J’ai entendu dire aujourd’hui qu’elle ne remplissait pas les conditions requises”, a déclaré Donald Trump à des journalistes jeudi 13 août à propos de Kamala Harris, la colistière choisie deux jours plus tôt par Joe Biden pour la présidentielle de novembre.
Comme le souligne le New York Times, le président américain a ainsi encouragé “une théorie du complot raciste qui sévit chez certains de ses partisans”. Selon cette théorie, la sénatrice, née aux États-Unis, ne serait pas éligible à la vice-présidence ou à la présidence parce que ses parents étaient des immigrés originaires de Jamaïque et d’Inde.
“Je ne sais pas du tout si c’est vrai”, a ajouté Trump.
J’aurais pensé, j’aurais supposé que les démocrates auraient vérifié cela avant qu’elle soit choisie pour se présenter à la vice-présidence.”
Selon CBS News, cette théorie émane d’un professeur de droit conservateur, John Eastman, qui soutient que la Constitution des États-Unis n’accorde pas automatiquement la nationalité américaine à une personne née aux États-Unis. Eastman a publié dans Newsweek une chronique remettant en cause l’éligibilité de Kamala Harris, qui a été relayée sur les réseaux sociaux par le président d’un groupe conservateur, Tom Fitton, et par une conseillère de Donald Trump, Jenna Ellis.
“Kamala Harris est née à Oakland, en Californie, le 20 octobre 1964”, rappelle pourtant CBS News. Selon le site américain, les spécialistes de la Constitution et la Cour suprême ont “depuis longtemps établi que toute personne née aux États-Unis est un citoyen américain”, ce qui rend la sénatrice “éligible à la présidence”.
Pour le New York Times, en colportant des rumeurs sur l’inéligibilité de Kamala Harris, Donald Trump a repris une vieille tactique : pendant des années, il avait voulu faire croire aux Américains “que le président Barack Obama était né au Kenya”.
“Légions d’adeptes”
La différence, selon le quotidien new-yorkais, c’est que le président américain a aujourd’hui “des légions d’adeptes qui ont répandu des théories similaires au sujet d’Harris”.