé deviendra une réalité, » a-t-il soutenu.
Pour sa part, M. Boliko Représentant de la FAO pour Maurice, a souligné qu’à l’échelle mondiale, le thé est l’une des importantes ‘cash crops’ et joue un rôle important dans le développement rural, la réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire dans les pays exportateurs et en développement. « C’est une source principale de revenus pour des millions de petits producteurs. Les recettes d’exportation du thé aident à financer les factures d’importation de produits alimentaires, soutenant les économies des principaux pays producteurs de thé », a-t-il déclaré.
Selon M. Boliko, le thé peut apporter une contribution significative aux trois piliers de la durabilité, à savoir la croissance économique inclusive, le progrès social et la protection de l’environnement.
Projet Filière Thé
Le gouvernement mauricien prévoit de ramener le secteur, qui était au bord de l’effondrement et de capitaliser sur sa caractéristique insulaire unique ainsi que sur les opportunités offertes de par la demande croissante de thé mauricien sur les marchés locaux et mondiaux. C’est dans ce cadre que le ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire a demandé à la FAO d’entreprendre une étude pour identifier les moteurs qui ont conduit l’industrie du thé au déclin et quelles actions de transformation dynamiques sont nécessaires pour inverser cette tendance.
Les conclusions de l’étude incluent la nécessité de renforcer les cadres institutionnels, législatifs et réglementaires ; la nécessité d’élaborer un plan et une stratégie d’adaptation au changement climatique; la pénurie de main-d’œuvre et le vieillissement des cultivateurs de thé ; l’absence de normes de thé et d’innovation de produits, l’infrastructure ancienne, le coût de transformation élevé et forte dépendance à l’électricité et aux combustibles fossiles ; la faible adaptation technologique ; et la nécessité de développer un ‘strong tea branding’a strong tea branding based on the island natural capital’.