- 46 kilos de haschisch valant Rs 230 millions, de la drogue synthétique d’une valeur de Rs 3 millions, deux armes à feu, des balles et de l’argent saisis…
- Son fils, Jean Rayan Laurette, âgé de 23 ans également interpellé
- Ils comparaîtront ce samedi devant la Bail and Remand Court
- Shiva Coothen : « Ne montez pas la population contre les autorités »
Une grosse quantité de haschisch soit quelques 46 kilos, de la drogue synthétique d’une valeur de Rs 3 millions, deux armes à feu, des balles et de l’argent soit Rs 75 000 ont été saisis après une descente dans une maison que louait Bruneau Laurette à Petit-Verger, St-Pierre. Selon une première estimation la drogue aurait une valeur marchande de Rs 230 millions. Pourtant samedi dernier, le suspect proférait de graves allégations à l’encontre du gouvernement au sujet de la drogue qui aurait, selon lui, été acheminés par le Wakashio. Pour l’heure personne ne sait la provenance de cette drogue qui aurait les mêmes emballages que ceux retrouvés chez les Gurroby. Certaines sources affirment que cette drogue était destinée pour une soirée festive dans le sud-ouest ce samedi.
C’était lors d’une opération de la Special Striking Team menée par l’ASP Ashik Jagai. Bruneau Laurette et un autre suspect, qui serait son fils, ont été arrêtés et conduits aux Casernes centrales. On apprend que lorsque les limiers ont ouvert le coffre de la voiture immatriculé JR 12, une berline de la marque BMW, ils l’ont tout de suite refermé afin qu’il n’y ait pas de contagion en attendant la venue des analyses scientifique de la Forensic Science Laboratory et du Scene of Crime Officers. L’activiste a tenté de s’exprimer avec la presse mais les limiers l’ont rapidement conduit à l’intérieure des locaux de la Special Striking Team.
Bruneau Laurette est alors représenté par Mes Sanjeev Teeluckdharry, Anoop Goodarry et Neelkanth Dulloo. Me Shakeel Mohamed s’est joint au panel d’avocats. Priés de quitter les Casernes Centrales par la Special Supporting Unit, Sanjeev Teeluckdharry n’a pas voulu obtempérer sans rencontrer son client et cela malgré des échanges virulents avec certains membres de la force policière. L’ASP Ashik Jagai a fermement rappelé qu’il ne veut pas de cinéma aux Casernes.
Shakeel Mohamed a rappelé le jugement du procès Michel Guganen, soit une affaire de drogue en cour d’Assises, où le juge Paul Lam Shang Leen avait déploré le fait que la police n’était pas munie d’équipements pour filmer les opérations surtout quand la crédibilité de la police est mise à mal. Selon lui, la perception est que la police opère à la solde de l’exécutif. «Est-ce qu’il y a une façon indépendante de vérifier les dires de la police? La réponse est non» , a-t-il dit.
Me Shakeel Mohamed a eu une rencontre avec des officiers de la Special Striking Team aux Casernes centrales. Il a été autorisé à rencontrer l’activiste Bruneau Laurette. Selon lui, l’enquête ne se fera plus incommunicado. D’autre part, Shakeel Mohamed, son client affirme qu’il « n’a rien à voir avec ce qui s’est passé » et que « pa finn gayn nanye ek li ». Selon l’avocat-parlementaire, Bruneau Laurette soutient qu’il ne connait rien à cette affaire. Son client sera traduit ce samedi devant la Bail and Remand Court sous une accusation provisoire de trafic de drogue.
En début de soirée, une perquisition a eu lieu au domicile de Dominique Raya à Pointe aux Cannoniers. La compagne de Bruneau Laurette a lancé un appel au calme. «Les lekip avoka travay. Me mo kone li inosan» a-t-elle déclaré, rajoutant que le travail abattu par Bruneau Laurette ne plait pas à tout le monde. « Il m’avait prévenu que cela allait arriver» a-t-elle tenu à préciser. Mes Teeluckdharry, Goodary ont été rejoints par leur confrère Steven Sauhauboa pour cet exercice. Rien de suspect n’a été trouvé. « Pa tou polisie parey. Ena bann personn ki fer zot travay byen », a déclaré l’avocat Anoop Goodary après cette descente policière. L’homme de loi a avancé avoir apprécié la manière courtoise de procéder des policiers.
L’activiste Bruneau Laurette a passé la nuit de ce vendredi soir au Line Barracks Detention Centre, plus communément connu comme Alcatraz. Son fils a lui été emmené au Moka Detention Centre.
Grosses interrogations sur ses méthodes et son financement
Depuis son entrée en politique ou dans ses actions dites sociales, Bruneau Laurette suscite de vastes interrogations. Adversaire acharné du Premier ministre et du MSM, il n’est pas en odeur de sainteté du côté du MMM et du PMSD, à qui il a ouvertement affirmé pêcher dans leurs bassins électoraux. Il s’est également éloigné de Linion Pep Morisien. Certains soutiennent qu’il a un ego surdimensionné. Il poste à tout va des trucs sur les réseaux sociaux. Si dans certains cas comme les tortures policières, cela a eu un effet positif. Dans les autres, cela soulève de grosses interrogations sur ses motivations ou encore les personnes qui l’utilisent. A son apogée en août 2020, il avait réuni plus de 150 000 personnes à Port-Louis grâce à l’apport de l’oligarchie et du secteur privé. Ces derniers ont fait pression pour la réouverture des frontières et de leurs activités touristiques lucratives. Les observateurs estiment que cette mobilisation, à l’américaine, a dû coûter quelques Rs 85 millions. Bruneau Laurette dit souvent des choses sans penser et essaie toujours d’avoir raison. Il aurait désormais à s’expliquer sur son train de vie et ses sources de revenus.
Réactions
JC Barbier accuse le gouvernement
« Je ne prends pas la défense de Bruneau Laurette, mais le gouvernement veut s’en prendre aux groupes extraparlementaires », a avancé Jean-Claude Barbier de Linion Pep Morisien lors d’une conférence de presse vendredi après-midi à la suite de l’arrestation de l’activiste, Bruneau Laurette. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « répression du gouvernement ». Selon lui, Rama Valayden et Satyajeet Boolell seraient les prochains sur la liste de la SST.
Inspecteur Shiva Coothen: “Il s’agit d’une grosse saisie de drogue”
- Il invite la population à ne pas se laisser piéger par les rumeurs
« Il s’agit d’une grosse saisie de drogue », a déclaré l’inspecteur Shiva Coothen hier, vendredi 4 novembre. Le responsable de la cellule de communication de la police s’est adressé aux journalistes après l’arrestation de Bruneau Laurette par la PHQ Special Striking Team (SST) de l’ASP Jagai, vendredi après-midi.
« C’est suite aux informations crédibles que la SST, munie d’un mandat de perquisition dûment signé, a investi le domicile du préposé suspect à St-Pierre. Nou pa kapav konfirm ki la drogue la. Nou ankor pe fer pesaz. Deux armes à feu aussi bien que des cartouches ont été saisies lors de cette opération. Une équipe de la Scene of Crime Office effectuera des prélèvements nécessaires. Le suspect, quant à lui, a été maintenu en détention », a expliqué l’inspecteur Shiva Coothen.
Le responsable du Police Press Office a également répondu à une question de la presse au sujet de la décision de placer l’enquête incommunicado. « On peut placer l’enquête incommunicado sous la Dangerous Drugs Act. On ne peut pas compromettre l’intégralité de l’enquête ouverte sur une affaire de drogue et donner champ libre à d’autres personnes impliquées afin de détruire des preuves ou encore fuir la justice », a précisé l’Inspecteur Shiva Coothen.
Dans la foulée, il fait un appel à la collaboration et la compréhension de la population. « Je demande à la population de faire confiance à la force policière. À ne pas prêter foi aux rumeurs qui sont en circulation. Rimer pou esey mont ban dimoun kont ban otorite. Nous resterons très vigilants », a lancé l’inspecteur Shiva Coothen.
Toute l’opération filmée de A à Z
Les policiers de la Special Striking Team, principalement ceux affecté à la SOCO, ont filmé l’arrestation de Bruneau Laurette de A à Z. Selon nos informations, toute l’opération a été enregistrée, de la saisie des Rs 230 millions de drogue, de la découverte de la somme d’argent, des téléphones satellitaires entre autres. L’enquête policière se poursuit.
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Hors texte
Une onde de choc au sein de la population
A Le Xournal, nous avons été très choqués d’apprendre l’interpellation de Bruneau Laurette. Il n’est un secret pour personne que tout nous oppose à celui qui se dit être un activiste social. Nous n’avons jamais cru en lui surtout en nous fiant à notre intuition mais surtout à notre devise de faire uniquement confiance au Dieu Tout Puissant et à personne d’autres.
Bruneau Laurette a fait beaucoup de tort à notre CEO et à notre publication avec des postes diffamatoires sur les réseaux sociaux. Car il s’arroge d’un droit que lui seul aurait, il pense que lui seul est juste et a raison. Mais nous ne sommes pas rancuniers d’autant que nous ne lui avons jamais adressé la parole. Cependant nous croyons, même pour nos pires adversaires ou ennemis, dans ce qu’on appelle « the rule of natural justice ». C’est-à-dire que toute personne mise en accusation a le droit de se défendre et de bénéficier de la présomption d’innocence until proven guilty Nous réclamons la sérénité autour de l’enquête policière pour un rapide dénouement.
Malheureusement, le trafic de drogue est un fléau qu’il faut combattre. Surtout si l’on compte parmi nos amis ou nos proches, des victimes qui y ont laissé leurs vies à cause du commerce de la mort. Déjà, Bruneau Laurette a eu accès à son homme de loi. La police de son côté est confiante dans son enquête. Laissons la justice suivre son cours !