- Les sanctions se font attendre
- Il faut disqualifier le RCC pour les deux prochaines cuvées de lauréats
- Vikash Ramdonee must go !
Honteux et révoltant ! Ces termes sont certainement faibles face au langage utilisé pendant la célébration des lauréats le 10 février dernier au Royal College de Curepipe(RCC). Cette semaine l’affaire a été étalée dans la presse et depuis les sanctions se font attendre contre les élèves qui ont chanté une chanson raciste, vulgaire et sectaire visant la communauté kréol. Une situation sans précédent qui nécessite des actions fortes afin que cela ne se reproduise plus ni au RCC ni ailleurs. Une enquête a été instituée par le ministère de l’Éducation mais en attendant, les soi-disant crèmes de la crème de l’éducation locale sont sur le banc des accusés, plus que jamais !
Dans un premier temps nous nous sommes ravisés de ne pas reproduire les paroles de cette chanson que nous qualifions, chanson de la honte ! Mais il est de notre devoir d’informer et nous ne pouvons le faire sans la publication d’un extrait de cette bêtise ‘Royaliste’. Voici un extrait…« mo pas lari malbar, mo zwenn enn ti malbar. Twa malbar, dir mwa ki to vande. Mwa misye, mo pe vann mo bred malbar. » Pour la communauté musulmane, les paroles sont les suivantes : « Mo pass lari laskar, mo zwenn enn ti laskar. Twa laskar, dir mwa ki to vande. Mwa misye, mo pe vann mo bol alim. » Et pour la communauté créole : « Mo pass lari nasion, mo zwenn enn ti nasion. Twa nasion, dir mwa ki to vande. Mwa misye mo pe vann mo lapo f…. » Nous nous excusons auprès de nos lecteurs mais nous ne voulons pas censurer l’information et la vulgarité criminelle de ce que nous propose aujourd’hui les élites.
Ces paroles ont provoqué l’indignation populaire surtout qu’elles circulent sur librement sur les réseaux sociaux. Ce qui choque le plus encore c’est que plus nous fouillons plus nous découvrons que ces paroles utilisées par ces jeunes ne datent pas d’hier. Sur Facebook des anciennes publications refont surface datant de 2011. Hors de question de qualifier cette vulgarité de blague de mauvais goût comme certains cherchent à le faire et surtout il n’est pas question de passer l’éponge car il s’agit du Royal College de Curepipe, considéré comme le meilleur établissement secondaire du pays avec le QEC et le RCPL. Mais au-delà de la révolte et l’indignation, c’est une situation triste car le RCC a ce même jour célébré un lauréat issu de la communauté ‘nasion’ comme ils le disent. Mais aujourd’hui avec recul c’est un fait, le RCC ne mérite pas Angelo Mars ou les autres lauréats issus de la communauté visée par ces paroles racistes.
Le recteur du RCC doit avant tout être le garant de la crédibilité, du respect et de l’intégrité de ce collège qui a produit les meilleurs éléments du pays à travers le temps. C’est un fait aujourd’hui que Vikash Ramdonee ne peut plus continuer à diriger ce collège. Il a failli dans sa tâche, il a failli dans son rôle de leader et surtout il est incapable de prendre les décisions qui s’imposent. Surtout que ce n’est pas une action instantanée mais préméditée.
Il a fauté dès le début. Selon un article de presse publié en fin de la semaine dernière, Vikash Ramdonee avait été averti par un parent que des copies des paroles été en circulation depuis quelques temps et que les élèves se préparaient à chanter pendant les célébrations. Le journal explique également que le recteur parlé aux élèves le lendemain pour les demander de ne pas chanter cette chanson le jour de l’évènement. Mais sa directive n’a pas été respectée malheureusement. C’est justement ce qui est plus grave dans toute l’affaire.
Un recteur qui donne une directive à ses élèves et que les instructions ne sont pas respectées, quelle autorité Vikash Ramdhonee exerce-t-il alors sur les étudiants ? Aucune ! Cela démontre la dégradation dangereuse que prend la société et ce n’est pas un hasard que cela commence chez l’élite ! Ce comportement ignoble de ceux qui aspirent à diriger le pays demain doit être réprimandé de la façon la plus sévère possible. Il faut que la sanction soit sans équivoque car il s’agit surtout là du cas d’indiscipline extrême qui concerne non seulement le RCC mais toute la population.
Dans l’immédiat, il serait souhaitable que Vikash Ramdhonee démissionne pour que l’enquête du ministère de l’Éducation soit faite en toute transparence. Il faut également renvoyer définitivement les élèves impliqués. Ne venez pas nous dire qu’on ne sait pas d’où ça vient. Tous les visages sont ‘on record’ sur les vidéos en circulation. Et ce n’est pas tout, il faut également que la police ouvre une enquête pour ‘Stirring up Racial Hate’ contre les élèves et la direction du collège.
Ce que nous pouvons dire avec certitude, le pays n’a pas besoin de lauréat raciste. C’est pourquoi nous lançons un appel pressant à la ministre de l’Éducation. Que le Royal College de Curepipe soit banni pour les deux prochaines années de la cuvée des lauréats ! Si cet acte n’est pas sanctionné, il créera un précédent honteux pour le pays. Mais il est regrettable qu’un moment de célébration soit aujourd’hui un sujet de division et de révolte dans le pays dont le tissue social est déjà fragilisé.
Bonanga Lilongwe