Dans un communiqué, le MOL Charitable Trust (MOL CT) se dit fier d’annoncer la mise à l’eau du MOL VANSOUET, un bateau de pêche affrété par Mouvement Bien-Être Cité La Chaux (MBECC), l’une des ONG bénéficiant de son programme de soutien à Maurice. Cet événement a eu lieu le samedi 15 octobre aux abords du Centre Social de Cité La Chaux, à Mahébourg. Etaient présents Son Excellence Kawaguchi Shuichiro, ambassadeur du Japon à Maurice, Wakana Nakamura, première secrétaire de l’ambassade japonaise, Goro Yamashita, président du MOL CT, et les représentants du MBECC dont Chrisitan Aristide, President et Pawan Woozageer, Coordinateur de projet. De la fumée pour les yeux ! Nous avons fait notre analyse.
Genèse
Qu’on arrête de nous couillonner ! Les Mauriciens ne sont pas dupes… Et que cesse la propagande avec la complicité de certains médias autour des soi-disant bonnes actions de l’armateur du MV Wakashio, Mitsui OSK Lines Ltd (MOL). Si aujourd’hui le pays a connu la pire catastrophe écologique de son histoire, MOL est grandement responsable et que ses opérations ‘fann lamonai’ ne viennent pas mettre aux oubliettes le tort qu’ils nous ont causé en 2020 !
Le Wakashio a causé un tort terrible à l’île Maurice mais surtout un tort insurmontable à la côte du sud-est. Les communautés de cette région de l’île Maurice souffrent de problèmes de santé liés au pétrole, de dettes et du suintement constant de pétrole du littoral qui s’est infiltré profondément dans le sable. L’impact économique sur le sud-est de Maurice a été catastrophique pour les personnes qui y vivent. Le Wakashio a eu un effet en cascade dans de multiples secteurs de l’économie. Ce fut un choc socio-économique pour tous les citoyens de notre pays.
L’impact écologique de la marée noire est grave. Plus de 30 km de côtes ont été décrites comme fortement endommagées et des images satellite détaillant comment une zone de récifs coralliens s’étendant sur plus de 27 kilomètres carrés était recouverte de pétrole. Le pétrole s’est également infiltré dans les habitats cruciaux de mangrove et d’herbes marines de l’île, et a contaminé des kilomètres de rivages vierges ; dont l’impact pourrait se faire sentir pendant des décennies.
2021, la naissance de MOL CT
Quelques mois plus tard, l’armateur japonais Mitsui OSK Lines Ltd (MOL) a trouvé la supercherie pour tromper la bonne foi des Mauriciens. En 2021, durant le mois de juin le MOL Charitable Trust voit le jour. Cette création s’insère dans le cadre des actions bénévoles et philanthropiques qui visent surtout à soutenir les activités d’intérêt public de Maurice et de ses habitants pour faire face aux impacts de la marée noire suivant l’échouage du Wakashio. Par les actions bénévoles et philanthropiques, le MOL Charitable Trust cherche surtout à financer les projets sociaux et environnementaux dédiés spécifiquement à la région affectée par le désastre Wakashio.
Ce n’est pas tout ! Vous serez choqué d’apprendre que le MOL a décidé de consacrer un fond de 800 millions de yens, soit 6,2 millions d’euros pour soutenir l’île Maurice. De ces 800 millions de yens, seulement une somme de 300 millions seront investis sur une période de cinq à six ans pour des projets ayant traits à la conservation et le développement de la mangrove, la conservation des récifs coralliens, la sauvegarde des oiseaux sauvages, migrateurs et rares, la préservation et restauration des sites culturels, le développement économique des pêcheries et de l’industrie touristique, la promotion de l’écologie, de l’éco-tourisme et de la préservation de l’environnement.
Des questions en suspens
Qu’arrive-t-il donc aux 500 millions de yens (3,85 millions d’euros) restants ? Aucun détail ne transpire si ce n’est qu’ils seront gérés par une fondation qui sera établie au Japon. C’est en tout cas ce qui a été annoncé en juin 2021 par la direction du MOL Charitable Trust. De quelle direction parle-t-on justement ? Il y a sur le board du MOL Charitable Trust Ltd, quatre ressortissants japonais. Ils sont, Toshiaki Tanaka, directeur de l’environnement et du développement durable, Goro Yamashita, président du Trust, Yuko Watanabe, directrice générale de la division environnement et durabilité et Jotaro Tamura, directeur général de la division de la planification d’entreprise. Ces quatre personnes sont ainsi des employés de Mitsui OSK Lines Ltd (MOL)…
Nos amis japonais sont ainsi épaulés dans leur travail par trois mauriciens qui sont Marc Dalais, président exécutif de Celero ltd, Darmen Ellayah travailleur social actif et le Dr Jimmy Harmon, chercher indépendant en histoire, langue patrimoniale et construction identitaire.
Manque de transparence troublant
On est parti fouiller dans les différents articles de presses internationales pour en connaître davantage sur le manque de transparence troublant entourant la chute du Wakashio, sa cargaison de fuel, et s’il y a une chose que la presse locale a en parti passé sous silence est le contenu du combustible. La marée noire de Wakashio est particulièrement intrigante étant donné qu’elle a été la première à impliquer une nouvelle variante expérimentale de combustible de soute connue sous le nom de mazout à très faible teneur en soufre (VLSFO). Ce carburant controversé a été introduit dans les moteurs de navires en janvier 2020 par l’Organisation maritime internationale (OMI) en réponse aux critiques concernant sa réticence à aligner l’industrie du transport maritime sur l’Accord de Paris sur le climat. L’OMI a plutôt concentré ses efforts sur un autre polluant atmosphérique majeur, le dioxyde de soufre, en s’engageant à réduire de 85 % ses émissions d’ici le 1er janvier 2020. La décision a posé à l’industrie du transport maritime un défi d’ingénierie chimique important consistant à inventer un carburant qui répondrait aux objectifs de bon augure de l’OMI. Objectif dans un délai extraordinairement rapide.
Après un tourbillon de 14 mois, largement considéré comme n’ayant pas permis des tests de sécurité et environnementaux appropriés, l’industrie a misé sur ces mélanges expérimentaux d’huiles et de produits chimiques et sur les milliers de combinaisons potentiellement instables qu’ils pourraient prendre. Le soi-disant “Frankenstein Fuel” est né. Les références écologiques de l’huile ont été remises en question dans une étude financée par l’Agence de l’environnement du gouvernement allemand, incitant les ONG environnementales à étiqueter le carburant comme un “super polluant”, appelant à l’interdiction de son utilisation dans les régions écologiquement sensibles. Des problèmes de sécurité ont également été soulevés à la suite d’un pic inquiétant du nombre d’incidents impliquant des pannes de moteur et d’autres défauts mécaniques dans les mois qui ont suivi le déploiement du carburant, ce qui pourrait potentiellement mettre les navires et leurs équipages en grave danger.
Avec le début de la pandémie de COVID-19, un effondrement des voyages mondiaux et un surplus de carburant sans précédent dans le secteur de l’aviation, les risques ont de nouveau augmenté. Les rapports suggèrent que ce surplus de carburéacteur a été mélangé avec du carburant de navire pour créer de nouveaux mélanges VLSFO potentiellement dangereux, capables de provoquer de graves pannes mécaniques dans le moteur d’un navire.
Cela soulève une question importante : les 4 000 tonnes de VLSFO dans les moteurs du Wakashio ont-elles contribué à son échouage ? Aucune réponse plus de deux ans après le naufrage du vraquier. Mitsui OSK Lines a rejeté les spéculations sur le carburant, déclarant qu’il n’y avait « absolument aucune preuve » de problèmes avec l’huile, ou comment son utilisation dans les moteurs principaux du Wakashio aurait pu causer l’incident. Il n’a cependant pas encore expliqué les manœuvres identifiées par la société britannique d’analyse de satellites, Geollect. Il s’agit notamment d’un changement de cap vers l’île Maurice et d’un arrêt brutal quelques jours plus tôt au milieu de l’océan Indien. L’analyse suggère que cette mystérieuse période de dérive de cinq heures et demie était compatible avec une panne de moteur.
À ce jour, la Woods Hole Oceanographic Institution a fourni la seule analyse ultra-haute résolution du pétrole, basée sur un échantillon prélevé sur des résidus flottants 10 jours après le déversement initial de pétrole. Les scientifiques ont découvert un mélange complexe et inhabituel d’hydrocarbures capables de persister dans l’environnement, bien qu’un nouvel échantillon soit nécessaire pour déterminer ce qui avait déjà été perdu par évaporation, dilution et photo dégradation. Malgré de multiples demandes, aucun échantillon de ce type n’a été présenté par l’exploitant, le propriétaire ou le fournisseur de carburant du navire.
L’affaire n’est pas close
Le Xournal ne lâchera pas l’affaire. Nous suivrons de près toute l’affaire Wakashio jusqu’au bout puisque les Mauriciens doivent avoir les réponses qui s’imposent. Quant au MOL Charitable Trust, l’enquête que nous publions aujourd’hui met en lumière les tentatives de cacher la vérité par voie financière. Mitsui OSK Lines Ltd a une grande responsabilité dans l’incident aux conséquences dramatiques du Wakashio, et ce n’est pas par le pouvoir de l’argent qu’ils essaieront de noyer le poisson après avoir participé dans la mort de centaines de cétacés en 2020 ! We are watching !
Terra Del Fuego