Ennemis rapprochés PTr-MMM-PMSD : Une alliance de la honte…

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XLD : « Sur le plan économique, le MMM n’a rien apporté. Paul Bérenger fait du bruit au gouvernement et dehors de l’opposition. Ceci résume sa carrière »

Bérenger : « Il y a l’histoire. Beaucoup de jeunes ne savent pas le mal que le PMSD a fait au pays. Ils ont essayé de me tuer » 

  • « PMSD ene danger public aujourd’hui pas moins ki hier… Le MMM est tout le contraire du PMSD »
  • « Quand je pense que Navin Ramgoolam a parmi ses candidats, Richard Duval, j’ai honte pour lui »
  • « Nou pas pou travay a nouvo avek Navin Ramgoolam. »

En 2014 Top Fm sortait un reportage audio pour contrer une éventuelle alliance PTR-MMM en l’appelant une « alliance de la honte ». Propos reprise par une des intervenantes du dossier. Ce titre peut s’appliquer à la situation actuelle.  Car ce qui se passe sur la scène politique est une honte pour la jeune génération. Les adversaires politiques du gouvernement de l’alliance Morisien donnent une idée de la bassesse dans laquelle, ils peuvent patauger pour arriver à leurs fins.  Sans doute, ont-ils compris que la route vers le pouvoir sera longue, voire très longues. Seul un heureux concubinage politique peut laisser entrevoir un peu de salut. Aujourd’hui, le MMM, le parti Travailliste et le PMSD paient le prix d’une très mauvaise stratégie politique. Ils n’arrivent plus à soulever les foules et les passions. Leur simple présence fait peur aux syndicalistes et aux mouvements citoyens. D’ailleurs, ces derniers temps, ils ont préféré de ne pas se mettre en avant lors de la manifestation de samedi dernier. Ce qui les a poussés à ne pas participer à la démarche de conversation solidaire.

Pourquoi une telle ostracisation de l’opposition ? Sans doute dans ses choix politique qui écœurent la population. Plus particulièrement la décision du MMM de Paul Bérenger de concrétiser une alliance avec le Parti Travailliste et le PMSD de Xavier-Luc Duval en vue de bousculer le gouvernement pour les municipales. Paul Bérenger l’a annoncé. Mais qui l’aurait cru ? Jamais on n’aurait attendu que le MMM va tomber dans une telle bassesse pour quémander une alliance avec le Parti Travailliste et le PMSD, qui ne représentent plus grand-chose sur l’échiquier politique, surtout quand on tient en compte leurs lourdes défaites lors des deux dernières élections générales de 2014 et de 2019.  

Des années en ennemies ? 

L’opposition dans son ensemble vit très mal l’appréciation par la population de la gestion des affaires de Pravind Jugnauth. Certes, il y a des couacs comme dans chaque gouvernement, mais le Premier ministre surfe sur un bilan positif jamais réalisé auparavant. Comment le faire tomber ? la stratégie pour Bérenger et consorts : c’est de s’allier. Pour cela, ils tenteront de : (a) faire monter la mayonnaise électorale et (b) de faire oublier le nom du leader mauve dans l’affaire BWSC. L’un comme l’autre n’a aucune chacune de réussir. 

Les nombreuses déclarations incendiaires de l’un contre l’autre

Une alliance MMM-PTR-PMSD serait un monstre à trois têtes. Le peuple n’est pas dupe. Le camp bleu n’a jamais oublié l’agression physique de son jeune leader dans les années 90 dans les couloirs de l’hémicycle par Paul Bérenger. Comment aussi oublier la cabale du leader mauve contre le PMSD dans l’affaire Stauffer pour faire tomber alors le No 3 du gouvernement ? Sans oublier cet autre incident dans les coulisses du parlement à cause d’un mot utilisé par Xavier Duval impliquant l’épouse de Paul Bérenger. 

Puis, il y a eu les attaques de Paul Bérenger contre Richard Duval pour ses connexions alléguées avec la passeuse de Subutex Cindy Legallant.  Il était reproché au frère du leader du PMSD, actuellement député correctif au No 12 a Mahebourg/Plaine Magnien, d’avoir pris le même vol qu’elle pour la capitale française et d’avoir fait de sorte qu’elle puisse avoir accès au VIP Lounge, à l’aéroport de Plaisance. Cindy Legallant a été arrêtée le 23 juillet 2008 à l’aéroport pour possession de 21 755 comprimés de Subutex évaluées à Rs 21 millions. Ce qui avait privé Richard Duval de ticket en 2010 et 2014. 

Mais depuis beaucoup d’eau ont coulé sous les ponts. Il y a eu des rencontres cordiales en juin 2014 et décembre 2016 à Riverwalk entre Paul Bérenger et Xavier Duval et leurs états-majors. Mais certaines déclarations sont restées au panthéon de l’histoire politique du pays.

Le MMM n’a pas apprécié l’incursion des bleus dans la vie politique rodriguaise. «MMM pa apresié Xavier Duval so latitid enver Rodrigues» titrait l’Express en juillet 2017 en rapportant le leader du MMM. Un manque de respect pour l’autonomie de Rodrigues. C’est ce qu’a déclaré Paul Bérenger ce samedi 15 juillet lors de la conférence de presse hebdomadaire du MMM au Hennessy Park Hotel à Ebène. Le leader des mauves faisait référence à la Private Notice Question de Xavier-Luc Duval sur Rodrigues. Le MMM, a-t-il fait ressortir, ne pose jamais de question à gauche et à droite sur Rodrigues par respect pour son autonomie. 

Mais il y a des propos encore plus acerbes vis-à-vis des bleus et des mauves vice-versa. De son côté, Xavier-Luc Duval (voir L’Express 30 juillet 1995), avait évoqué le climat de terreur qui prévalait quand le MMM était au pouvoir, citant, entre autres, la fermeture de la CHA, la suppression des subsides sur le riz et la farine, les menaces de licenciement. « Sur le plan économique, le MMM n’a rien apporté. Paul Bérenger fait du bruit au gouvernement et dehors de l’opposition. Ceci résume sa carrière », avait-il souligné.

Récemment Paul Bérenger avait lui soutenu que Xavier-Luc Duval était indigne d’être leader de l’opposition. « Il agit comme  un enfant », avait-il soutenu. Aussi, on ne peut oublier que lors d’une émission politique sur la chaîne de Radio Plus, soit le leader du MMM, Paul Bérenger, avait dit ceci : « Il y a l’histoire. Beaucoup de jeunes ne savent pas le mal que le PMSD a fait au pays. Ils ont essayé de me tuer, Azor Adelaïde est mort à ma place. « PMSD ene danger publik aujourd’hui pas moins ki hier » il n’y a rien de personnel. Quand je pense que Navin Ramgoolam a parmi ses candidats, Richard Duval, j’ai honte pour lui. Il n’y a rien de personnel mais le PMSD est le contraire du MMM. Le MMM est tout le contraire du PMSD. Ce n’est pas une affaire personnelle, c’est l’histoire et ce qu’est le PMSD aujourd’hui ». (Voir Le Defi Quotidien du 1er novembre 2019.)  

Lors de la partielle du No 18, Le leader du PMSD qualifie l’ouverture de la campagne du MMM d’hilarante. « Un lancement devant 170 personnes, heureusement que le ridicule ne tue pas. »

Le PTR avait également pris pour son grade 

Avant les élections de 2014, voici l’appréciation du leader mauve a l’égard de son homologue rouge sur son dada la réforme électorale. Confirmant que ces discussions sont, « définitivement coupées », « le MMM, explique le leader des mauves, « est déterminé à demeurer fidèle à son programme. D’autant que, dit-il, ces dernières semaines ont, selon lui, laissé apparaître la « profonde colère » et le « dégoût » de la population envers le PTr et Navin Ramgoolam « compte tenu de l’ampleur des scandales et de la corruption ». D’où, dit-il, dorénavant, l’intention du MMM « d’accentuer encore plus » son combat « après deux semaines de confusion et de doutes ». « Pour nous, au MMM, il n’a jamais été question de se satisfaire de quelque côté mal taillé », dit-il. 

Avait traité Navin Ramgoolam de « girouette » sur la question de réforme électorale, Paul Bérenger trouve que le leader du PTr « n’est pas sérieux. Il n’a pas a mind of his own », laissant comprendre, en substance, que le Premier ministre se laisse mener à la baguette sur cette question « aussi fondamentale » de la réforme électorale. « L’histoire se chargera de juger Navin Ramgoolam d’avoir, lamentablement, raté l’occasion en or qui s’est présentée pour concrétiser une bonne réforme électorale », avait-il dit.

Comment peut-on oublier qu’après la défaite de l’alliance PTr-MMM, en décembre 2014, lors des élections de 2014, le leader du MMM avait évoqué les scandales et dans l’Express du 25 septembre 2015 on pouvait lire ceci : « Navin Ramgoolam est le seul responsable de cette défaite de décembre 2014, que la population voulait le changement, et que finalement, ce qui est arrivé est la meilleure chose qui pouvait arriver au pays ». En fait, sans la défaite de l’alliance PTr/MMM, « les coffres n’auraient pas été ouverts. Tout serait resté pareil. Aujourd’hui je suis convaincu que l’idée de Ramgoolam c’était de gagner les élections mais pas aux trois-quarts. Même si on avait gagné aux trois quarts, il aurait mis les bâtons dans les roues. Le MMM n’aurait pas accepté. C’est la meilleure chose qui soit arrivée. Il ne faut pas avoir d’amertume mais de la sagesse ». 

Paul Bérenger : « Nous pas pou travail a nouvo avek Navin Ramgoolam »

Le 9 octobre 2019, (Defi Quotidien), soit lors d’une réunion dans la circonscription No 8 (Quartier Militaire/Moka) pour le lancement de la régionale, le leader du MMM, Paul Bérenger, avait que : « Nou pas pou travay a nouvo avek Navin Ramgoolam. Laisse case la cour […]. Un boug son papa li ti depute et Premier ministre dans no 5, li (Navin) ene depute et premier ministre dan no 5, li pas foutu etre candidat dan no 5. Vous savez que ça veut dire ça ? On n’a pas haine pour personne, mais on ne veut pas travailler avek Navin Ramgoolam ek ce coffre-fort ». 

Conclusion 

Où est ce MMM qui refusait hier qu’on accepte le riz de Taiwan au nom d’une certaine morale ? Peut-on dire que la politique n’a pas pour fin la morale, mais la réussite ? Ramgoolam disait que tout n’est pas possible en politique. On pourrait croire que le but de la politique est d’assurer le bien public. En ce sens, son but serait sinon la morale, du moins moral. Mais d’un autre côté, la politique vise-t-elle autre chose que le pouvoir en lui-même et pour lui-même, réussir à l’obtenir, et le conserver ? Et si oui, est-il possible de concilier en politique efficacité et moralité ? Sur les ondes des radios privés, les auditeurs se sont demandé si Paul Bérenger prendra la main de Richard Duval et de la fameuse Cindy… pour faire campagne pour les municipales. Seul le temps nous le dira.

Makouma Kotoba 

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