Depuis belle lurette la psychanalyse a cessé de limiter la perversion à une aberration des pratiques sexuelles soi-disant normales. Le psychanalyste autrichien Sigmund Freud avait, en effet, démontré que la sexualité humaine en n’obéissant pas à l’instinct naturel qui unit la satisfaction à la nécessité de la reproduction des espèces est, en elle-même, perverse – polymorphe.
Mais alors si la perversion n’est pas définie telle une vie sexuelle anormale, quelle est donc son essence ? Selon un psychanalyste connu, elle est reportée à un rapport spécial du sujet
avec la loi. Le pervers ne croit pas à la loi. Non seulement à la loi des droits, mais à n’importe quelle forme de la loi. Il refuse avant tout la loi des lois – c’est-à-dire la loi de la castration – qui interdit l’accomplissement de l’acte sexuel imposant à la vie humaine l’expérience inévitable de la limite.
Contrairement à ce que l’on croit, la perversion n’est pas la simple poussée à transgresser la loi, parce que son ambition est avant tout celle de démasquer la loi. Comme une escroquerie, un mensonge.
Chaque loi humaine est imparfaite, car les hommes l’ont inventée en ne
reconnaissant pas celle de la pulsion. Le pervers se contente de contourner clandestinement la loi. Son plan lui paraît radical :
« Enlever le masque à la loi pour la refondre sur la base de sa propre
poussée pulsionnelle. » La loi qui compte “vraiment” beaucoup n’est
pas celle qui impose limites, sacrifices et renvoi de la jouissance. Mais la poussée vers la satisfaction de la pulsion qui refuse chaque limite. Dans ce sens, le pervers réalise, selon Freud ce que lui-la personne névrosée -peut rêver. Son modèle n’est en effet pas l’homme, lequel est tendu vers les manquements et l’insuffisance. Il se fait païennement un nouveau Dieu.
Mais est-ce cela le portrait de l’homme contemporain ? Il agit tel un dieu de la jouissance qu’il juge chaque expérience de refus privée de sens. Sa
seule morale est contre l’amour du prochain. Que serait la vie du
prochain face à la loi absolue de la jouissance ?
Bien sûr, cette défaillance remonte à la nuit des temps : nous avons tous, sans exception, hérité une nature imparfaite d’Adam. Rien ne laisse croire qu’il est impossible de lutter contre ces tendances. Si la loi de la pulsion domine en maître dans notre chair, on est sans doute sur une mauvaise pente. Par contre les lois combinées du bon sens, de l’empathie et de la maîtrise aideront à remonter la pente ! Les théories freudiennes sont basées sur des suppositions. Certains les considèrent comme des conjectures.
En vérité, les pervers s’abusent eux-mêmes en croyant que la seule satisfaction des pulsions génère l’amour. Au contraire, la perversion sexuelle, en plus de créer une dépendance aux « sadisme, masochisme,
fétichisme, exhibitionnisme, débauche et pornographie » , déforme la
sexualité authentique.
La perversion pousse certains à être « tombeurs, serial polygamist, prédateurs sexuels. » Ne permettez jamais à une obsession pour le sexe de vous gâcher la vie ! Etant donné que les pervers sont des bipèdes humains, ayons la faculté de nous glisser dans leur peau pour au moins les comprendre et aider sans approuver en aucune manière ce qu’ils font. Cette obsession est une “orientation” aberrante. Cette sorte de perversion ne concerne pas que des hommes, mais aussi des femmes.
Harold Casimir