L’annonce du Premier ministre, Pravind Jugnauth, à l’effet qu’une somme de Rs 50 millions (Budget 2019-2 020) sera réservée à un éventuel retour des Chagossiens dans l’archipel et que la décision votée à l’unanimité par les membres de l’Assemblée nationale la semaine dernière pour que les Chagos fassent bientôt partie d’une circonscription électorale de Maurice démontre bel et bien que le chef du gouvernement est déterminé à faire reconnaitre son droit à la souveraineté sur les îles Chagos et à réinstaller les Chagossiens chez eux.
D’ailleurs, le Premier ministre a annoncé qu’une forte délégation nationale et internationale, comprenant de hautes personnalités du monde entier et la presse internationale, à bord d’un navire se rendra dans l’Archipel des Chagos en hommage de deux Chagossiens, décédés sur le bateau MV Mauritius, lors de leur voyage de déportation et qui sont enterrés dans l’île.
Notre combat juste et légitime
Il a ainsi situé l’importance de la réhabilitation des Chagossiens et a préconisé l’affrètement d’un navire pour se rendre aux Chagos. « Je ne suis pas capitaine. Mais, je serai sur le front. Il y aura plusieurs grandes personnalités internationales et de grands reporters de la presse internationale qui nous accompagnerons. Nous sommes déterminés pour le faire avec Olivier Bancoult et les Chagossiens », dit-il.
Pravind Jugnauth a souligné : « Il ne nous arrivera rien d’autant plus que notre combat est juste et légitime ».
Le Premier ministre a argué que sa détermination s’est intensifiée par plusieurs facteurs. Le chef du gouvernement a aussi affirmé qu’il est très déterminé à aller de l’avant. « Je suis appelé à prendre des dispositions suite au jugement clair et sans équivoque de la Cour internationale de Justice (CIJ), ainsi que de la Résolution de Maurice sur la souveraineté des Chagos, remportée par écrasante victoire de 116 contre 6, lors de l’Assemblée générale de l’ONU», a-t-il fait ressortir.
Olivier Bancoult, président du Groupe Réfugiés Chagos
« Les Chagossiens se préparent pour se rendre dans leur île natale avant le 31 décembre prochain »
Sollicité par Le Xournal, le leader du Groupe Réfugés Chagos, Olivier Bancoult, a déclaré qu’après le jugement de la Cour internationale de Justice (CIJ) et la résolution votée à l’Assemblée générale des Nations Unies, il est clair et net que le gouvernement anglais n’a pas aucun contrôle sur les Chagos. « C’est Maurice qui en a le contrôle. Nous ne devons pas obtenir une permission des Anglais pour nous rendre dans notre île natale », a-t-il ajouté.
Olivier Bancoult a aussi précisé qu’actuellement, les Anglais ont violé les lois internationales en demeurant aux Chagos. « Zotte pas finne né dans Chagos, comment zotte capave resté la-bas, Nous nous fine né la-bas, nous éna droit aller et rester labas, Banne Anglais zotte en violation des droits légitimes », a-t-il maintenu.
Remerciement à Pravind Jugnauth et au gouvernement
Par ailleurs, le leader du Groupe Réfugiés Chagos a affirmé que les Chagossiens se préparerent pour se rendre dans leur île natale avant le 31 décembre prochain.
A cet effet, il a soutenu que les Chagossiens effectueront un pèlerinage et fera un constat de vie sur les infrastructures afin de pouvoir vivre dans leur île natale.
Olivier Bancoult a, par la même occasion remercié le Premier ministre, Pravind Jugnauth, sir Anerood Jugnauth et le gouvernement qui sont déterminés pour se rendre aux Chagos. « Les Chagossiens sont 100% solidaires avec ces derniers », a dit le leader du Groupe Réfugiés Chagos qui a présenté une motion sur les Chagos pour que l’archipel soit intégré à l’une des 20 circonscriptions de l’île. « C’est la première fois que le gouvernement et l’opposition sont la même longueur d’onde concernant l’affaire Chagos », a-t-il dit.
Lindsey Collen (Lalit)
« Répression ou pas, on doit rendre les Chagos le plus tôt possible »
L’une des responsables de Lalit, Lindsey Collen, a déclaré qu’il est absolument normal que le gouvernement et les Chagossiens rendent une visite aux Chagos après la double victoire obtenue à la Cour internationale de Justice (CIJ) à la Haye et l’autre après la résolution votée à l’Assemblée générale des Nations Unies qui a accordé un délai de six mois, soit jusqu’à le 22 novembre pour que les Anglais se retirent totalement des Chagos.
Participation de toutes les parties concernées au sein de la délégation mauricienne
Elle a également laissé entendre que les Etats membres des Nations-Unies ont un devoir de donner un coup de main à Maurice. Selon Lindsey Collen, les membres du gouvernement, de l’opposition, de l’Union Africaine, représentants de la presse locale et internationale ainsi que John Pilger, Peader King (qui ont fait des documentaires sur les îles Chagos – intitulés ‘Stealing a Nation’ et ‘Islands are closed’) et le journaliste du Guardian, Owen Bowcott, qui continue à suivre l’affaire chagossienne de près, entre autres, doivent impérativement faire partie de la délégation mauricienne. « Répression ou pas, le gouvernement, l’opposition, les Chagossiens et toutes les parties concernées ne doivent pas avoir peur. Le plus tôt sera le plus mieux », a ajouté Lindsey Collen qui a affirmé : “The british and american administrations should go back home. The sooner the better.”
Sir Alan Duncan du Foreign and Commonwealth Office
“Nous demandons à Maurice de revoir sa décision de visiter les Chagos »
Sir Alan Duncan, du Foreign and Commonwealth Office (FCO), qui était intervenu devant la Chambre des Communes et Lord Ahmad de Wimbledon devant la Chambre des Lords, ont confirmé la décision de Londres de rejeter l’Advisory Opinion quasi unanime de la Cour internationale de Justice sur les Chagos.
« The UK Government has considered the content of the Opinion carefully, however we do not share the Court’s approach. As outlined in the previous written ministerial statement, we have no doubt about our sovereignty over the Chagos Archipelago, which has been under continuous British sovereignty since 1814. Mauritius has never held sovereignty over the Archipelago, and we do not recognize its claim”, ont-ils déclaré simultanément devant les deux instances susmentionnées.
Sir Alan Duncan a même soutenu : « We urge Mauritius to reconsider the proposal to organise a visit to the BIOT. Any unauthorized visit to BIOT will be treated with utmost seriousness. »