Souvent négligée pour diverses raisons, la prise en
charge des enfants de familles à faible revenu, dès leur petite enfance par des personnes
formées et dans un cadre adapté, est pourtant une condition sine qua non dans le combat
contre l’échec scolaire et enfin, briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté. La « Fortified
Learning Environment Unit » (FLEU), qui opère sous la tutelle de la National Social and
Inclusion Foundation (NSIF) et qui est composée, entre autres, de professionnels de
l’enseignement et de psychologues, travaille, depuis plus de deux ans, sur des solutions
adaptées, non seulement à la petite enfance mais aussi aux étudiants du primaire et du
secondaire, qui font face à des difficultés scolaires. Cette unité collabore également avec les
ONG, pour assurer un accompagnement des parents, élément vital dans la lutte contre l’échec
scolaire et la pauvreté.
Les programmes développés par la FLEU, avec l’aide d’autres partenaires dont le ministère de
l’Education et la Mauritius Institute of Education (MIE), visent à rendre l’apprentissage plus
attrayant et accessible aux jeunes éprouvant des difficultés à suivre le cursus académique. Et,
un des programmes est justement consacré à la petite enfance. En collaboration avec le
ministère de l’Égalité des Genres et du Bien-être de la famille et des ONG, la FLEU a mis en
place un modèle de crèche, qui comprend des d’infrastructures adaptées, des matériels
pédagogiques appropriés, d’un personnel formé et avec une prise en charge des frais assurée
par la NSIF. L’objectif étant d’assurer un cadre accueillant et sécurisé aux enfants âgés de trois
mois à trois ans, issus de familles à faible revenu et qui ont besoin, bien souvent, d’un suivi
personnalisé. A ce titre, il faut savoir qu’une trentaine de « carers » ont déjà été formés par
la MIE et sont prêts à apporter leur contribution au développement des plus jeunes.
Inauguration du « Les Mini Perles Day Care Centre » par Kobita Jugnauth
La toute première crèche, en ligne avec le modèle proposé par la FLEU, a été lancée à titre
de projet pilote, le 10 octobre dernier à Flacq. Celle-ci est gérée par l’ONG, Association des
Malades et Handicapés de l’Est. Une deuxième crèche, Les Mini Perles, dirigée, cette fois,
par l’Association Pour L’Education Des Enfants Défavorisés (APEDED), a été inaugurée, ce
mercredi 19 octobre, à Chemin Grenier. Ces deux ONG, qui ont toutes deux une expérience
dans la gestion des crèches, ont été choisies à l’issue d’un appel à propositions lancé en juin
2021.
C’est l’épouse du Premier ministre, Kobita Jugnauth, qui a procédé à l’inauguration du « Les
Mini Perles Day Care Centre », ce en présence du ministre des Affaires étrangères et de
l’Intégration régionale et du Commerce international et ministre des Transports terrestres
et du Light Rail, Alan Ganoo, de la responsable de l’APEDED et de la garderie, Anooradah
Poorun et du président du Conseil d’administration de la NSIF, Menon Munien et d’autres
invités.
Selon, Menon Munien, les enfants issus de familles vivant dans des conditions précaires ont
souvent tendance à être à la traîne dès leurs premières années d’école. D’où la nécessité ditil, « d’une prise en charge de ces enfants dès leur plus jeune âge ». Et d’expliquer : « Les
activités proposées par les crèches et l’interaction avec d’autres enfants contribuent au
développement physique, social et émotionnel de l’enfant. Ce dernier est mieux équipé pour
aborder avec succès la suite de son parcours scolaire et ainsi, aspirer à un avenir meilleur, qui
lui permettra d’améliorer sa qualité de vie. Le fait d’avoir recours à la crèche permet
également à la maman de rejoindre le marché de l’emploi et de contribuer ainsi à améliorer
la situation financière et la qualité de vie de toute la famille. »
Toutefois, note le président du Conseil d’administration de la NSIF, « l’accès aux facilités
qu’offrent les crèches ne sont pas toujours accessibles aux familles à faible revenu, pour de
nombreuses raisons ». En effet, lors d’une récente étude commanditée par la NSIF et menée
par l’Université de Maurice, auprès de 501 familles à faible revenu, il a été noté que sur un
total de 554 enfants, âgés de trois mois à trois ans, seulement 106, soit 19 %, fréquentent une
crèche. Les autres 448 enfants restent à la maison sous la surveillance des parents.
Et pourtant, sur les 501 familles, 17,8 % ont signifié leur intérêt à inscrire leurs enfants dans
une crèche, 44 % du nombre restant ont laissé entendre qu’elles sont disposées à le faire, si
celle-ci est gratuite. Finalement une famille sur deux a exprimé le souhait d’inscrire leurs
enfants dans une crèche, à condition que celle-ci soit gratuite, offre un service de qualité et
se situe dans leur localité.
A la lumière des résultats de cette étude et compte tenu de la contribution des crèches dans
le développement holistique des enfants de trois mois à trois ans, la FLEU a lancé un deuxième
appel à proposition afin d’encourager les ONG, engagées dans l’accompagnement des enfants
issus de familles à faible revenu, à profiter des facilités offertes par la NSIF. « Notre objectif
est de travailler avec les ONG concernées pour mettre en place un maximum de structures
adaptées, pouvant accueillir les enfants de trois mois à trois ans, à travers l’île », a souligné,
Menon Munien.
Ce dernier a tenu à faire ressortir qu’au-delà du financement de la création de nouvelles
crèches à travers le pays, la NSIF soutient déjà 26 crèches existantes à Maurice et à Rodrigues.
Le montant total déboursé annuellement par la NSIF pour soutenir ces structures est
d’environ Rs 34 millions.